VERTUS DE FRANÇOIS DE PAULE
gnye du prince de Tarente !, filz du roy de Napples ; car il ne vouloit* partir sans le congié du pape ne de son roy ”, qui estoit sens à ceste simple personne ?, et avoit faict deux eglises au pays des Mores:.
Il n’avoité mangé, ny n’a encores depuis qu'il se mist en ceste estroicte vie, ne chair ne poisson, œufz, letaiges* ne nulle gresse 3, et ne pense jamais avoir veü homme vivant de si saincte vie ne où il semblast myeulx que le Sainct Esperit parlast par sa bouche, car il estoit/ lectré, et si n’avoit jamais esté à l’escole#. Vray est que sa langue italienne luy aydoit. Ledit hermite passa par Napples honnoré et visité autant que ung grant legat apostolique, tant du roy de Napples! que de ses enfans, et parloit avec cela comme ung homme nourry ‘ en court. De là passa par Romme, visité dei tous les cardinaulx. Il eut audience avec le pape par trois foiz seul à seul, assis auprès, en belle chaire, l’espace de trois ou quattre heures à chascune fois, qui estoit grand honneur à si petit homme f, respondant si saigement que chascun s’en esbahyssoit. Luy accorda nostre Sainct Père faire ung ordre appellé les hermites/ Sainct-Françoys.
De là vint devers le roy, honnoré comme si ce eust esté le
a. voulut P. — b. sans brief du pape et congié de son roy P. — c. Leçon commune à tous les manuscrits. Les anciens éditeurs ont corrigé : deux églises, au lieu où il demouroit. — 4. Jamais n’avoit P. — e. ne œufz, ne beurre, ne laictage P ; ne œufz ne laictage B. — }. est P. — g.et n’aprint jamais rien P.— k. de Napples omis ailleurs que dans D. — i. visita À. — j. M ajoute : de.