‹ Mémoires éditésChapitre 298 sur 379 · Beaujeu, arr. de Villefranche (Rhône · texte numérisé non relu

Beaujeu, arr. de Villefranche (Rhône

MORT DE MARIE DE BOURGOGNE (27 mars 1482) 287

l'archeduc d'Autriche, et comme il persevera à traicter le mariage de monst le daulphin et de madame Marguerite de Flandres®. — Audict lieu de Beaujeu, receüt lectres comme la duchesse d'Autriche estoit morte d’une cheütte de cheval!, car elle chevauchoit ung hobin? ardent. Il la feïit cheoir et tumba sur une grant pièce de boyz. Aucuns dient que ce ne fut point la cheütte, mais d’une fièvre. Quoy qu’il en soit #, elle mourut peu de jours après ladicte cheütte, et fut ung très grant dommaige pour ses subgectz et amys, pour ce que oncques puis n’eurent bien ne paix : car ce peuple de Gand et autres villes l’avoyent en plus grand reverence que le mary, à cause qu'elle estoit dame du pays. Et advint ce cas l’an mil quattre cens quattre vingtz deux.

Ledit seigneur me compta ces nouvelles, qui en eut très grant joye. Et aussi les deux enfans estoient demouréz en la garde des Gantoys!, lesquelz il congnoissoit enclins à noyses et divisions contre ceste maison de Bourgongne, et luy sembloit avoir trouvé l'heure, d’autant que le duc d'Autriche estoit jeune, et pour ce qu’il avoit encores père, qui estoit en guerre partout et estoit estrangier, et l’empereur son père extrèmement chiche ‘5.

Dès l’heure commença le roy à practiquer‘ les gouver-

a. Titre en rouge dans D. — b. feüt B. — c. son père est trop extrèmement P. — d. faire practiquer P.

1. Sur la mort de Marie de Bourgogne (27 mars 1482), cf. plus haut, p. 250.

2. Un « hobin » ou « aubin » se définit, dans la langue du xv® siècle, un petit cheval d’allure irrégulière.

3. Sur cette expression, déjà employée par Commynes à propos de Marie de Bourgogne, cf. ci-dessus, p. 259.

4. Chacune des trois provinces de Flandre, Brabant et Hainaut devait garder à son tour les enfants ducaux pendant quatre mois. Les Gantois, à l'expiration du premier terme, refusèrent de céder les enfants en invoquant un privilège et désignèrent un conseil de régence. Cf. Olivier de la Marche, Mémoires, éd. Beaune et d’Arbaumont, t. III, p. 261 (note des éditeurs).

5- Commynes répète ainsi, sur le compte de Frédéric III, un jugement qu'il a déjà formulé plus haut, p. 5.

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