CCXIV. LE VICOMTE DE CnATEAUBRL4.ND A M. DE VILLELE
« Mardi, 30 avril 1822.
(( Les journaux, mon cher ami, ont commis une indiscrétion qui m'inquiète : ils disent que de Vaux est nommé voire secrétaire général. Vous savez combien je le désire; j'espère même que cela est fait, mais encore une fois ce bavardage me fait peur. Heureusement vous n'êtes pas homme à reculer devant une pareille bienveillance, ou m«/yez7/awce des gazettes. Il me paraît d'autant plus nécessaire que vous en finissiez avec de Vaux, que n'étant pas nommé président d'un arrondissement de Paris, et n'ayant pas grande chance d'être élu député, il doit souffrir; et vous pouvez tout calmer en réparant. Il est même probable que si vous le nommez tout de suite secrétaire général, il pourra passer au lieu de Gévaudan.
« Je vous sers ici le mieux que je puis. J'ai fait passer par courrier extraordinaire un avis important à M. de Montmorency. Il paraît aujourd'hui que la ré-
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publique dcC'olombiaest rccomuie par rAn^lclorro, Vous serez loi ou tard forcés d'en Faire autant, et dans ec cas il y a tout à gagner à aller vite. Croyezmoi, placez mes cinq ou six royalistes : De Vaux, Gastclbajac, Donnadieu, Canuel, La liorie, Agier, Delalot ; faites rendre le ministère d'Etat à VitroUes ; arrangez La Bourdonnaye si vous pouvez; après cela l'avenir est à vous. Evitez la désunion parmi les royalistes aux élections et à la session prochaine, et tout est gagné. Quand vous aurez besoin de moi, vous me rappellerez; en attendant n'oubliez pas le congrès s'il a lieu. J'ai déjà beaucoup amélioré ici notre position diplomatique. Je n'ai rien demandé à Mathieu, mais je pense que, pour le bien du service du Roi, il ne faudrait pas que je fusse le seul ambassadeur sans cordon au milieu des ambassadeurs étrangers, dans la plus grande ambassade de l'Europe; cela est remarqué et produit un mauvais effet parmi le corps diplomatique. Mes deux prédécesseurs avaient le cordon bleu et tous nos ambassadeurs Font, à Vienne, à Rome et à Naples. Ceci est pour vous et pour mémorandum.
«Je suis toujoursà vous et sincèrement. Vous êtes fort considéré ici.
« Cu ATEACBR] AND.
« Ma femme vous a parlé souvent pour mon neveu d'une affaire qu'elle croyait que vous saviez. Elle s'est trompée, c'est moi qui arrangerai cela seul avec le Roi, et ensuite vous m'aiderez. »