ACTIVITÉ POLITIQUE DE LOUIS XI
rées de bonnes martres, et en donnoit assez qu'il envoyoit sans demander !, car nul ne luy en eust osé demander.
Il faisoit d’aspres pugnitions pour estre crainct, et de peur de perdre obeyssance, car ainsi le me deïst luy-mesmes. Il remuoit offices? et cassoit gens d’armes, rongnoit pensions et en ostoit de tous poinctz , et me dist peu de jours. avant sa mort qu'il passoit temps à faire et à desfaire gens. Et faisoit plus parler de luy parmi le royaulme qu'il n’avoit jamais faict, et le faisoit de paour qu’on ne le tint pour mort ; car, comme j’ay dit plusieurs fois, peu de gens ? le veoyent, mais, quant l’on oyoit parler des œuvres qu’il faisoit, chascun en avoit doubte et ne povoit-l’on à peine croire qu'il fust malade ‘.
Hors le royaulme envoyoit gens de tous costéz pour entretenir ce mariage d'Angleterre‘, et les payoit bien de ce qu’il leur donnoit4, tant le roy Edouard que les particuliers. En Espaigne, avoit toutes parolles d’amytié et d’entretenement, et tousjours* presens par tout. De tous costéz faisoit achapter ung bon cheval ou une mulle, quoy qu'il luy coustast/ ; mais ce estoit” ès pays où il vouloit qu’on le cuydast sain, car ce n'estoit point en ce royaume.
De chiens, en envoyoit querir partout : en Espaigne des allans, en Bretaigne des petites levrètes, levriers, espai-
a. plusieurs fois omis ailleurs que dans D. — b. de gens omis par P. — c. en Angleterre pour entretenir ce mariage P. — d. devoit 4. — e. toujours omis par P. — f. ung bon cheval, quoiqu'il coustast, ou une belle mulle P. — g. ce estoit omis par P.