JUGEMENT SUR ÉDOUARD IV
aydoit à leur faire des doubtes et des crainctes et à leur faire trouver la paix bonne, affin qu'ilz luy aydassent, quant ilz seroient de retour en Angleterre, à estaindre les murmures! qui pourroient estre à cause de son retour. Car oncques roy d'Angleterre, depuis le roy Artus, n’amena tant de gens pour ung coup? deçà‘ la mer*. Et s’en retourna très dilligemment, comme avez ouy ; et luy demoura beaucoup d’argent de celuy qu’il avoit levé en Angleterre pour le payement de ses gens d’armes. Ainsi parvint à la pluspart de ses intentions. Il n’estoit! point complexionné pour porter le travail qui seroit necessaire à ung roy d'Angleterre qui vouldroit faire conqueste en France. Et, pour ce temps, le roy avoit bien pourveü à la deffencet, combien que par tout n’eust bien sceü pourveoir aux ennemys qu’il avoit, car il en avoit trop 5.
Ung autre grant desir avoit le roy d'Angleterre : c’estoit à l’accomplissement du mariage du roy Charles huictième, qui règne au jour d’huy, avecques sa fillef ; et ce mariage luy fist dissimuler beaucoup de choses depuis, qui tournèrent au grant prouffit du roy7,
a. deça de M. — b. est À et B. Cette leçon se trouvait aussi d'abord dans P, qui corrige après coub en estoit. — c. car il avoit trop d’ennemys P.
1. Sur le mécontentement de certains milieux anglais, cf. ci-dessus, P. 70, n. 4.