‹ Mémoires et documents de la Société historique et archéologique de ..., Volume 6Chapitre 27 sur 31 · TOURNENFILS, LES MURS ET REPENT.Y, SIS AU COUDRA Y MONCEAUX · texte numérisé non relu

TOURNENFILS, LES MURS ET REPENT.Y, SIS AU COUDRA Y MONCEAUX

TouRNBNFiLS, d'après de la Barre, était le nom de deux fermes entourées de bocages, possédées de son temps par Martin Chopin, seigneur de Monceaux, et en partie du Plessis-Chenet.

M. Le Paire a écrit, qu'en 135 1, Thôtel-Dieu de Corbeil possédait une ferme à Tournenfils et jouissait du droit de prendre annuellement sept cent trente-deux charges d'âne de bois dans les forêts de la Bierre et de Rougeaux (i).

La dernière ferme située à Tournenfils, appartenant à M. Cochin, a été démolie dans le courant de l'année 1903. Les matériaux ont été vendus 1000 frs.

Le Coudray-sur-Sbine est situé sur la rive gauche du fleuve, presqu'en face de Saintry.

A une époque, que nou6 ne pouvons préciser, les seigneurs avaient réuni en leurs personnes plusieurs fiefs dont ceux des Murs et de Repbnty, lesquels relevaient de Saintry. Les actes établissant les douaires de Clémence de Hongrie, en T318, et de Jeanne de Bourgogne en 133 1, mentionnent qu'à cette époque, les fiefs des Murs et Repenty appartenaient à Regnault de Rbpenty (2).

En 1360, pendant la guerre de cent ans, quelques brigands s'emparèrent par ruse du château des Murs ; des gens d'armes vinrent en hâte le reprendre, mais les extorsions de ces soldats les rendirent bientôt aussi redoutables aux habitants que les brigands, dont ils avaient pris la place (3).

Guillaume le Carlibr ou le Carrelier, écuyer, est dit seigneur du Coudray dans un compte de la Prévosté de Paris de l'an 1471, auquel temps il paya les droits de relief « pour la justice, haute, moyenne et basse dudit Coudray, Repenty y les MurSy Soisy et Bataille, sis en la vicomte de Paris, mouvant de Corbeil > (4).

(1) Hist, de Corheil, Tome II, 351-256.

(2) Le Paire, Hist. de Corbeil^ I, 310.

(3) Hist, du diocèse de Paris ^ par Tabbé Lebeuf, XI, p. 217.

(4) Hist, du diocèse de Paris, par Tabbé Lebeuf, XI-169.

Le compte d'ordinaire de la Prévôté de Paris s'étend davantage à Tannée 147% article Vente de cens c Guillaume Le Carlier, dit c de Saint Jehan, escuyer seigneur du Coudray, tant en son nom « que au nom et comme héritier sous bénéfice dMnventaire de feu € Jehan le Carrelier, son père ; le dit Guillaume et Jehan Joigny, c escuyers, procureurs de damoiselle Mahiette de Bougainville, c veuve du dit défunt, Jehan le Carrelier >.

Guillaume Allegrin porte la qualité de seigneur de Coudray, dans le registre de l'archevêché de Paris, à Tan 1479.

Emery Terceau a comparu au procès verbal de la coutume de Paris en 1580, comme seigneur du Coudray.

En 139; hommage ne lui ayant pas été rendu pour le fief des MurSy Daniel Prévost, en sa qualité d'administrateur des biens de Jacques Bernard, seigneur de Saintry, fit faire la saisie féodale de toute la terre du Coudray.

Jean Tronson, correcteur des comptes, seigneur du Coudray, dès Tan 1^97, en fit hommage Tan 1609, à Jacques Bernard, seigneur de Saintry. Il représenta en 1617 àTévêque de Paris, Téloignement de son château pour avoir permission d'y établir une chapelle domestique.

Le d avril 1637, acte de souffrance fut donné par Jacques Bernard, seigneur de Saintry, à Claire RouiLLé, veuve de Jean Tronson, comme tutrice de Claire Tronson, sa fille mineure.

Un partage intervint quelque temps après, car, en 1629, Thommage fut rendu au Château de Saintry pour raison du fief des Murs et arrière- fief de Repeniy^zx Pierre Champin, seigneur de Roissy le Platry , président en la Cour des Monnaies, à cause de Marguerite Tronson, sa femme.

Louis Tronson, sieur du Perray et Claude de Sève, sa femme, acquirent en 1630 la terre du Coudray, des dames de Champin, moyennant la somme de 70.000 livres ; Louis Tronson, qui était intendant des finances et secrétaire du cabinet du Roi, fit, en 1633, aveu à Jacques Bernard, seigneur de Saintry.

Charles Tronson, son fils, fit hommage de cette terre en 1643 ; le 4 septembre de la même année, Claude de Sève, sa mère, la vendit à Antoine Chevalier, contrôleur général d'infanterie et cavalerie légère ; celui-ci en fit hommage en 1644 et n'en jouit pas longtemps.

Marie Fraguibr sa veuve et ses enfants prêtèrent foi et hommage à Nicolas Le Jay en 164;.

Jacques Chevalier, fils d'Antoine, aliéna cette terre en 1661 à Pierre Rouillé, conseiller au Grand Conseil. Après le décès de ce dernier, elle advint à HUaire Rouillé, procureur général en la chambre des comptes, qui donna son aveu, en 1687, à Alexandre Guillaume Le Jay, seigneur de Saintry.

C'est de son temps, Tan 1683, que fût rebâtie Téglise du Coudray.

Jean Silvain Frbmin, M« des comptes, fit Tacquisition de cette terre, d'un revenu de 3.000 livres environ, ainsi que du Plessis- Chenet, le 4 septembre 174;, de HUaire Armand RouiLLé qui la tenait de son père.

M. Fremin la possédait encore en 1761.

VILLERET ET TOURAILLE

Villeret ou Villeray et Touraille sont situés sur la commune de Saint-Pierre du Perray.

Je ne doute point, dit l'abbé Lebeuf, en parlant de Villeret, dans son Histoire du diocèse de Paris, que ce ne soit « le Villarilius que Tempereur Lothaire^ étant à Bonneuil-sur-Marne^ en octobre 842^ donna à V abbaye de Saint-Maur-les-Fossés : Curtem quœ vocatur Villarilius in comitatu Parisiaco (i).

De la Barre, historien de Corbeil, écrivait, vers Tan 1620, que Touraille était alors une ferme en la censive du sieur de Saintry, et qu'avec Villeret qu'il qualifiait de fief et maison champêtre, elle appartenait au sieur du Pressoir.

Le dernier aveu fait le ^ avril 1784, par Etienne Claude de la Varbnne à M. Stanislas de Clermont-Tonnerre ^ seigneur de Saintry, capitaine au régiment de la Reine, demeurant alors à Paris, en son hôtel, rue du Petit Vaugirard, nous apprend que le fief de Touraille consistait en :

« sept arpens soixante perches de bois taillis et trois arpens de terre labourables, « situés en la paroisse de Perray avec les rentes et cens que devaient lesd. héritages; « sept livres dix sous en argent, deux douzaines de pigeons, deux chappons et « deux poulies de cens et rentes à prendre, par chacun an, le jour Saint Remy,

(x) HUt. du diocèse de Paris, XIII, 148.

ic sur les héritages de la ferme de Touraille, dix sous que doivent vingt quatre

V. arpens de bois taillis en une seule pièce, le tout situé aussy en la paroisse du

« Perray, proche ledit fief de Touraille, avec le droit de justice, circonstances et

« dépendances ».

Jean de Goulard, écuyer, était seigneur de Touraille en 1658. Il tenait ses droits, ainsi que son frère Charles^ aussi écuyer, de Charles de Goulard, leur père, vivant seigneur de Villeret.

Julien Oursin, écuyer secrétaire du Roi, fit Tacquisition de Villeret et Touraille^ le 5 avril 1725. Il rendit foi et hommage à François AvENAT, pour lors seigneur de Saintry, par acte passé devant Hachette et Baudouin, notaires auChatelet de Paris, le 13 avril 1726.

Après son décès arrivé avant 17^6, ces deux fiefs revinrent k Julien Jean Oursin, né en 17 10, écuyer, secrétaire du Roi, son fils, issu de son mariage avec Marie Marguerite Lefèvre, en sa qualité de seul et unique héritier. Il fit hommage à M. de Clermont-Tonnerre, seigneur de Saintry, le 5 mai 1759 (^^•

Julien-Jean Oursin contracta mariage à l'église du Perray le 11 janvier 1756, avec demoiselle Anne-Catherine Davier, fille de Philippe-Elie Davier, marchand drapier, bourgeois de Paris. Le seul enfant, Julien-Philippe, issu de cette union, décéda en bas âge.

Jean-Julien Oursin, seigneur de Villeret ou Villeray, Touraille et autres lieux, décédé le 3 janvier 1774, fut inhumé le lendemain en l'église du Perray (2). Sa veuve, qu|il avait instituée légataire universelle, rendit foi et hommage à la seigneurie de Saintry, par acte passé devant M~ Marsault et Caillois, notaires à Corbeil, le 2 février 1775.

Madame veuve Oursin mourut le 30 novembre 1782, et fut inhumée le 2 décembre suivant (3).

Aux termes de son testament olographe, en date du 29 octobre 1780, déposé à M« Larcher, notaire à Paris, par procès verbal de M« Lerat, commissaire au Châtelet de Paris, du 3 septembre 1782, Madame Veuve Oursin avait institué Etienne-Claude de Va- RENNE, procureur au Châtelet de Paris, demeurant rue du Fouart, son cousin issu de germaine, son légataire universel pour 2/6, soit un tiers.

(i) Minute de M* Mallat, uotaire i Corbeil.

(3) Actes paroissiaux dn Perray.

(3) Ibidem,

Lors du partage de la liquidation des biens de la succession, fait entre lui et ses colégataires, devant ledit M* Larcher le ii décembre 1783, le fief de Touraille fut attribué à M. de Varenne. L'bommage que ce dernier rendit à M. de Clermont-Tonnerre le 5 avril 1784, plus haut relaté, eut lieu en présence de M*' Marsault, notaire à Corbeil.

Nous signalerons ici que par acte devant M» Dupont, notaire à Corbeil, le 14 décembre 1759, Julien-Jean Oursin et Anne-Catherine Davier^ sa femme, avaient vendu la plus grande partie du Grand et du petit Touraille (37 arpents) à Etienne-Michel Bouret, écuyer, l'un des fermiers généraux de Louis XV, seigneur de Croix-Fontaine^ Mor sangs ur 'Orge et autres lieux ; mais il avait été entendu que ce fief de Touraille leur demeurerait réservé, la glèbe du dit fief n'étant point dans la pièce vendue, mais dans un terrain au-dessous.

Il n'est pas sans intérêt de rappeler dans quelles circonstances Bouret fit cette acquisition. On sait que le célèbre financier passait à Tépoque pour être puissamment riche ; il n'était connu dans le monde que sous le nom de Grand Bouret pour le distinguer de ses frères, moins riches ; il était fort protégé par le Duc de Choiseul et connu particulièrement de Louis XV auquel il s'était rendu agréable par sa dextérité dans quelques missions dont il avait été chargé. A son amour pour le luxe, il joignait la manie de bâtir, goût non moins ruineux. C'est ainsi, que pour satisfaire cette passion, et aussi par spéculation, et pour tâcher de rétablir sa fortune déjà compromise, il conçut le projet de construire un joli château, en forme de pavillon à Seine-Port, à l'entrée de la forêt de Rougeaux, dans une position charmante, sur une hauteur. Voici ce qui lui en fit naître l'idée: Louis XV, pendant son voyage à Fontainebleau, poussait assez fréquemment ses chasses jusqu'aux forêts de Rougeaux et de Sénart, qui en sont assez éloignées ; il avait paru regretter qu'il ne se trouvât pas quelque repos de chasse où l'on pût faire halte. Bouret, averti de cette remarque, y vit un moyen assuré d'accroissement de faveur et de fortune, ne doutant pas que Thommage qu'il se proposait de faire au Roi de son pavillon ne fût accepté, et qu'il ne fût royalement payé.

11 ne fit pas édifier seulement le pavillon de Croix Fontaine, mais, par un système de flatterie et de captation envers Louis XV, il fit en outre de nombreuses acquisitions et échanges de propriétés surtout à Villededon et au Perray^ dans lesquelles il fit tracer pour

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lui, et pour l'agrément et le passage de ce prince, nombre de routes et avenues de chasse et de plaisance, aux fins de faciliter et embellir les parties de chasse dans les forêts de Sénart et de Rougeaux. C'est ainsi qu'il fit l'acquisition de Touraiile, le 14 décembre 17^9» de Oursin ; il n'avait besoin que de Tespace nécessaire pour la route.

Louis XV, qui avait été adroitement informé des projets de son fermier général, fut loin de les désapprouver ; en eflFet, sur sa permission, la construction terminée, fut posée cette inscription : PAVILLON DU ROI. Bouret y avait dépensé quatre millions.

Dès la première visite que le Roi fit de ce pavillon, le malheureux financier vit ses rêves et ses espérances s'évanouir sans retour. Car, avec les princes, il faut savoir saisir vite les à-propos ; l'occasion perdue ne se retrouve jamais, tant ils sont d'ordinaire oublieux. Cette première visite fut employée à faire parcourir au Roi tous les appartements dont les distributions et les décorations étaient vraiment royales ; parvenu à la pièce destinée pour le cabinet, Louis XV fut également extasié de la richesse, du goût, des ornements et surtout de la beauté du bureau qui s'y trouvait, mais en faisant l'éloge de ce meuble, il dit à Bouret, d'un air de surprise un peu malin, que quelque chose lui semblait manquer sur ce bureau ; celui-ci pénétrant sans doute un peu tard la pensée du Roi, le supplia de lui dire ce qui lui paraissait faire défaut : c Mais, lui dit le Roi, je n'y vois ni plumes, ni papier, ni encre ». Cette réponse fut un coup de foudre pour le financier, car il avait bien compté que la visite ne se terminerait pas sans un large acquit au comptant (i) et il avait précisément oublié que pour en rédiger un, il fallait absolument tout ce que le Roi n'avait pas aperçu sur le bureau.

Le négligent Bouret, par les dépenses qu'il avait faites pour l'édification du pavillon royal, par ses acquisitions et aussi par sa facilité à obliger, anéantit une fortune de 600.000 livres de rente ; il mourut subitement, en 1778, la veille du jour où son mobilier, saisi depuis longtemps, devait être vendu publiquement. Le désespoir où l'avait jeté l'idée que la tenture des Gobelins, don de Louis XV, qui ornait son salon, allait être ainsi mise aux enchères, désespoir qu'il ne pouvait cacher, fait présumer que, pour ne pas survivre à ce déshonneur, il avait mis fin à ses jours parle poison ; le bruit en courut sérieusement.

(i) On appelait ainsi les bons que le Roi donnait sur le Trésor royal.

Dès le 30 janvier 1775, par acte devant Vergne et de Saint-Paul, notaires à Paris, Bouret, alors administrateur général des postes, demeurant à Paris, Grande rue du Faubourg Saint-Honoré, avait aliéné à Mademoiselle Marie-Louise Leclerc, demeurant au Pavillon royal de Seine-Port, la plus grande partie des biens qu'il possédait dans l'arrondissement de Corbeil, soit la ferme de Villededon et i;i arpents de terre labourable et prés en dépendant, parmi lesquels se trouvaient ceux situés à Touraille qu'il avait acquis Mes époux Oursin. Cette vente eut lieu moyennant 13.000 livres, prix inférieur de près de moitié à celui qu'avait payé M. Bouret. Mademoiselle Leclerc possédait encore les biens de Touraille en 181 1.

La terre de Touraille était anciennement traversée par deux routes, notamment par celle de Varastre, venant de Nandy, qui aboutissait au chemin du port des Sablons^ se rendant à la Seine.

Nous relaterons enfin qu'au nombre des minutes de M« Crozon, déposées en l'étude de M« Delafon, notaire à Paris, se trouve un acte portant la date du 14 juillet 1329, contenant constitution par Guillaume Briçonnet, sieur de Glatîgny et de Villeray, trésorier de cent gentilhommes ordinaires de l'hôtel, sous la charge du vicomte de Turenne, et Claude de Levéville, sa femme, à l'occasion de l'entrée en religion, à l'abbaye de Chelles^ le a^ juillet suivant, de leur fille Anne, en faveur de la d. abbaye, d'une rente de 20 livres sur la d. seigneurie, la vie durant d'Anne Briçonnet, et don de 200 livres tournois et de 8 aunes de velours et 2 aunes de satin, pour faire la robe de véture de la nouvelle religieuse et c après sera convertye € la d. robbe pour faire ornemens pour la d. église ».

Nous donnons cet acte sous toutes réserves, ne sachant s'il concerne bien la seigneurie de Villeray qui nous intéresse, les renseignements nécessaires pour l'identifier nous ayant fait défaut jusqu'ici.

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