LE PRINCE DE CONDE
Henri de Bourbon Il, prince de Condé, premier prince du sang, pair et grand maître de France, à la sollicitation de
M. de Champlain, voulut bien donner sa protection à lentreprise de la Nouvelle-France après la mort du Comte de Scissons. Il fut nommé Vice-Roi le 20 Nov. 1612 et, comme son prédécesseur, il choisit M. de Champlain pour son Lieutenarit, lui conférant par là, dit Poirson, le gouvernement militaire et politique, et de plus, l’intendance ou ladministration civile de ces pays, et lui donnant charge de former une association entre les personnes qu’ils jugerait le plus capables de servir à la fois la colonisation et le commerce. Champlain établit en peu de temps une nouvelle compagnie pour régulariser le commerce et les travaux d’établissement. La faculté d’y entrer, au moment de sa formation, sous la
scule condition de contribuer au capatal social, fut offerte non seulefnent à tous les marchands du royaume, mais encore à tous les bourgeois et à tous les nobles, puisque Champlain et deMonts, qui faisaient partie du corps de la aoblesse, en devinrent membres et que de Monts donna procuration à Champlain ‘ de le faire entrer dans ces sociétés de telle somme qu’il adviseroit estre bon pour luy,” La compagnie, une fois constituée, devait avoir le privilége exclusif du commerce de l'Amérique en ce qui concernai! les castors et autres pelleteries,.
Après la mort de Henri IV, assassiné en 1610 par Ravailire, il s'était formé des factions à la cour de France, à cause de la faiblesse du nouveau gouvernement. La Reine Marie de Médicis avait été nommée Régente cet Concini, nommé Maréchal d’Ancre, exerçait sur elle un grand empire. L’alliance de Louis XIII avec une infante d’Espagne augmenta ie mécontentement. Le Prince de Condé avait rendu publics ses griefs contre l’état de choses d'alors, dans un manifeste violent qui attaquait surtout le Maréchal d’Ancre. Il fut arrêté le ler Septembre 1616, au milieu du Louvre par Thémines qui fut alors nommé Maréchal de France.
Cependant, Charlevoix semble penser que Thémines ei Condé agissaient de concert. H] se trompe vraisemblablement, au moins il est en désaccord avec les autres historiens, lorsqu'il dit: “ Le prince croyait faire beaucoup en ‘ prêtant son no%m; d’ailleurs, les troubles de la Régence,
. qui lui coutèrent aïbrs la liberté, et les intrigues qu’on fit
‘€ jouer pour lui ôter le titre de Vice-Roy et pour faire révo- ‘ quer la Commission du Maréchal de Thémines, à qui i} ‘ avait confié le Canada pendant sa prison.”