INTERPRÉTATION DE LA MANŒUVRE D'ÉDOUARD IV
Vous avez ouy‘, au commencement de ceste matière d’Angleterre, comme ce roy icy n’avoit point fort? la matière! à cueur. Car dès qu'il estoit à Douvres, en Angleterre, et avant que monter au navire pour passer, il entra en pratique avecques nous?. Et ce qui le faisoit passer deçà « estoit{ pour deux fins : l’une, que tout son royaulme le desiroit, comme ilz ont accoustumé le‘ temps passé, et la presse que leur en faisoit le duc de Bourgongne ; l’autre raison estoit pour reserver une bonne grosse somme d’argent de celluy qu'il levoit”/ en Angleterre pour faire ce passaige. Car, comme vous avez ouy *, les roys d'Angleterre ne lièvent riens que leur demaine, si n’est pour ceste guerre de France.
Une autre habillité avoit faict ledict roy pour contenter ses subjectz. Il avoit amené dix ou douze hommes, que de Londres, que d’autres villes d'Angleterre i, gros et gras, qui estoient des principaulx entre les communes d’Angleterre et qui estoient ceulx qui avoient fort tenu la main à ce passaige et à mectre sus ceste puissante armée. Ledict roy les faisoit loger en bonnes tentes ; mais ce n’estoit point la vie qu'’ilz avoient accoustumée, et en furent tost las ; et cuydoient que, au bout de troys jours, ilz deüssent avoir une bataille quant ilz seroient deçà la mer. Et ledict roy d'Angleterre
a. bien ouy P. — b. fort omis par M. — c. deça la mer P. — d. n’estoit que P. — e. du P. — f. levoit lors P.