OPÉRATIONS EN FRANCHE-COMTÉ
soyent, si le sçai-je par ce qu'on en rapportoit au roy et pour les lettres que on luy en rescrivoit, lesquelles je veoyé®, et souvent en faysoie les responses par le commandement dudict seigneur !.
Audit Ausonne avoit peu de gens, et les chefz accordéz avec ledict seigneur de Chaulmont, gouverneur, qui au bout de cinq ou six jours la baïllèrent?. Ainsi ne resta plus riens à prendre en Bourgongne que troys ou quattre chasteaulx rochiers comme Jou* et autres, et avoir l’obeissance de Besanczon, qui est ville imperialle et ne doit riens au conté de Bourgongne ou peu. Mais, pour ce qu'elle estoit enclavée audit pays, elle complaisoit au prince du pays. Ledict gouverneur y entra pour le roy, et puis en saillit, et ilz y feïrent tel devoir qu'ilz avoyent accoustumé de faire aux autres princes qui avoient possédé Bourgongne !.
Ainsi fut” Bourgongne toute conquise, où ledict gouverneur feit bonne diligence, et aussi le roy le sollicitoit fort et craignoit que ledict gouverneur ne voulsist tousjours quelque place desobeissante audit pays, affin que on eust plus affaire à luy et aussi affin que le roy ne le renvoyast‘ point de là pour s’en servir ailleurs. Car le pays de Bourgongne est fertille et il en faisoit comme s’il eust esté sien. Ledict seigneur de Craon, dont j'ay parlé et ledict gouverneur seigneur de Chaulmont, tous deux y feïrent bien leurs besongnesÿ.
Une piècef demoura le pays en paix soubz le gouverne-
a. veoyés P. Il faut de toute façon interpréter voyais. — b. fut omis par P.— c.remuast P.
1. Le rôle de Commynes est ici, comme plus haut, liv. V, ch. 1, ci-dessus, p. 106, le rôle d’une sorte de chef du service des renseignements. Cf., au t. I, notre Introduction, p. VI, n. 1.