CCLXXXIV. S. A. R. MONSIEUR AU COMTE DE VILLÈLE
u Jeudi soir 6 mars 1823.
« Je sais, mon cher Villèle, que vous devez voir mon fils demain matin, pour convenir avec lui de tous les arrangements définitifs de la grande opération dont il est chargé '. Je ne vous parlerai pas de ce
1. Le n février 1823, le Roi avait doiiiié des ordres pour que l'armée française entrât en Espagne vers le 2(f mars. Ms^ le duc
qui concerne la partie militaire. Il suffit à cet égard àe presser &i' à' activer fortementlQs bonnes intentions du maréchal de Bellune. Mais la partie politique est ce qui vous concerne. M. de Talaru ayant refusé, il faut faire un autre choix. J'ai pensé que le duc de Brissac pourrait peut-être convenir, secondé par M. deMartignac,et en troisième par M. de Boissel. Pensez-y bien dans votrebonne tête. Monfîlsne proposera rien, mais il acceptera ce qui lui sera proposé au nom du Roi.
« J'ai vu Capelle ce soir et je lui ai parlé avec force sur le détestable esprit des journaux, et sur la nécessité de s'en emparer. Il m'a juré qu'il y faisait tout ce qu'il pouvait, mais que notre ami Corbière avait besoin d'être poussé à cet égard, parce qu'il traitait cet objet avec trop de mépris.
« Ne me répondez pas sur le premier article de ma lettre; mais si vous pensiez que je dusse voir Corbière pour lui parler des journaux et de la garde nationale, écrivez-le-moi tout de suite et je le verrais dans la matinée. Dites-moi aussi si vous avez des nouvelles d'Espagne et d'Angleterre.
« Vous connaissez, cher Villèle, mon amitié et ma confiance.