C'est-à-dire : par mon intermédiaire
Commynes, II. 12
174 DÉPART DE COMMYNES (février 1477)
de moy les noms par escript, et leur tint ledict seigneur ce que je leur avoye promis. Et ainsi partyz de luy pour ce coup.
Comme je voulus monter à cheval, monsr du Lude (qui estoit fort aggreable au roy en aucunes choses et qui fort aymoit son proffit particulier et ne craignoit jamais à abuser personne, aussi très legierement croyoit et estoit trompé bien souvent ; il avoit esté nourry avec le roy en sa jeunesse, il luy sçavoit fort complaire et estoit homme très plaisant) me vint dire ces motz comme par mocquerie saigement dicte : « Or, vous en allez-vous ? à l'heure que vous deviez: faire voz besongnes ou jamais, veü lés grans choses qui tumbent entre les mains du roy, dont il peult avantaiger et enrichir tous ceulx 4 qu'il ayme? Et, au regard de moy, je m’attendz estre gouverneur de Flandres, et me y faire tout d’or! »; et ryoit fort. Je n’euz nulle envie de rire, pour ce que je doubtoye qu’il ne procedast du roy!, et luy respondy que j’en seroye très joyeux s’il advenoit ainsi et que j’avoye esperance que le roy ne me oublieroit point, et ainsy party.
Ung chevalier de Haynault estoit arrivé là devers moy, n'y avoit point demye heure, et m'apportoit nouvelles de plusieurs autres à qui j'avoye escript en les* pryant de se vouloir reduyre au service du roy. Ledict chevalier et moy sommes parentz, et est encores vivant’, par? quoy ne le veulx nommer? ne ceulx de qui il m’apportoit nouvelles. Il m’avoit
a. voulu D.— b. vous omis par P.— c. debvriez P. — d. il peult agrandir ceulx P. — e. le D. — f. il vit encores P ; omis par À. — g. pour P. — h. ne omis par P. Cette omission entraîne B. de Mandrot à couper la phrase autrement : ceulx de qui il m’apportoit nouvelles, ilfs] m'avoi[en]t en deux mots, ei l'obligation de corriger le texte montre bien que cette interprétation, incorrecte dans la forme, doit être écartée.