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Momie humaine dans son cercueil

Long, du cercueil 1,850. Long, de la momie 1,560.

La religion des anciens Égyptiens proclamait une grande et fondamentale doctrine : celle de l'immortalité de Tâme. L'âme devait, après avoir été reconnue pure de toute souillure, rejoindre son corps et l'animer de nouveau pour jouir des félicités d'une existence sans borne. C'est cette croyance qui, jointe à quelques raisons sanitaires, semble avoir fait naître l'usage d'embaumer les dépouilles humaines qui peuplent en si grand nombre la vallée du Nil tout entière.

La présente momie a le visage accidentellement mis à découvert, mais le reste du corps est encore enseveli sous ses bandelettes et dans son linceul de lin qui, malgré le peu de rareté relative, sont encore d'intéressants spécimens de l'art de fabriquer les tissus, il y a plus de deux mille ans.

Le cercueil, construit en bois et orné de peintures appliquées sur une enveloppe de toile que recouvre un enduit particulier, dessine, suivant un usage qui ne remonte pas à une antiquité bien reculée, la forme du corps humain. Le masque qu'on y voit sculpté et peint de couleurs naturelles, porte au menton un trou où ét^iit fixé un appendice aujourd'hui brisé.

La tête est coiffée du clcift; les épaules et la naissance du

DES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE d'aIX 251

COU sont recouvertes par un pectoral, ou large collier. On remarque enfin sur le crâne, au haut de la poitrine et sur les pieds, les images de trois déesses ayant des ailes éployées.

La scène du jugement du défunt est figurée deux fois vers le milieu du torse; on y voit de part et d'autre la balance affectée au pèsement de l'âme et auprès de laquelle se tient le singe cynocéphale, symbole du parfait équilibre. Ce double sujet présente en outre, suivant la coutume, d'abord l'image du mort lui-même, puis celle d'Osiris, d'Horus, du dieu Thot, etc.

Sur les parties du cercueil qui correspondent aux flancs, sont représentés, au nombre de huit, des divinités ou des génies funèbres.

Tout à fait en bas, des croix ansées ou nœuds symboliques, alternées avec le sceptre fam plusieurs fois répété, forment une ingénieuse frise décorative; enfin, au-dessous même des pieds est figuré le bœuf sacré emportant au galop vers les montagnes d'Occident la momie au-dessus de laquelle voltige son âme ou sa larve, sous les traits d'un oiseau androcéphale.

Tout le reste de la boîte est rempli par des colonnes d'hiéroglyphes dont le texte se rapporte aux morts en général. Ces hiéroglyphes se prolongent des deux côtés, au-dessous du cercueil, jusqu'à un espace compris entre deux parallèles allant de la tête aux pieds. On voit dans cet espace la représentation en grand du symbole tat, faussement appelé nilomètre et dont le sens mystérieux n'est pas encore bien expliqué.

Le nom du personnage enseveli est Ptah-irt-tis ou Ptaliiri-dis; son père s'appelait Zed-har (ou a/iou); sa mère, la dame S'ep-en-hor,

Cette momie, avons-nous dit, n'est pas d'une bien haute antiquité; elle est certainement postérieure à la XXII® dynastie.

(Don de M°^® de Bourguignon de Fabregoules, 1862).

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