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était clair, net et franc; ii était tout à fait conforme au caractère de dignité si remarquable clans le Roi. S. M., comme son Conseil, se résolut à l'adopter et à charger M. de Montmorency d'en préparer les résultais à Vienne, tandis que trois autres plénipotentiaires auraient la mission de les convertir en acte diplomatique cà Vérone.
Mais le Roi, en souscrivant au choix fait par son Conseil, s'était réservé de prendre une mesure destinée dans son esprit à servir de garantie contre les inconvénients qu'il en redoutait. Quand M. de Montmorency reçut son audience de congé, le 29 août, S. M. lui annonça son intention de donner un président au Conseil des ministres et de me choisir pour ces fonctions, en me chargeant de l'intérim des Affaires Etrangères. Cette nomination fut réalisée par une ordonnance signée le 4 septembre.
Le but que se proposait le Roi n'était pas seulement de se mettre en garde contre les tendances de M. de Montmorency, soit à faire la guerre à l'Espagne par la voie souterraine d'une alliance secrète et de secours cachés fournis aux royahstes espagnols, soit à opposer trop peu de résistance aux vues de la Sainte Alliance, et surtout de l'empereur de Russie, qui aurait voulu nous faire marcher à la suite des armées étrangères pour aller soumettre l'Espagne, comme si nous avions besoin d'un pareil secours. Le Roi cherchait encore à donner satisfaction h un désir personnel qu'il éprouvait depuis longtemps. Il se faisait un besoin d'avoir dans son Conseil des ministres un directeur des affaires en titre et responsable, avec lequel il pût s'entretenir tous les jours à heure fixe,
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en sorte que le Moniteur iiisér.Vl à rarticle delà (ïoiir : « Le Roi a travaillé une heure (ou une heure et demie) avec le président de son Conseil. » Il m'était même revenu qu'il se proposait comme avantage d'éviter des tète-à-tète importuns avec les autres ministres; il disait que ceux-ci profitaient des moindresdécisionspourvenirréclamer sa signature, afin, prétendait-il, de le familiariser avec leur présence; il en était qu'il soupçonnait d'aspirer au poste resté vacant lors de l'organisation de notre ministère, que dès lors il avait entendu me réserver, etque j'étais un des seuls, selon lui, à ne pas postuler.
Quoi qu'il en soit, cette mesure fut médiocrement accueillie par mes collègues. Ceux qui étaient pairs y virent un acte blessant pour la pairie. Il faut faire exception pour celui dont la haute situation lui donnait plus de droits à prétendre au titre et aux fonctions qu'on m'attribuait, le maréchal duc de Bellune; il était en ce moment plus occupé du travail de préparation nécessaire pour assurer une bonne composition à l'armée du Roi, et la rendre disponible dans le plus court délai possible, que de prétendre à une distinction qui n'eût été pour lui qu'un vain titre. Corbière, malade le jour où l'ordonnance parut au Moniteur, n'en vit le côté faible que sous le rapport de l'intérêt général : c'était le seul sentiment qui trouvât accès dans cette âme élevée. Il me dit aussitôt qu'en personnifiantle ministère sous un nom propre, on donnait à ses ennemis plus defacihtépour lui nuire. Le Roi, à qui je rendis compte de cette observation, me répondit : ((Votre ami aurait raison si le fait n'avait pas déjà existé avant l'ordonnance.»
40 SEPTKMBRK 1822.
CONGRÈS DK VÉRONE