‹ Mémoires et correspondances du comte de VillèleChapitre 129 sur 158 · I. !•; l' r H !■; r» i : m . d e vil t> k l e . i · texte numérisé non relu

I. !•; l' r H !■; r» i : m . d e vil t> k l e . i

fissiez écrii'o au général portugais, (let incidoiil du l'invasiou du lorritoire espagnol, soil par les royalistes, soit par les constitutionnels portugais, ne nous paraît devoir attirer votre attention que lorsque vos troupes pourront se trouver en contact avec ces corps portugais. Alors vous agirez, sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à de grandes exjtlications, de la manière dont on agira à votre égard ou à l'égard des royalistes espagnols. Les Portugais qui seront avec vos ennemis seront traités en ennemis, ceux qui seront avec vos amis vous aideront, sans que vous ayez même à vous occuper de savoir s'ils sont Espagnols ou Portugais. Il ne résultera pas même de tout cela probablement la nécessité d'une déclaration de guerre au l*ortugal, et ce qui importe surtout et dont nous croyons pouvoir donner l'assurance à Y. A. R., c'est que l'Angleterre n'interviendra point dans les afîaires de la Péninsule.

<( Faire ce que vous devez à la sûreté de votre armée, d'après les notions que vous avez des mouvements du Portugal et n'avoir pas l'air de vous en occuper spécialement, éviter surtout les communications écrites à ce sujet, est, selon nous, ce que Y. A. R. a de mieux à faire.

« Nous ignorons encore d'oii vient la perte éprouvée par vos troupes sur la monnaie; si j'en eusse été informé, j'aurais pu peut-être vous faire fournir de préférence celles qui en éprouvent le moins; nous ne pouvons que nous en rapporter à ce que V. A. R, jugera nécessaire au maintien de la discipline; je la prie seulement d'être persuadée que ces plaintes sur

lo tarif des monnaies en Espagne ont toujours existé et que le mal vient moins des monnaies que du renchérissement des denrées, suite inévitable de la réunion d'un grand nombre de troupes.

« Tout ce qui tendra à augmenter la dépense de notre expédition en Espagne sera un motif de plus pour faire des efforts afin d'en abréger la durée.

« Il nous semble, d'après les événements déjà connus, que l'Espagne peut être comparée à un corps gangrené sur tous les points. La pierre infernale doit être appliquée sur tous les points; c'est la seule difficulté, car il suffit de son contact pour faire cesser l'infection. 11 est difficile, avec vos cent mille hommes, d'atteindre partout. Mais comme vous n'avez de résistance réelle à redouter nulle part, maintenant que, vous serez tranquille sur le nord de l'Ebre, peut-être pourriez-vous, de moitié avec vos auxiliaires, vous lancer un peu plus et procéder successivement à la délivrance d'une plus vaste étendue de pays autour de vous. Peut-être pourriez-vous , plus tard et selon les événements , tenter une expédition décisive sur Séville et Cadix; mais voyons Madrid avant de songer à tout cela.

« On conseille à Y. A. R., quand elle occupera cette capitale, de ne pas fixer sa résidence, comme fit Bonaparte, à la campagne du duc de l'Infantado; de ne pas s'établir non plus au palais du roi. On regarderait le Retira comme un séjour convenable pour Monseigneur et ayant l'avantage d'être plus à portée des principales casernes de Madrid.

i-KriHi: nK s. a. r. m'" le duo d'anuouli^mk. 421

Il Jo Unis pour 1110 roiulre à la Chambre des pairs pour le budget.

« Je prie V. A. R. d'agréer, etc.

" J " DK VlLLKLE.

« P. S. — Sir Charles Stuart nous proposait de mener le roi à Gibraltar ou à Badajoz pour de là traiter. Nous lui proposons de le faire embarquer sur le Centaure à Cadix, pour être ramené à Paris, où, d'accord avec les ambassadeurs de toutes les puissances, tout serait calculé, pesé et arrangé Vaines paroles, ce n'est pas ainsi que les choses finiront. Nous vous enverrons bientôt M. de ïalaru comme ambassadeur français auprès de la Régence. »

C.CCLIU. — s. A. R. M"'^ Li: DUC d'aNGOULÈME AU COMTE DE VILLÈLE.

(( Briviesca, ce 8 mai 1823.

« J'ai eu le plaisir de recevoir hier, mon cher comte, votre lettre du 3. Je commence par vous remercier de tout ce que vous faites pour me seconder. J'y suis extrêmement sensible.

« Si, comme je le crois, je ne puis rien détacher de mon armée de Madrid sur Séville, je ferai ce que je pourrai pour y envoyer des Espagnols.

« Pour ce qui est de vos transports, je joins ici la copie d'une ordonnance qui est tout ce que j'ai pu faire sur cela.

« D'après ce que vous me mandez, j'espère recevoir à Burgos vos dernières instructions sur la conduite politique que j'ai à tenir à Madrid.

« Une infinité de dépenses se présentent chaque jour ponr lesquelles il n'y a ni crédits ni fonds. Ces dépenses, dune importance majeure et d'une nécessité absolue, ne sont pas de nature à être justifiées selon les formes de la comptabilité; ce sont pour la plus grande partie des frais de missions secrètes pour des intelligences qu'il est nécessaire d'entretenir avec le plus grand soin; plus on avance en Espagne, plus ces dépenses acquièrent un haut deg-ré d'intérêt et procurent des résultats plus avantageux. Cette dépense si essentielle dans une guerre (le la nature de celle-ci, n'a point été prévue, et jusqu'à présent il a fallu, pour y subvenir, recourir à des moyens extraordinaires. Il devient donc très urgent, au moment oii l'armée se dirige sur ?,Iadrid, que le ministre de la Guerre ou que le président du Conseil mette chaque mois à ma disposition une somme de cent mille francs, à partir du 1" avril, au moyen d'une ordonnance régulière. Cette somme ne comprendrait pas les frais extraordinaires pour reddition de places fortes. Elle serait employée en vertu de mes ordonnances spéciales, et sur la quittance de la personne que je désignerais.

« Je vous préviens que je demande au ministre de la Guerre un crédit de deux millions par mois, à partir du 1" avril, pour toutes nos dépenses des Espagnols. Je compte bien que cela n'ira pas si haut. J'envoie au ministre de la Guerre copie de l'ordonnance que j'ai rendue pour rég^ler cet objet.

« Vous connaissez toute mon estime et affection.

« Loris- Anto i.\E. »

LETTRE r>K M. \)K C, H A l 'K A l' lî U I A M». 42:5

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