‹ Mémoires éditésChapitre 302 sur 379 · LA VIE AU PLESSIS-LÈS-TOURS 29I · texte numérisé non relu

LA VIE AU PLESSIS-LÈS-TOURS 29I

et les archiers, dont il en avoit quatre cens qui, en bon nombre, faisoient chascun jour“ le guet et se promenoyent par la place et gardoyent la porte. Nul seigneur ne grand personnage ne logeoit dedans ne y entroit guères compaignye ? de grans seigneurs ‘. Nul n’y venoit que monsr de Beaujeu, de present duc de Bourbon 4, qui estoit son gendre. Tout à l’environ de la place du Plesseïz il feït faire ung treilliz de gros barreaux de fer et planter dedans la muraille des broches de fer ayans plusieurs poinctes*, comme à l'entrée par où l’on eust peü entrer aux fosséz. Aussi feït faire quattre moyneaulx! tout de fer bien espès en/ lieu par où l’on povoit tirer à son aise, et estoit chose bien triumphant, qui cousta plus de vingt mil francs. Et à la fin il£ meïst quarante arbalestriers qui, jour et nuyct, estoient en ce fossé, avec commission de tyrer à tout homme qui en approcheroit de nuyct, jusques à ce que la porte seroit ouverte le matin. Il luy sembloit davantaige que ses subjectz estoient ung peu chatoulleux à entreprendre auctorité, quant ilz verroient le temps *?.

A la vérité, il fut quelques parolles entre aucuns d’entrer en ce Plesseïs et despescher les choses selon leur advis!, pour ce que riens ne se despeschoit, mais ilz ne le osèrent entreprendre, dont ilz feïrent saigement, car il y avoit bien

a. jour omis par P. — b. acompaigné P. — c. de grands seigneurs omis par P. — d. de present duc de Bourbon omis par D. — e. poinctz P.— jf. et D, par distraction. — g. y P.— h. quand ilz le verroient estre temps À ; quand ilz en verroient le temps P.

1. On entend par « moineau », en style militaire du xv® siècle, un ouvrage de défense plat, aménagé au milieu d’une courtine. C’est une sorte de guérite roulante, dont le toit rappelle par sa forme le froc de certains moineaux.

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