LOUIS XI ET LES SUISSES
roy, et ne faillit pas à luy promectre que on en feroit ung grant homme!. Et incontinent se misdrent aux champs et feïrent grant dommaige en la duché de Luxembourg et razèrent une place appellée Pierrefort?, assise à deux lieues de Nancy, qui estoit du duché de Luxembourg.
Davantaige fut conduyt par le roy et aucun de ses serviteurs qu'il y commist que une alliance fut faicte pour® dix ans entre les Suysses et les villes de dessus le Ryn, comme Basle, Strasbourg? et autres, qui paravant avoyent esté en ennemytiéc. Encores fut faicte une paix entre le duc Sigismond d’Autriche et les Suysses, tendant à ceste fin que ledict duc Sigismond voulsist reprendre la conté de Ferrecte, laquelle il avoit engaigée au duc de Bourgongne pour le pris de cent mil florins de Rin. Et ainsi fut accordé, fors qu’il demoura ung“ different entre ledict duc Sigismond et lesdictz Suysses, qui vouloient avoir passaige par quatre villes* de la conté de’ Ferrectte, fortz et foiblesi, quant il leur plairoit. Ce point fut soubzmis sur le roy, lequel le jugea à l’intentionf desdictz? Suysses. Et, par ce qui est cy dessus recité,
a. commist une alliance pour P.— b. Strabourg D. — c. amytié À, M et D. Nous corrigeons d'après P, dont la leçon est exigée par le sens. — d. P. omet et ainsi fut accordé fors qu’ et donne en au lieu de ung devant le mot different, qu’il écrit differant. M donne aussi en et fait, avant il, la même omission que P.—e. ville D. — |. la conté de manque dans D. — g. dictz omis par P.
1. Entendez : un homme puissant. C’est le sens de l'expression « grand homme » chez Commynes.