‹ Mémoires éditésChapitre 247 sur 379 · CAS DE LORD HASTINGS · texte numérisé non relu

CAS DE LORD HASTINGS

baïllast seullement une lettre de troys lignes, adressans ! au roy, contenant comme il les avoit receüz pour son acquict envers le roy son maistre, affin qu'il ne pensast qu'il les eust desrobéz® et que ledict seigneur estoit ung peu? suspicionneux®. Voyant ledict chambellan que ledit Claret ne luy demandoit que raison : « Mons" le maistre, dist-il, ce que vous dictes est bien raisonnable ; mais ce don vient du bon plaisir du roy vostre maistre, et non pas à ma requeste. S’il vous plaist que je le prenne, vous le mectrez icy dedans ma manche, et n’en aurez aultre lettre ne tesmoing. Car je ne veulx point que, pour moy, on die : led grand chambellan d'Angleterre a° esté pensionnaire du roy de France etf que mes quictances soyent trouvées en sa Chambre des comptes. »

Ledit Claret se tint à tant et luy laissa son argent et vint faire son rapport au roy, qui fut bien courroussé qu'il n’avoit apporté ladicte quictance ; mais il l’en loua et estima ledict chambellan plus que tous les autres serviteurs dudict roy d'Angleterre ; et depuis fut tousjours payé ledict chambellan sans bailler quictancei.

a. amblez P.— b.ung peu manque ailleurs que dans D. — c. que raison, respondit à mons' le maistre « ce que vous dictez... » P; respondit : « Monsr le maistre, ce que vous dictes... » M.— d. que le P.— e. ait P. — f.se P.

1. Ce mot équivaut pour le sens à « adressées » et représente une vieille forme d'usage courant au xv® siècle.

2. Il est très certain que Louis XI était défiant; mais en l’espèce, comme vient de l'expliquer Commynes, l’acquit du chambellan d'Angleterre était surtout désiré afin que la cour de France possédât une pièce justificative de nature à compromettre, le cas échéant, le bénéficiaire de la pension. Hastings, qui voulait précisément garder son entière liberté, refusa de se prêter à cette combinaison.

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