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<( Leduc de rinfantado est indispensable. S'il avait fui ou avait été emmené, il faudrait encore son nom ; on persiste à croire que San Fernando serait utile aussi, si vos royalistes n'y mettaient pas trop d'opposition; vous pouvez compter sur San Carlos; il nous arrive de Genève dans la semaine et nous vous l'expédierons de suite avec Casa Irujo. Quant à rarchevèque de Valence, si vous ne trouvez pas à le remplacer utilement, il me semble que vous pourriez le faiie élire; nous agirions pour obtenir qu'il se rende à Madrid, et, dans tous les cas, le prétexte de son grand âge suffirait pour justifier son absence aussi longtemps qu'on le voudrait.
« La composition du ministère, les nominations des capitaines généraux, enfin l'administration des provinces délivrées, doit suivre promptement et activement l'établissement de la Régence.
« Monseigneur ne doit paraître en rien dans tous ces actes, mais il faut qu'il les dirige et les provoque au besoin.
« Son rôle de libérateur de l'Espagne doit être, pendant le temps que son armée passera à Madrid pour y prendre quelque repos, de n'en prendre aucun lui-même et de s'occuper de l'organisation et de la niarcbe de la l\égence ; de la réunion d'une armée espagnole; enfin de la soumission successive de toutes les parties de l'Espagne sur lesquelles pourront s'étendre l'action de ses troupes, l'influence de ses agents et de son argent.
« Le premier but de l'entreprise sera atteint, puis- (ju'on aura établi à Madrid un gouvernement opposé à celui qu'on devait détruire; le seconda poursuivre
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par tous les inoyons eu notre pouvoir est la délivrance du roi; le troisième et dernier sera le rétablissement d'uu ordre de choses stable ou h]spagMe. En procédant par ordre et s'occupaiit du second objet de nos ollorts, ou recouuailra que l'organisation forte et la bonne administration do la Régence sont les plus puissants moyens pour obtenir la délivrance du roi et l'abandon de ceux qui le tiennent captif; il sera d'un très bon effet aussi que les ambassadeurs des grandes puissances \ous arrivent bientôt à Madrid. Nous y travaillons de tout notre pouvoir, et le nôtre s'arrangera pour les y précéder, mais de peu de jours.
« Enfin les moyens militaires devront être soigneusement préparés par V. A. R. pour être en mesure déporter lo dernier coup par une expédition rapide sur le point décisif, si l'obstination le rendait nécessaire.
« 11 faut être toujours prêt à arracher, pour obtenir par la corruption, ou la condescendance, ou la faiblesse, ce qu'on désire n'être pas obligé de devoir à la violence.
« Au point où vous en êtes. Monseigneur, il mo semble que beaucoup de questions sont résolues et que vous devez tirer parti hardiment des secrets que les événements vous ont révélés. Il paraît certain que vous n'avez de résistance militaire à redouter sur aucun point ; il me semble également prouvé que partout où vous vous présentez avec une force protectrice suffisante, le sceptre révolutionnaire est irrévocablement brisé.
« Pourquoi n'agiriez-vous pas un peu d'après
cette connaissance, en organisani dans les localités des moyens de conservation de Tordre établi, qui vous rendissent, du moins dans les positions intermédiaires, la disposition de vos forces, pour pouvoir les transporter sur un plus ^rand nombre de points, et étendre ainsi successivement sur un plus grand espace l'expulsion des révolutionnaires, le bienfait de la délivrance?
« Quand nous aurons détruit ou claquemuré Mina, qui empêchera les corps de Moncey de se charger de tout le pays jusqu'à rEbre?Molitor alors ne pourrait-il pas étendre ses deux ligrnes d'opération, Tune vers le Midi par Valence et le littoral oriental, l'autre vers le royaume de Léon et la Galice, en se plaçant à Burgos, d'où il dirigerait toutes ces opérations? Je dis Molitor, parce que je sais qu'il est capable de bien conduire ce dont il est chargé, et quêtant vaut l'homme.tant vaut la chose. Si V.A. R. en a deux dont l'un opère au sud de l'Ebre, l'autre au nord du Portugal, c'est à elle à juger ce qui est préférable. Je me borne à observer qu'après l'occupation de Madrid et l'établissement de la Régence, si tout continue à réussir comme nous le voyons, il faut étendre nos vues, agir d'après ce qui est, en tirer tout le fruit possible, et ne pas perdre notre temps en précautions superflues, qui pourraient compromettre nos résultats au lieu de les assurer.
C'est dans le même sens que Monseigneur aura également à se prononcer sur l'opération vers Séville ou Cadix. Il me semble toujours que la délivrance du roi doit être surtout confiée à l'armée
LinruKs lUi; m. df, villklk. w;
ospagnole; aussi Moiiseij2;nciii' j)()iii'riiil , ce me semble, mander jtoiu' ce motif, et pour leur orj^aiiisaliou en urmée régulière, tous les corps espagnols qui se sont formés sur les divers points do l'Espagne. Lorsqu'ils seront à Madrid, «;t qu'au moyen des fournitures que nous pourrions faire, vingtcinq ou trente mille hommes seraient habillés et armés, Monseigneur ne pourrait-il pas leur donner sous le commandement du général BoLirmont, par exemple, qu'on dit très capable d'une semblable mission, une quinzaine de mille Français, avec lesquels la délivrance de l'Espagne de Madrid à Cadix serait opérée, et probablement celle du roi finirait par être obtenue, sans avoir trop donné au hasard, sans avoir rien compromis de tout ce que V. A. R. doit scrupuleusement ménager, l'honneur de nos armes, la vie des hommes dont le commandement lui est confié.
(( Je livre ces réflexions au jugement de Monseigneur. Il est sur les lieux; il voit par lui-même; il est plus que personne au monde intéressé à la prompte, à la complète, à l'éclatante réussite de son entreprise; nous l'aiderons de tous nos moyens. Je me livre jusqu'à vouloir l'aider de mes idées, il m'excusera. C'est l'entraînement d'un bon serviteur, qui croit que tout ce qu'il a, il le doit à son Roi et à son pays.
« Nous continuons à avoir les meilleures nouvelles d'Angleterre. On n'interviendra nullement contre nous par la force de ce côté; seulement Y.A.R. doit s'attendre à ce que, pour utiliser le séjour de M. A' Court à Séville, et pour dissimuler le dés-
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appointement qu'éprouve le cabinet anglais, il s'entremettra par des négociations avant la conclusion, et profitera même peut-être de lenlrée de Monseigneur à Madrid pour faire des propositions, dont V. A. R. se délivrera en nous les renvoyani, toutes les fois qu'elles n'auraient pas pour résultat immédiat la délivrance du roi et son retour dans la capitale, où il pourrait se prononcer librement sur tous les autres points dont on voudrait traiter dans la négociation qui serait proposée.
« M. le ministre de l'Intérieur est chargé d'expédier M. Matatlorida pour Tltalie, comme il l'avait demandé, ou pour tout autre lieu où il ne puisse nuire.
« J'adresse à V. A. R. un écrit qui vient de paraître sur le marché d'Ouvrard. Je n'ai pu le lire encore; mais je crois utile que Monseigneur juge par lui-même de l'opinion d'ici sur cette partie de son administration; on commence à s'occuper beaucoup de cette affaire dans le public. Je crois qu'il serait utile que Monseigneur consentît à l'envoi à Madrid d'un commissaire spécial pris dans le corps des intendants, le baron Joinville par exemple, qui passe ici pour le plus habile et pour avoir eu de M. Ouvrard des ouvertures assez précises avant son départ pour Rayonne. On profiterait du repos que va prendre l'armée à Madrid et de l'état actuel de nos opérations militaires, pour examiner la question des services à faire et des moyens les plus sûrs elles plus économiques de les obtenir; et après cet examen, V. A. R. laisserait prendre la détermination la plus propre à ménager les intérêts de la France
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et il soulager sa propre respoiisabililé,(lans une nialièro où Monseigneur doit songer à tout ce qui Teutoure et ne pas pei'nietlre qu'on puisse aceuscr qui que ce soit de ceux qui l'approchent, d'amourpropre ou d'obstination. Rien ne sera fait à cet égard sans le consentement exprès de V. A. R. ; mais si elle me le donnait, je provo([uerais l'envoi de M. Joinville auprès d'elle, et je crois que ce serait le meilleur moyen de terminer une affaire qui n'a été évidemment engagée que par le dénùment absolu dans lequel on a laissé l'armée, qu'on peut par conséquent justifier à son origine, mais dont le maintien paraîtra d'autant plus onéreux et difficile à défendre, que l'époque fatale sera plus éloignée, et que les circonstances se seront améliorées.
« Je fmis,j\Ionseigneur, en réclamant votre indulgence en faveur des sentiments de votre très humble et très respectueux serviteur
« J" DE VlLLÈLE. »
CCCLXVni. LE COMTE DE VlLLELE A M. DE MARTIGNAC.
« Paris, le 18 mai 1823.
« Mon cher monsieur, je n'ai que le temps de vous accuser réception de votre lettre du 13.
« J'écris longuement à Monseigneur au sujet de votre Régence. Nous persistons à penser qu'il est indispensable qu'elle prenne sa source plus haut que votre junte.
« Nous sommes d'avis qu'Eguia doit être non seulement ménagé, mais encore bien récompensé, ainsi que M. Calderon. Les gouvernements doivent