Le mariage du marquis de Rothelin avec Marie de Savoie se
124 YOLANDE DE SAVOIE EN BOURGOGNE (juillet 1476)
Son filz aisné appellé Philbert!, lors duc de Savoye, fut mené à Chambery par ceulx qui le saulvèrent, auquel lieu se trouva l’evesque de Genève, filz de la maison de Savoye?, qui estoit homme très voluntaire et gouverné par ung commendeur de Ranvers‘”?, en manière qu'ilz misdrent entre les mains dudict evesque ledict duc de Savoye et ung petit frère appellé le prothonotaire { avecques le chasteau de Chambery et celuy de Mommelien à et luy garda ung autre chasteau, où estoient toutes les bagues de madicte dame de Savoye.
Au plustost que ladicte duchesse se trouva à Rouvre, comme j’ay dit, accompaignée de toutes ses femmes et largement serviteurs, et qu'elle veït ledit duc bien empesché à rassembler gens, et que ceulx qui la gardoyent n’avoyent pas la craincte de leur maistre, qu'ilz avoient acoustumé
a. Ranvers À, B, M et P; Raviers D. La leçon Ranvers, courante pour désigner le personnage, a été seule retenue par nous.
place en 1478 ; celui de sa sœur Louise avec Hugues de Chalon, sire de Chasteauguion, en 1479.
1. Philibert, duc de Savoie, sous la régence de sa mère Yolande.
2. L'évêque de Genève était Jean-Louis de Savoie, fils du duc Louis.
3. 11 s’agit du commandeur de Saint-Antoine de Revel, Jean de Monchenu, dit M. de Ranvers, plus tard évêque d'Agen et de Viviers. La Chronique latine de Savoie n’est pas moins sévère que Commynes pour l'évêque de Genève et le commandeur. Elle qualifie le premier « valde lubricus et dissolutissimus », le second de « vir sceleratissimus » (Monumenta historiae patriae, Turin, in-fol., 1836-1877, Scriptores, t. I, p. 659 et suiv.). Les éditeurs anciens de Commynes, jusqu’à Mie Dupont, qui a démasqué l'erreur, ont imprimé « Rodes », et la confusion de personne a été attribuée à Commynes lui-même par Guichenon, Histoire généalogique de la maison de Savoie (1778), t. II, p. 143.
4. Jacques-Louis de Savoie, comte de Genève et marquis de Gex. Sur le sauvetage des deux frères par Geoffroi de Riverol et Louis de Villette, cf. Olivier de la Marche, Mémoires, Liv. II, ch. vrxx, éd. Beaune et d’Arbaumont, t. III, p. 236, et Guichenon, Loc. cit. à la note précédente.