Cf. ci-dessus, n
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ENTREVUE DE LOUIS XI ET D'YOLANDE (nov. 1476) 127
très joyeux et manda diligemment qu’elle vint devers luy et ordonna de sa despense en“ chemin. Quant elle arriva, ïl envoya largement gens au devant d'elle et luy mesmes l’alla recevoir à la porte du Plessis du Parc et luy fist très bon visaige en luy disant : « Madame la Bourguygnonne!, vous soyez la très bien venue !. » Elle congneüt bien à son visaige qu'il ne se faisoit que jouer et respondit bien saigement qu’elle estoit bonne Françoise et preste d’obeyr au roy en ce qu'il luy plairoit luy commander.
Ledit seigneur la mena en sa chambre et la feïst bien traicter. Vray est qu'il avoit grant envye d’en estre despesché. Elle estoit très saige et s’entrecongnoissoient bien tous deux ; et desiroit ladicte dame‘ encores plus son partement. J'euz la charge du roy de ce qui estoit à faire en ceste matière : premier, pour trouver argent pour son deffroy ? et pour s’en retourner et des draps de soye et de faire mectre par escript leur alliance et forme de vivre“ pour le temps advenir.
Le roy la voulut desmouvoir du mariage dont j’ay parlé de ses deux filles‘, mais elle s’en excusoit sur les‘ filles, lesquelles y estoient obstinées. A° la vérité, elles n’y estoient point malÿ. Quant ledict seigneur congneüt leur vouloir’,
a. au M. — b. madame de Bourgogne B et M ; madame de la Bourgogne P. — c. ladicte dame omis par P.— d.ses P. — e. et à P. — f. vouloit, dans l'édition B. de Mandrot, n'est qu'une faute d'impression corrigée par l'éditeur aux errata.
1. On a vu déjà que telle est la formule courante du salut de bienvenue. Cf. ci-dessus, p. 64, lors de l’entrevue de Picquigny. Le connétable de Saint-Pol, emmené pour être mis à la Bastille, est accueilli par le chancelier Pierre Doriole avec la même formule : « Monseigneur, vous soyez le très bien venu » (Jean de Roye, éd. B. de Mandrot, t. II, p. 350).