‹ Mémoires éditésChapitre 15 sur 379 · ILLUSIONS DU TÉMÉRAIRE · texte numérisé non relu

ILLUSIONS DU TÉMÉRAIRE

ung payement de trois moys, et puis rompent leur armée et s’en retournent à l’hostel!, et ilz ont* receü l’argent pour ung an. Et ce roy Edouard estoit tout plain de ceste practique, et souvent le feït.

Ceste armée mist bien ung an à estre preste?, et le feït sçavoir? à mons de Bourgongne, lequel°, au commencement de l’esté, estoit alléé jusques devant Nuz, et luy sembla que en peu de jours il auroit mis son homme en possession, et qu’il luy seroit demeuré aucunes places, comme Nuz et autres, pour parvenir aux fins que je vous ay dit.

J'estime que cecy vint de Dieu, qui regarda en pitié‘ ce royaulme, car ayant/ l’armée telle comme il avoit et desjà estoient accoustuméz par plusieurs années tenir les champs par ce royaume, sans ce que nul luy prestast bataille ny ne se trouvast® aux champs en puissance contre luy, si ce n’estoit en gardant les villes. Mais bien est vray que cela procedoit du roy, qui ne vouloit riens mectre en hazart ; et ne le faisoit pas seullement pour la craincte du duc de Bourgongne, mais pour doubte de desobeissance qui pourroit advenir en son royaulme, si ainsi estoit qu'il perdist une bataille. Car il estimoit n’estre pas bien‘{ de tous ses subjectz, et par especial

a. üiz l'ont P. — b. il ennuya P; envoya 4 et M. — c. et comme il vint P. — 4. il alla P. — e. partie D. — f. Même leçon dans tous les manuscrits. Car ayant signifie « parce qu’il (le duc) avait ». Les éditeurs, y compris B. de Mandrot, n'ayant pas saisi la construction de Commynes, ont imaginé d’intercaler entre car et ayant ce membre de phrase : ce duc estoit pour y faire grant dommaige, qui est une véritable interpolation. — g. trouvoient D. Nous corrigeons d'après P. — h. pour la crainte du duc de Bourgongne mais omis par À. — i. C'est par erreur que B. de Mandrot dit que

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