A LA ROYNE
mande. J'esper» qu'il n'en arrivera non plus de faulte que pat le pass^, etc.
DuftSfebyrier 16 14*
CCLXL — ^LETTRE
De M. le àawn de Blet à 31. Duplessù,
Monsieur , vous ni'avés faict beaucoup d'honneur de m avoir adverti de ce que vous avés appris de M. de Montbazon , lequel sans double avoit faict semer ces mesmes nouvelles; car, arrivant hier au soir de Chauvigny, où j'estois allé pour i accord de deux de mes amis, j'ai trouvé ma femme sçavante de la plus grande partie de ce que vous m'avés faict l'honneur de me mander. Je vous dirai que j ai appris , en mon voyage , que si M. le Prince eust tourné du costé de Poictiers , il eust trouvé une cabale à sa dévotion suffisante de lui donner entrée. M. de Poictiers a des* couvert ceste mescfae, et en a donné advis à la royne.
J ai aussi trouvé mon lacquais céans , de retour , lequel j'avois envoyé porter les lettres que M. de Sully m addressoit pour M. de Rofaan , lequel me presse instamment de l'aller trouver ; de quoi je ne me sçaurai aiseement dédire , ayant tant de fois manqué à semblables semonces. Je cognois , par sa lettre , qu'il me veutt parler de diverses choses; la première touche tout le passé , depuis l'assemblée de Saulmur ; Taultre est de faire quelques propositions sur les choses qui se présentent. Il me trouvera préparé pour le premier poiuçt; et, quant au dernier, je senai bien aise de disposer ma résponse selon Tair que je crois que pieiiueaL louLcs nos Eglises, jugeant par les derniers
5a8 LETTRE DE M. DE BLET, ete.
discours que j'ai eu Thonneur d'avoir avec vous, et
depuis par vos lettres, que vostre advis est que nous
demeurions dans les bornes de la conscience et du dcbvoir, afin de ne donner poinct d'occasion à ces désunions , et s'accorder pour nous mal appointer* Je ne veulx manquer à vous dire que j^ai veu M. de Brassac , qui parle en très bons termes du passé , et semble qu'il ne seroit pas marri d'estre raccommodé avec M. de Rohan. C'est ung raccord digne de vous, et je serai bien aise d'estre porteur de vostre part de ceste proposition. Si vous jugés que je vous y puisse servir, ce porteur, qui est à moi, et que je vous envoya expies, nie rapportera iidellement de vos letLies, etc.
Du a6 febvrier i6i4*
CCLXIL— LEÏTIIE DE M. DUPLESSIS
A J\L le haroti de BleL
Monsieur, j'ai receu les vostrcs par cesl honneste homme, du a6 febvrier, arrivé à propos pour vous &ire part de ce que j'apprends par l'ordinaire. M. de Nevers a remis avec peu de changement ceulx qu'il avoit tirés de la citadelle de Mesieres , et a escrit force honnestes protestations à la royne. £n mesme temps, De Lâge, baillif de Sedan, a apporté lettres de M. de Bouillon à MM. le cliancellier et de Villeroy. M. le prince a escrit une grande lettre au roy, contenant ses plainctes contre les ministres de Testât; à la royne, une plus couitc#de mesme subject, et sans aulcune plaincte d'elle, ce que vous sçavés estre du compliment. Cependant le sieur de Fiésbrun a baillé de sa part à ung conseiller de la court, nommé Garnier,
LETTRE DE M. DUPLESSIS, «ic ' Sag des lettres pour messieurs du parlement, qui porteiu créance sur lui ; mais la court n'a voulleu les recevoir sans avoir commandement de la royne, vers laquelle ils députèrent aussi tost le samedi aà* au matin ; mais elle n'estoit pas encore levée. Il semble que ce soit quelque espèce de manifeste. De faict ung courrier cpii a passé, m'a mandé qu'il estoit publié, et que les princes se separoient, cause que la lojne a alenti son voyage ne sçachant ou touruer. Nous debvons voir bientost si ceste nuee s'esclatera en foudre ou en pluye; mais veu ceulx qui s'en meslent, je concleus plustost au premier , s'il ne leur est satisfaict sur quelques poincts préalables. Pour vostre voyage, il ne peult estre qu'utile estant ce que vous estes, plein de prudence et de cognoissance des personnes et des affaires. Nui ne coghoist mieulx le passé que vous, et du présent nous en avons discouieu nagueres ensemble. Je persiste que nos Eglises ne se doibvent poinct émouvoir sur toutes ces occurrences, seule^ ment se tenir sur leurs gardes , et pour les abus de Testât en laisser faire ceulx qui y ont vocation pour y procéder selon leur conscience, sans mesler une saincte cause, et purement religieuse avec une civile. Nostre assemblée aussi nous est accordée au mois d octobre que j estime trop loingtaine, et en ai dict de fortes raisons, sur lesquelles, ^présentées par nos députés gencraulx , il y a apparence de labreger, et voussçavés qu'il seroit mal à propos en ce cas d*en préjuger les resolutions par les nostres particulières, etc.
Du dernier febyrier 1614.
Mkm. ub Di;pi.Bssis.MoAKAY. Tome xii. 34
53ô lettjre de la. royne
CCLXIIL — LETTRE DE LA R0YNE
j4 m Duple^sîs.
M. Duplessis, je voue ai ci devant escrit^ comine
mon neveu le prince de Gondé s'estoit absenté, et comme il ne pou voit avoir occasion de s'esloigaer, et mescontenter du roy monsieur mon fils et de moi ^ et comme au contraire lui et les aultres, qui s'en sont allés en mesme temps , en avoient de très grandes de contentement les leur ayant tousjours donné avec tout le seing et bonne volonté qui nous a esté possible, et davantage comme nous avions despesché vers mondict nepveu , mon cousin le duc de Yentadour, et le sieur de Boissize pour essayer de les ramener auprès d^ nous, afin d'y tenir le rang, qui est deu à sa qualité, et nous y assister de ses conseils aux oceurences, qui des lors se presentoient \ maintenant je vou» faits ceste lettre pour vous tenir adverti de ce qui s'est passé du depuis, qui est que mondict nepveu estant parti de Ghasteauroux , et passé en Ghampaigne premier que lesdicts duc de Vantadour, et le sienr de Boissize y ayent peu arriver , ils ont esté contraincts de s'en revenir sans le voir; et depuis ayant envoyé \m lui en la ville de Mesieres où il estoit pour lui faire entendre la charge que nous leur avions commise, et le pryer de leur mander le temps et le lieu où ils auroient î se rendre auprès de lui pour s'en acquitter ; il leur a faîct cognoistre par sa response qu'il n'avoît leur voyage agréable ; de sorte qu'à nostre regret nous avons esté contraicts de les en dispenser; et cependant ayant ( sur les occasions que nous n'en avions que trop
A M. DUPL£SSIS. 53 1
grandes ) fatct le oominandeinent que vous avés sceû ,
et "auquel vous avés eu part avec ceulx de vostre province aulx gouveroeurs et habîtans des villes de celle de Ghampaigne pour la garde et seureté d'icelle; nous < avons aussi parùculieremenl commandé au marquis de la Vieuville de donner diligemment ordre en la citadelle de Mesieres» dont il est capitaine , que nostre volonté y feust suivie, et exécutée par ceulx qui y commandoient eu son absence, lesquels ayant ensuite d'icelle faid pryermon oépveu le duc de Nevers de n'y poinct aller, et de les excuser, si lui se présentant ils ne lui en ouvroient la porte ; il les y a depuis vouUeu contraindre, et j est entré, comme chacung sçàit, monstrant ne sçavoir ni croire le commandement que nous avions faict audict marquis; et après avoir entendeu le sieur de Pralin , que nous avons despesché vers lui expressément pour ce subject; que ledict marquis n'avoit rien faict en cela, que par nostre commandement, et que noslre volonté estoit qu'il remist la place entre les mains du lieutenant des gardes du roy mondict sieur el [ils, que nous avions envoyé avec lui pour le recevoir et y commander , jusques à ce que nous en eussions aultrement ordonné ; tant s*en &ult qu'il y a:t ^atifaîct , comme le debvoir et la raison Ty obligeoient, et comme celui qui! a premièrement despesché vers moi pour ceste occasion, m'a fiiict en* tendre que c*estoit 9on intention ; qu'il m'a iàîct une response qui me donne bien à cognoistre qu'elle en est maintenant fort esloignee. Sur qiioi j'ai pris resolution par Padvis des princes, officiers de k^^ou* ^ ronne, et pnncipaulx du conseil qui sont près de nous , de pourvoir à ce qui est requis pour maintenir mondict sieur et fils en son auctoritë royale et souve«
53a LETTRE DE LA ROYNE
raine , et ses subjects en Tobeissance qu*iis lui doibvent f faisapt pour cest eflect les levées de gens de guerre ,
et tous les auitres préparatifs nécessaires ; de quoi nous aurions plus de contentement de nous pouvoir passer , n'ayans pour but que le repos de ce royaulme ; mais si pour le maintenir et empescher ung plus grand trouble à ladvenir , nous sommes contraincts de prendre maintenant les armes (ce que nous prjons Dieu qui n'arrive poinct), nous espérons d'y donnjsr ordre promptementy et remettre toutes choses aulx termes ' qu'elles doibvent estre avec la grâce divine et l'assistance des bons serviteurs et subjects du roy mondict sieur et fils , lesquels se monstrent en gênerai et en particulier si prompts , et désireux de le servir en ceste occasion importante , que nous n'avons rien à désirer en leurs courages et affections , sinon qu'il ne soit besoing de les employer dans le royaulme , et qu'ils puissent estre réservés k servir quelque jour hors d'ieelui soubs le roy mondict sieur et fils quand il sera plus grand pour lui acquérir de la gloire et réputation , et maintenir à la France celle que le feu roy monseigneur lui a laissée. Ce que je désire que vous fassiés entendre à tous ceulx que vous jugerés à propos en Testendeue de vostre charge , afin que chacung y e^nt bien informé de ce qui se passe, et de la venté et sincérité de nos intentions , personne ne soit susceptible d aulcune maulvaise impression ^ et ne se Jaisse aller aulx practi* ques et factions que Ton pourroit essayer de&ire contre le service de mondict sieur et fils et le repos public, aulxquelles , comme je vous ai desjà roandéV et qu'il est nécessaire, je désire que vous vous opposiés de tout vostre pouvoir, et d'autant qu'il fault soigneusement empescher toutes sortes de levées , et assemblées de
A M. DUPLËSSIS' 533 gens de guerre , qui se pourroient aussi faire à mau- . valse intention , nous avons jugé à propos que les prevostsde nos cousins les mareschauk de France tiennent la campagne avec leur compagnies pour voir s'il s*y en faict aulcunes sans commission du roy nioudict sieur et ûlsles empescher > courre sus à ceulx qui les feroient, les prendre, emprisonner, et procéder contre eulx selon la rigueur des ordonoimces , et en cas de résistance, les défaire et tailler en pièces, et s*tls ont besoing de Tassistance des communes, les appeller à leur aide et secours, ce qui leur est ordonné par les despesèhes particulières que nous leurs avons envoyées. A quoi de vostre part vous tiendrés la main qu'il soit satisfaict , vous y employant vous niesmes, SI vojés quil soit requis , et qu'il y ait chose qui le mente. An reste, je ne vous mande rien d'une lettre
qui m'a esté presi ntee de la part de mondicL iiepvcu le prince de Condé , et dont j'entends que Ton a faict 'courir des copies imprimées de tous costés , non seulement , parce que je crois que vous l'aurés peu voir, mais aussi à cause que je £iis estât de vous envoyer dans peu de jours la response que je lui a» faicte, et que je lui ai envoyée par le sieur De Thou, conseiller au conseil d'estat du roy mondict sieur et fils , pour Texhorter par mesmes moyens à suivre les conseils que je lui donne par icelle , et qui lui sont bienseans , advantageux et honorables , et à fuir ceulx qui ne conviennent à son debvoir, et au rang qu'il tient en ce royaulme ; et comme je vous ai desjà faict s<^avoir nostre resolution touchant rassemblée des estats generauU , je n*ai auUre chose à vous mander maintenant, sinon qu'au plustost j'envoierai aulx provinces les des* pesches pour la convocation d'iceulx^ par lesquelles le