‹ Mémoires et correspondance de la marquise de CourcellesChapitre 21 sur 81 · PUïce )ustlflcative, n* IX · texte numérisé non relu

PUïce )ustlflcative, n* IX

4r En lui dotitaant un baiaer à la frfinçtsdâe.

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m'amène, c'est que mon mari me veut prendre et que je ne le yeux pas. » Issu d'une fimaille de ' Bologne distinguée dans les armes , les conseils des Princes, la prélature, et les lettres, Grégori» Lëti s'était fixé à Genève en t66o. I) avait qat« rante-deux ans lorsque Sidonia vint à Genève, et die exerça sur lui son influence ordinaire. Il en devint fort amoureux, mais il ne brûla jamais que d'aune flamme très-pure. Sidonia lui raconta sa vie, qu'il nous a conservée dans quatre lettrea au duc de Giovinazzo * , et Léti lui apprit l'ita^ lien. Cette amitié subsista longtemps ; et lors du dernier procès de Sidonia , il correspondit avec elle ; il vint même la visiter.

Sidonia vit encore à Genève la famille D'Hona, et son amabilité sut triompher de la pruderie de la comtesse d'Hona , au point que Bayle écri- Ttît à Mimitoli, le 19 juillet 1676 : « Ce que vous ajoutez de l'accident de madame la comtesse de d'Hona m'afflige beaucoup. J'ai ouï dire fiie madame de Windsor £adt un voyage à Paris. Je me donnai Thonneur de lui écrire , il y a quatre ou cinq mois, et dans la réponse qu'elle eut k bonté de me foire, elle me toucha quelque chose de cette enjouée aventurière, qui a fait tant de fracas, et tant charmé la maison de M. le comte de D'Hona. Vous m'en dites asseï

K Voir ces lettres, Pièces jix8tMlcattT«8, n» VI, Vil, Vin,

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pour me jeter dans rétonnement *.)> Maislorsque Bayle écrivait ces lignes, la comtesse D*Hona était complètement désillusionnée. En effet, dans cet intervalle de quatre ou cinq mois dont parle Bayle, il s'était passé de grands événements dans la vie de Sidonia. Du Boulay, ayant rompu toute liaison avec elle, s'était retiré à deux lieues de Genève, au chÀteau de Sainte Julien, avec un seul domestique, par qui il avai^ envoyé contre Sidonia, au comte et à la comtesse deD'Hona, des lettres diffamatoires, qui avaient produit leur effet *. Devons-nous , pour justifier cette conduite de Du Boulay, donner un motif à cette rupture? Devons-nous dire qu'il l'avait surprise dans les bras d'un homme inférieur à sa condition, d'un palefrenier anglais? Ce serait fiftire à Sidonia une trop grossière injure, qui n'aurait de fondement qu'une note manuscrite trouvée par M. Mommerqué en marge d'une copie des lettres de madame de Courcelles.

Disons plutôt que Du Boulay , quel qu'ait été le motif de cette rupture , oublia dans le premier mouvement d'une fureur jalouse ses sentiments de galant homme, et n'allons pas , comme l'a £ait Walckenaer*, sur l'autorité fort contes-

I. Lettres de Bayle, t. I, page 94 de rëdition de 17 14, et page 1x4 de l'édition de 1719.

a. Gregorio Leti. Hist. genér.^ t. Y.

3. Walckenaer, Mémoiret Mur Madame de Sévigné, t. IV, ch. VI, page i8t.

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table d'une simple note, ôter à Sidonia toute dignité, tout respect d'elle-même. Walckenaer * veut que cette note soit de la main de Gregorio; mais Gregorio, connaissant un tel fait, aurait-il continué de correspondre avec elle? Teût-il visitée dans sa prison? Non, et quiconque se fait du personnage de Léti une juste idée, niera le foit comme nous.

Séparée de son amant, Sidonia s'en fut à Annecy. Peut-être rejoignit-elle à Chambery la duchesse de Mazarin , qui y tenait une petite eour et s'occupait à dicter ses Mémoires à l'abbé de Saint-Réal, et y résida-t-elle sous la protection de cette duchesse *. Quoi qu'il en soit, elle songeait à purger sa contumace, lorsque heureusement pour elle son mari mourut. C'est encore madame de Sévigné qui nous apprend la date de sa mort (septembre 1678). Dans une lettre du 18 de ce mois, elle parle du procès intenté à M. de Lameth au sujet du meurtre du marquis d'Àlbret, et cite les témoins de cette affaire : a M* de Montespan parut à l'audience pour soutenir M. de Lameth. On y attendait encore M. de Courcelles, mais il n'y vint pas, parce qu'il mourut ce jour-là d'une maladie dont sa femme

I. Walckenaer, Mémoires »ur Madame de Sévigné , t. IV. Kotes et ëclairciBsemente, page 347.

a. Walckenaer, Mémoires sur Madame de Sévigné^ t. IV, page 348.

NûTILiB,

se porte encore bien ^ j> et à madame de CoUgny. « Voilà une veuve fort précieuse, ma pauvre nièce ; êtes- vous d'avis que nous la recevions dauB notre illustre corps? » Madame de Coligny lui répondait : « Il appartient bien à madame de Cour celles d*être veuve. Non t mu tan te ^ elle n'y songe pas seulement; vous lui faites trop d'tionneur. Pour moi^ j'aimerais autant ne rètre pas^ que d'être d'un corps où elle serait, d Appartenail-it bien à la marquise de Coligny de repousser si loin Sidonia? Sa conduite avait -elle été si pure, ei son nom si étranger aux chroniques scandaleuses?

Aussitôt après la mort de son mari , Sidonia revint à Paris ^ où elle vécut pendant quelque temps dans les plaisirs, et lorsqu'on lui reprochait sa conduite : « Je veux jouir, répondaitelle, de la perte de ma réputation ' * n

C'est alors que son beau-frère, Camille de Champlais, chevalier de Çourcelles , reprit l'accusa tion intentée par son frère contre Sidonia, et la poursuivit à titre d'héritier du marquis de Courcelles : on vit le frère spéculant du déshonneur de son frère.

Le chevalier palliait Tindignité de sa poursuite sons des apparences de raison. Le marquis son frère n'avait jamaîâ reçu la somme de

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io mûrquiët dt LainbtrU t. t, pi«« H9 , édition dt

Notice. 4f

100,000 livres qui lui avait été allouée par le jugement du Z7 juin 1673 , à titre de dommages et intérêts. Le due de Villars, oncle de la marquise de Ck)urceQes, son héritier au cas où elle fût morte sans enfants, s'y était opposé par voie de justice, et avait par là entraîné le marquis dans des frais si considérables qu'il y avait mangé son bien. Or, nous Tavons dit, le chevalier était héritier du marquis, et soufi&ait, à œ titre, delà ruine de son frère *.

En vain Sidonia soutint que raccusatèon du crime d'adultère ne résidait qu'en la personne du mari , et ne passait point à ses héritiers * (objection qui nous semble assez rationnelle) ; le mercredi 20 décembre 1779 *» ©We subit un interrogatoire que nous rapportons en entier dans les Pièces justificatives. Dans cet interrogatoire, elle présente le peu de biens de son mari, et son désir d'en acquérir, comme la cause de tous ses malheurs , demande k prouver que Tenfant dont elle est accouchée était effeetive- Bient de son mari, et cela, par la fable que nous avons déjà rapportée; enfin elle raconte ses voyages, depuis sa fuite de la Conciergerie jusqn'à son départ pour l'Angleterre. Là s'arrête son interrogatoire, ensuite duquel on lit :

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