‹ Mémoires éditésChapitre 199 sur 379 · AMBASSADE DES GANTOIS AUPRÈS DE LOUIS XI · texte numérisé non relu

AMBASSADE DES GANTOIS AUPRÈS DE LOUIS XI

avant, comme vous avez ouy. Et pour ce, il estima peu leurs requestes et demandes. Et aussi il estoit bien informé et sentoit bien que ces gens de Gand estoient en tel estat, qu’ilz troubloyent® tant leur compaignye, qu’ilz ne sçavoient donner conseil ny ordre à conduyre la guerre contre luy!, car nul homme de sens ne qui eust auctorité avec leurs princes passéz n’estoient appelléz? en riens, mais persecutéz et en dangier de mort ; et, par especial, avoyent en grant hayne les Bourguygnons pour la grant auctorité qu'’ilz avoyent eu le temps passé. Et davantaige congnoissoit bien tout cela le roy : car, en telles choses, veoyt aussi cler que nul homme de son royaulme que ces Gantoys dessusdictz de tout temps desiroyent veoir leur seigneur appetisser‘?, mais qu'ilz n’en sentissent riens en leur pays3. Et, pour ce, advisa que, s’ilz estoyent encommancézd à se diviser, qu’il les y mectroit* encores plus avant‘, car ce n’estoient que bestes ceulx à qui il avoit affaire (et gens de ville la pluspart), et par especial ès choses” subtiles dont ledict seigneur se sçavoit bien aydertf ; et faisoit ce qu'il devoyt pour vaincre et mener à fin son emprinse.

Le roy s’arresta” sur la parolle que ces embassadeurs avoient dicte, laquelle parolle denottoit que leur princesse

a. troubleroyent P.— b. n’estoit appellé M ; n’estoit appelléz P. — c. ces Ganthois dessus dits hayoient de tout temps et d'ancienneté leur seigneur et desiroient le veoir appetisser À ; même leçon dans Pet M, sauf omission des mots et d'ancienneté. — d. à commencer P. — e.qu'ilz les y mectroient D.— f.en ces choses P et M.—g.s’apresta À et B ; s’'appresta M. — h. laquelle parole denottoit manque dans P.

1. Sur ces événements, voir Kervyn de Lettenhove, Histoire de Flandre, t. V (1855), p. 227 et suiv.

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