a Beaucoup de bakhshtsh I
2. Ces deux croquis sont conservés dans un des albums de Devéria, au Mus'te du Louvre. Fatma était une almôc du Caire qui ofifrait un f()rt beau type pharaon iquç. — G. M.
Jeudi 23 janvier. — Aquarelle et crayons de couleurs, Fatma assise et tenant un tarabouka; le soir, visite à M"»^ Chaillon.
Vendredi 24 janvier. — Embarquement de la bande Gérome, déjeuner à bord de la Kokana. Visite à Mariette avec Chaillon, Lowick et Dubert; visite d'adieu à la Kokana.
Samedi 25 janvier. — Croquis, consulat, poste, pas encore de lettre. Croquis, aquarelle d'une femme en pantalon rouge. Vis ite à Ma riette. Com munication de M ariette : Râ-smn/-kâ = (^jj^ jj Apapus = (q^°^ 0*"°j. Acquisitions pour le départ, embarquement, dincr ii bord. Payé à riiôtel Auric pour 11 jours 122 f r. 50 et 5 fr. de service.
Dimanche 26 janvier. — Rencontre de la Kokana attendant Valentin à Torah, partie de chasse et visite de plusieurs magnifiques carrières; dans Tune d'elles, restes d'inscriptions démotiques. Retour de Valentin; départ pour Bédréchîn où nous attendrons demain nos lettres, que doit nous apporter Mariette; nous visiterons Sakkara et Abousîr par la mémo occasion.
Lundi 27 janvier, Bédréchln. — Arrivée de Mariette vers 4 heures, rendez-vous pour demain au point du jour pour aller à Sakkara avec lui.
Mardi 28 janvier, Bcdrcchîn. — Nous montons h cheval au lever du soleil après avoir pris le thé, nous arrivons à la maison du désert vers dix heures. Visi te au x tombeaux des environs et particulièrement à celui de n n ^ qui est merveilleusement beau; c'est un monument d'ancien style qui contient de magnilîquos scènes agricoles, etc. Déjeuner somptueux sur le Mastaba. Le singe de Mariette nous embrasse tous; il se permet dos gourmandises et un petit fellah lui dit immédiatement : « Innâal abou-k, » (Maudit soit ton père.) Le Sérapéum illumine; tombe do Bakcnranw, tombe
de Campbell. Départ pour la Haute- Egypte vers six heures, bon vent, admirable soleil couchant.
Mercredi 29 janvier. — Nous descendons à terre pendant que la barque marche à la corde faute de vent; Rondeau tue un canard et moi trois alouettes; le vent se lève un peu après midi et nous continuons paisiblement notre navigation. Le réls, me voyant faire un croquis, me demande de portraiturer tout l'équipage.
Jeudi 30 janvier. — Promenade à terre pendant qu'on marche à la corde; quelques coups de fusil. Le vent reprend, nous passons devant Benisouef et Téquipage demande Bakhshish. Réponse : Mqfish (il n'y en a pas).
Vendredi 31 janvier. — Promenade à terre après le thé; je tue sept pigeons d'un doublé. Rondeau se fait attendre pour repartir. Après déjeuner grande coupe de cheveux de Roquigny; nous entreprenons sa tête à deux, mais le patron coupe plus court que moi. Étude du réls Aboudallah; croquis de barques à la voile; avant souper, esquisse d'un soleil couchant. Le soir, comme toujours, deux parties d'échecs.
Samedi 1"^^ février. — Promenade à terre jusqu'à un grand village entouré de dattiers, où nous trouvons des danseuses les yeux peints, couvertes de sequins et portant les plus vieilles un grand anneau passé dans la narine et pendant jusqu'au menton. Elles se tenaient dans deux cafés arabes près du Nil. La maîtresse d'un de ces deux cafés, où on nous offrit VAcqua-Vite, parle italien; c'est une femme du Caire qui a dû être belle. Nous rentrons à bord ; notre cuisinier tombe i\ l'eau pour ne i)as passer trop près de moi, heureusement qu'il sait nager. Croquis de quelques barques et d'un matelot. Nous arrivons ce soir Ji Miniéli et le thermomètre marque 20 degrés à neuf heures.
Dimanche 2 Jé.^rier. — Pas de vent, n^u^ mnrchons tout
le jour à la cordelle; nous descendons deux fois à terre et arrivons en vue de Béni-Hassan.
Lundi 3 /écrier. — Rencontre de la KoUana. Accueil froid de ces messieurs qui viennent cependant nous voir ù bord. Le vent se lève; on rentre en barque; ces messieurs cassent leur petit mat qui se trouvait embarrassé dans la voile d'une autre barque. Nous les dépassons de beaucoup. Composition à notre bord d'une lettre pour les engager à venir goûter de la queue de crocodile à la sauce aux scorpions!
Mardi 4féorier. — La Kokana nous rattrape après avoir réparé les avaries de sa mâture; nous nous rencontrons de nouveau avec ses passager-s. Le vent se lève, le Nil ressemble à la mer. il a des vagues et nous avons du roulis. Rondeau tire le premier crocodile que nous apercevons. Nous laissons la Kokana bien loin derrière.
Mercredi 5 fécrier. — Aboud-allali cite un proverbe arabe : Celui qui cole un œuf vole un chameau. Il nous dit que les génitoircs du crocodile se vendent une guinée; on en fait des bonbons en y joignant une quantité d'épices, et on leur attribue une vertu m^ervcilleuse à l'usage des vieillards ou des hommes débilités par suite d'excès. Il ajoute môme qu'un homme, ayant eu l'imprudence de manger cette Srie ni ''''""^'' «""Plement cuite sur le gril, on fut obligé îi rlmi?'^^' ^^""^"""^ plusieurs heures dans le Nil, parce que ittteTv •'''''* ^'°'' ^^*^^ ^-êussi , et qu'il mourut des suites do « ui est T"^'"'^- ^'•"vée à Siout; promenade dans la ville oonsulai^^"" *ÏÏP ^'"^ P'-opre que le Caire; visite à l'agent ZTCllZ^t ^r'^ ^^i est Copte et nous offre le chibouq Sarçon d' aY"^ ^•''^ d'esclaves : jeune fille, femme et jeune ioguineV» ^^f'^ ^ ^«ndre, on demande de la première « ^®^S' de la seconde 15, et du troisième 10 ou 12.
à Z^t! ^'^^"''''' — Vent dôs le matin, nous n'allons pas
TiOTES QUOTIDIENNES 331
Vendredi 7féoriei\ — Aboud-allah nous raconte iqu'il est très facile de se procurer des esclaves en Abyssinie; pour y arriver, les gens qui en font commerce prennent des dromadaires bons coureurs, puis ils s'emparent des enfants et des jeunes filles qu'ils trouvent un peu éloignés des habitations, et se sauvent bride abattue emportant leur capture. Ces gens vendent leurs esclaves deux ou trois napoléons à des marchands, qui .les revendent Ji Siout ou au Caire. Arrivée à Menchiéh, puis à Girgéh, où nous entendons un chœur de chants religieux dans une mosquée; les chanteurs étaient accompagnés de cymbales, tambourins et battements de mains, le tout fort discordant. L'une de ces mosquées a une belle porte d'architecture arabe. Nos matelots prennent des courges énormes dans un champ; ils disent : « C'est ce que produit la terre, les prendre n'est donc voler personne. »
Samedi 8 février. — Navigation paisible.
Dimanche 9 février. — Arrivée à Kénéh à huit heures du soir; c'est la fête d'un grand saint du pays. Nous nous empressons d'aller à la ville pour voir la fête, qui doit durer huit à dix jours et autant de nuits. De loin, nous apercevons sur le ciel obscur les sillons lumineux do quelques fusées^ témoignages de la munificence du vice-roi. Nous arrivons dans la ville, ou plutôt dans le cimetière, où ont lieu les fantasias de tout genre. Une petite mosquée funéraire et un ou deux tombeaux de saints sont illuminés à l'intérieur. Quelques fidèles s'y réunissent pour prier : parmi eux sont les hadjis et des descendants de Mahomet reconnaissablés «^ leur turban vert; les autres assistants revêtus de longues robes jaunes ou rouges et coiffés d'énormes turbans blancs paraissent être des prêtres ou de grands personnages. Aux environs, des derviches font le zikr et chantent les louanges d'Allah, en accompagnant leurs cantiques monotones sur une sorte de grand tambour de basque. Non loin de là, les cafés, installés dans des espèces de baraques ou sous des tentes^
, ^„tent un caractèt-e tout différent : là j^„ ^'™ent assis sur des raattes ou sur des kafi^ '':^^^^^rn. .^ vorï»eivt » prennent leternel br^f, ' ^"i»ient û^,
^^^^J^t une musique dont eux seuls 3^^7''^8<^ <îe "0" „;" 'w"m2 ou plus généralement regardent a a'n'"' ^-^PP^e^.^r U ?Ji dernières ont la pe^u Pl^s ou moins co^/ ^^^ «'^c'e ' ^aos même sont noires ^ f"^ P^'-tont dos vét/^^' quel<jue, T Z<^ variées qui ne brille"* pas toujouJ^^^^^^ents de Vl ''"irment belles, eues sont niên^e laides p'i^^^^ la frafch!?"- ;:orrtraits ont souvent beaucoup do cn^aeTèi" ^^^^^4 mï^ IrTcore le collyre dont elles se peig^^^ ^^^^^ ^1^ augCn,
^la tôte un tarbouch orne d'un énorm? T^^'^- ElC "*^ :urmonto d'une sorte de calotte en m/tT^ f,"^ ^^ Se'el ^te coiffure, leurs cheveux et leur poitn '"^<^l>ô ot d ?' ^oJvcrts d'une quantité de sequins do^'^Ti! ««Ht on^^^^;:^ douteux. Tout cela, joint à une ceinture 4 ''':« ost pu.r'? triangulaires en argent et aux crotales de c ' ;^^^ ^'«muLT'' laehent aux doigts, produit un singuHe,"^ .^^e qu'o„e ",*'T rto leurs mouvements. I^eur danse se cotnnol '^''^«s à chn. Jfune sorte de frémissement presque co:^^Ï^^J o..clusi^^;^';^« euose d'obscène, mais rien de séduisant. An'/' ^^^'-^qu^on do temps à autre se coUrber en arrière en î^^î"^ «^ven^?,''^ avec quelque grâce. Ce «ont la cependant c^f *^^t leursl. ^ parables, chantées par tous les poètes orien? ^^"""^^^^ ino^ ^^ lUt eux, joignent à la V^^^ <ie. fon^'^^^.^-^' et q, r^^^^" fom de volupté. Pour f ^'^Jî^^f^ns ,,%^n si dou^'p^;;';:
fum oe voiupi«. rour t.-"-«-- — . u.ir co singulier assemblage de dévotion ti-ouve encore des divertissements d'i
ne sont pas ce que la population apprécie le moins. Nous rentrons à notre barque vers onze heures du soir, après avoir visite presque tous les cafés avec obligation de faire dans chacun une nouvelle consommation.
Lundi lOféorier. — Nous partons de bonne heure pour Dendcrah, sur l'autre rive. Les pylônes du temple sont presque entièrement détruits; ils paraissent avoir été construits en briques cuites, au moins dans les parties massives, La porte en pierre qui les séparait est malheureusement fort endommagée. Passant par cette porte, on arrive au temple sur le sol antique, préservé de Téboulement des terres environnantes au moyen d'une double muraille de briques crues construite avec des épaulements par les ordres de M. Mariette. Le pronaos, dont l'entrée était encore encombrée il y a deux ans, est aujourd'hui dégagé autant que faire se peut. Les belles colonnes à têtes d'Hathor dont il est orné présentent un aspect véritablement grandiose; leur fût a sept mètres dix centimètres de tour à la base et leur hauteur est proportionnée. Elles sont couvertes de sculptures ainsi que les parois de cette première salle. Ce pronaos est séparé du sanctuaire par une seconde salle non moins ornée que la première, mais moins grande et moins éclairée. Le sanctuaire est, comme d'ordinaire, enfermé, enveloppé, si l'on peut s'exprimer ainsi, dans une troisième salle qui ne laisse autour de lui qu'un assez étroit passage. Ces dernières parties du monument ne le cèdent en rien aux autres pour la richesse des sculptures. En 1859, lorsque, grâce à l'hospitalité amicale que m'offrit M. Mariette à bord de son vapeur sur le Nil, je pus visiter une première fois ce beau spécimen de l'architecture sacrée en Egypte sous les derniers Lagides et les premiers empereurs romains, les déblais si habilement opérés par notre savant explorateur de la terre des Pharaons étaient alors en voie d'exécution, et je ne pus pénétrer autour du sanctuaire que par des jours réservés dans la partie supérieure do la cens* truction; maintenant, au contraire^ c'est avec une vive satis-
^^-rBS QUOTIDIENNES
^^iiniiner en détail toutes les sculptures
qu'on pc^J*^ ^-^^x^r de Védifice, des salles latérales et
2orent rin*^* X^scurs qui entourent rAdytum et où
lux couloir^ ^ ^'étroites ouvertures qui devaient être
pénètre qao t^ ^
) secrètes. ^ ^ ,jj^fiervers une heure de raprès-mîdî, puis is rentrons cI^^J -j<;cnéli; nous allons porter nos lettres à repartons pov^ •^ ji'i'*'^^^^^' ^^ négociant copte, qui nous
it consulaire ^^ ^^f; nous offre la pipe et le café. De là, ) parfaitemerx '•^ ^ ^^x,^^ ^^ ^^^^ ^^^ nous n'avons vue que de allons voir d ^^ -^ 43ïits étaient à peu près les mêmes, mais Les divertis^ ^^^ ;^nt ^"^ ^'^^^ ^^ ^^ devix cafés. Celles mées ne dai^^^^,^^^, de môme que les plus jolies Pariions rcncont. ^^^^^^.,^-fc pas à la lumière du soleil, le douteux es, ne gagnai ^^ portant môme avec desavantage. L'une ar propreté jl*^^^^viI>î^^"^ ^^^ ^^^^^^P*^^"^» avait, avec sa s, cependant >- ^iij>olles dents du monde et des yeux qui noire, Icspl"»-^^ ^o q^^elquo charme; c'est une heureuse, lanquaient pîv^^ iSfous allions retourner u notre barque
rare excepU^^^ ^^é^ H^^^ ^^^ ^'^^^ ^^^ cavaliers, armés de me notre gui^^ î^e ^^ ^^^^^ ^* ^^^ passaient à quelque s bâtons en ^^^ \a^ ^^^^^^ ^^^ villages environnants qui ance C'étaient ^ grande fantasia équestre. Ces hardis
lent donner »^^nt K^^ ^"^'^^^^^^^^^^^^^^^s par leur ample vers, qui rappe?^ ■- ^^r la fierté de leur maintien, se divisent [urne autantqi^^ ^j^xicent leurs chevaux au galop et s'ardoux camps p«-*^ *^ quitte a ensanglanter la bouche de leur cntbvusquemc^^^^t^ duelques passes simulant un combat, .nture; enfin, î^ X^^^r^i*^ ^" ^^>:" ^if'^ ^' t^^^^ et tournent posent une eK<^^^, de manière à fornjer un cercle parfait, Lr deuxmrc^^^^n^ ^"^ sens d abord, puis dans l'autre; ^ \^nU nn ^«ilo^^ ^ ^ rti^^^^""^ ''''^ poursuite et plusieurs fois 'TnuoT ils rrc/^"^^^ ^"^' d'excellents cavaliers, et leurs S Xes exercl^^;;.éaiocrité de leur taille, ont une vivacité
c^hevaux, malgrél^^ merveilleuse et u^^
icercv*-^^,.--.é^ * "*' "^"^ vivaciie
Agrél^ 0,im^^ ^^^^^ surprenante qu'admirable,
au milieu des nuages de poussière dorée que soulèvent leurs pieds. Nous remarquons encore, dans la fête, un escamoteur à la mine satanique, secondé par un petit compère fort intelligent ; il faisait exactement les mêmes tours que ceux qu'on voit dans les foires des environs de Paris. Mangeant du papier que le gamin lui faisait avaler à grand renfort de coups de bâton sur le dos, il tirait de sa bouche quelques instants après un long chapelet de fausses monnaies enfilées. Les mettant ensuite dans une boito à double fond, il en tirait des serpents ; il escamotait une pièce, se la tirait du talon, avait l'air de la faire avaler à l'enfant, puis, retroussant la chemise de ce dernier, la reprenait, coram populo, je ne dirai pas où! Il coupait aussi le nez de son gamin au moyen d'un couteau échancré ad hoc qu'il lui plaçait sur la figure comme un lorgnon de fashionable. Un autre faisait des tours de cartes, montrait le livre magique où l'on voit tantôt du papier blanc, tantôt des oiseaux ou des poissons, etc., suivant que l'opérateur a soufflé ou fait semblant d'écrire sur la couverture. Ce livre inégalement coupé sur la tranche est bien connu des enfants; celui-ci était certainement de fabrique orientale ainsi que les peintures qu'il contient, mais presque tous les autres objets, au contraire, m'ont paru venir d'Europe.
Mardi llfécrier, — Calme plat.
Mercredi 12 fècrier, — Promenade dans un magnifique bois de dattiers appelé *Araba; croquis, aquarelle d'Achmet, notre chiboukdji et domestique d'Aboud-allah.
Jeudi 13féoricr. — Arrivée le soir à Louqsor; rencontre d'un marquis français fort aimable; promenade nocturne à Karnak par un splendide clair de lune; déblais de Mariette. Ils permettent de parcourir le grand temple dans toute sa longueur sur le sol antique, et d'apprécier dans leur ensemble les dimensions colossales du monument, de la salle hypostyle en particulier.
Vendredi léféorier. — Toujours pas de vent, ou plutôt
vent contraire; il est chaud et souffle du Sud-Ouest; le thermomètre marque 30 degrés. Nous passons le soir devant Bayadiéb, avançant bien lentement à la corde. Lèvent ayant tourné après un repos, nous remettons à la voile vers dix heures du soir et nous arrivons à Erment pour y passer la nuit.
Samedi 15 février. — Promenade à Erment, visite d'une belle fabrique de sucre; deux heures à la barque de Maunier, à Matanéh '.
Dimanche 16 février. — Très bon vent, nous passons Koum-Ombo. Notre timonier descend à terre pour passer la nuit dans sa famille et nous rejoindre demain à Assouan. Le réis prend sa place, mais la brise devient plus forte; il se trouble, prend peur et, après quelques commandements d'une voix mal assurée pour faire carguer les voiles, il se met à pleurer et pousser de lamentables gémissements, ce qui trouble et interrompt notre dîner. Nous restons au piquet jusqu'à dix heures et remettons à la voile. Hier, Maunier nous raconta que le vice-roi ordonna Tannée dernière h un de ses moudirs de prendre un de ses bateaux à vapeur, et d aller lui chercher des émeraudes dans ces fameuses mines de la Nubie dont on parle depuis la plus haute antiquité. Le moudir obéit; il arriva dans une contrée où il ne vit que sable et granit, pas la moindre pierre précieuse! Il revint donc les mains vides vers son maître et seigneur et lui dit : « Il y a certainement là beaucoup d'émeraudes, c'est un fait palpable et connu de tout le monde, mais, Altesse, elles ne sont pas mûres (en bon français, elles sont trop vertes, etc.). » Le pncha ne se tint pas pour battu, et cette année, le Nil ayant fertihsé les terres outre mesure, il jugea que les émeraudes
emploi.-?' ^^«nier citait «« ^^^^^^^ établi à Louxor, et que Mariette pmnier '^"^'^«^ Pour surveiller les fouilles : c'est lui qui signala e -^-ïhhXT ^^^e v^t'a plus loin, la découverte du cercucl de la
devaient être à maturité et donna ordre au même fonctionnaire d'effectuer une nouvelle expédition. Celui-ci n'est pas encore de retour, mais on assure que Saïd, le prince le plus éclairé de l'Orient, l'attend avec une vive impatience, bien décidé à le destituer si cette nouvelle tentative est infructueuse.
Lundi 17 f écrier. -*- Arrivée à Assouan. Déjeuner et promenade à Philso. Quelques belles Nubiennes, d'un village situé au-dessus de la première cataracte, nous vendent leurs colliers et nous offrent toute leur parure, qui est très compliquée. Leurs pendants d'oreilles, fort pesants, sont soutenus par de fines lanières de cuir tressé, qui leur passent sur la tête, leur retombent derrière le cou et se mêlent avec leur chevelure. Elles portent en outre une espèce de médaillon d'or sur le front et souvent un anneau passé dans la narine, avec de nombreux bracelets; elles entassent jusqu'à quatre et cinq colliers de verroterie et métal. Rondeau monte à dromadaire; Roquigny est indisposé en rentrant. Il est question le soir d'aller jusqu'à Ouadi-Halfa. Nous voyons des danseuses, qui nous paraissent plus propres et plus habiles que les précédentes. Nous nous proposons de les faire danser demain soir.
Hardi. 18 février, — Croquis, aquarelle d'Hamida> danseuse d'Assouan'. Après déjeuner, nous remontons la cataracte dans notre sandal, avec deux rameurs et deux autres matelots du pays. On peut seulement de cette manière se rendre compte des difficultés de la navigation, au milieu de cet énorme bouleversement des roches granitiques polies et brillantes au soleil comme de l'acier, arrondies et rongées par l'action indéfiniment prolongée des eaux, entassées les unes sur les autres comme par la main de quelque géant créé par la poésie orientale. Au milieu de ces blocs de syénite, on
1 . Ce dessin est conservé, comme tous ceux dont il sera question par la suite, parmi les papiers de Devéria. — G. M.
BiBL. ÉGYPT., T. IV. 2ft
vochers plus anguleux qui resseraoïeixu » ^.x ^^S .^ggjjt être le produit du grès fondu par quelque
^^^ ^j>^'*'^* i observé, principalement dans les roches gra-
ba^ltfi ^,^^i' -^^ 2s au-dessous du niveau de l'inondation, des obénoi** r^a^^.^ g qui atteignent parfois près d'un mètre de I... .,/»<* ^^ -* ^m,^^ ■ A'^UnrA nii'ilsî r>oii-vîi.iftTit avoir été nro—
remarcL**^ -^^*y*^i observé, principalement dans les roches gra-
trotts <^'^*' J'^-^ottement prolongé de fragments mis en mouxr . ,^ , -f r XQjfents primitifs, qui creusèrent la vallée
tiitiq^
^ue^ *\ji1^'^^ensais d'abord qu'ils pouvaient avoir été pro-
,. ^fetr^- X^^ îiVs torrents primitifs, qui creusèrent la vallée
'isV^^ 'tr \ ut nombre est trop considérable pour qu'on
^^tt^etvt l^^^^^i^ \^ir à cette supposition ; il est plus naturel de
^^ ^\\, ^^^^"^^^3. i>^^ ^^^^ autre origine, dont l'état actuel des sur-
*^-sse "^^^^^^y^ ^^t^être l'explication. On remarque, en effet là,
^^^geï ^\^^ 0^ P^^ jïionuments, que toutes les parties de la brèche
^^^esàot^^^^^^^^^^^^ent submergées par l'inondation, ou seule-
^ xsc^^^^ ^ *J*^ ^ Vh^roi^^^*^*' se désagrègent successivement
^ s^ ^^^ ^ cy^^^^ g^leil ou delà sécheresse. Or, on conçoit faci-
^^ ^t ex ^^^ ^t> !i^^ dégradation doit être plus considérable dans
soosV«^
qixat^A *^^ x:*.^ ^ de^®^^^* ^^^^ grand, l'action doit se trouver
^^ pourtc> ^^-^o ,^ et par suite plus considérable. Quaat au
le récep ^^^X^^^ ei^^^^^*» ^^^ courants se croisent en tous sens,
plus pro ^:>^\yxs!à violence extrême, et notre barque a fait en
fcÏÏ^vent^^ti;^^^^ droits des tours de valse qui n'avaient rien de
<jueJques 4^^^^ <i dit même que Vannée dernière, un Anglais,
ra^ssurant ^ ^^ -par bravade se mettre h. la nage, fut jeté contre
&ya,nt vo ^^ ^^ ^^rit immédiatement. Nous revenons à Assouan
un rocij ^^^^ ^ tour d'Éléphantine. Le soir, nous allons chez
^^ ^^is^Y^ ^ ^ XïOixs faisons danser avec une de ses semblables
Hamiij^ \^ -^-^ ^-»cs V^"^ t^*^» ^^^ intermèdes sont occupés par du
pourcjj ' ^^r:^^^ tôt une sorte de glapissement peu harmonieux
chant Q^ *,^^^^ l^tï^^^- L'orchestre se compose d'une espèce de des (Jeu ^f^^^^^^roite et de deux taraboucas. L'un de ces deux longue ^ ^^^>'^^ ^v\^^^^^^ ^^* tenu par la mère de la danseuse.
'''^■'^^ <*Oo-
Les deux autres musicien "^'^^'^*Es
moitié du genre humain A ^^''t^^iti,^
chestre et notre drogmâr. **^*^^ il i""^"* * la plu derrière la porte. Bien q J"^ l'^^t imp/îf '* t '"^^^'^ et de vivacité que celles de ^^""^ ^«'«xSo^lfj^^«"'ent ^^ teindre H la perfection, et i i ^^*^'^«''. /oui 2."'^'"^ a meilleures conditions poslj, ,*^-^' ^*^n de i '1?^" «^Uo -^ pas merveilleux. P*^^^»l>io« j^o»r -s W^e^ '"^ Ï"
Mercredi 19 février. - r , '^^'^'''' ^-^*^
'ercredi Î9 février - j- '^
endormie sur le pas de *!. /^'^^«««'•e «o/^o ,; de se réveiller à mon Lsîn " ^'°"'^' "^-'^ X "^^^ dans son taudis; je m'rdéelSo'f ^'" ^ -^^S-*-^-^*/-' ramesside. ^ «eczcZo j^ou^- dossTijer^^ ''^*
Jeudi 20 février iv« ^
la iournée. mais le vent 'L^r^o^Zf '^'^---" ''- •
ayant besoin de se livrer à toutes ses; -r ^' "'^^"'^ '''-^ «u voyage de Nubie, nous avoTfs-Xr/""""" --^-tivo« Nous arrivons ce matin à Kouin Oin/ ""' ^^^" ^"^ "'^"'" ruines; je rectifie une lecture de. V "*' "^"" visitoz.. ttces de Champollion sur le petrr;.;"" P S ^ WV Ç^
les deux légendes et non une chouet'e ^ ^ ^^ ^ on^rl^rnSeTa^ gr^t^^ ^" ^^^ '^ ^^^^^^^^ ^^'^^ ^
d'Ombo au^sonfr °" trois petits villfig^s voi^» *X^
rabirLà'aucu;^^^^^^^^ -" do^l^lus nn^-^
et un four construit -'i """^ ^'^"' '"' " l^roy ex- la fari r^ jfl
enfants sonrenSem^nt nT^ ^^^^^^P-^'^^^''^ >« P->"- ^^2
<ïuelques bijoux ;t^^;'^^^^^^ xna.s Ye. te«.,^e, oSt encO*'^
Vendredi 21 fèvrinv tm^
De Kecan^în ne vient pas à notre bord, et le soir il se fait encor-ô -tirer 1 oreille pour venir prendre un punch, mais grâco â ia courtoisie de Rondeau, on se quitte aussi bona amis que. l'épicier et les trois gendarmes, avec invitation a prend.i:'^ 1^ café demain.
Sarr^&^^i 22 fécrier, — Nous allons à l'heure convenue (huit l:iô«J.res) abord delà Kokana, et nous trouvons tout le mon<lo iz>X ongé dans le plus profond sommeil. De Requin no paraît cr^ ^u^o le dernier à table sur le pont, mais il disparait le prerrm £ ^r. Nous nous promenons à Assouan. Je fais poser pour- unL ^ou une petite Nubienne. Quelques instants avant de r^ou.^ x-embarquer, nous découvrons la négresse la plus accomï> 1 i^ qu'il soit possible de voir. Jeune et jolie, elle n'est pas cIlx -fc<3ut vernie à l'huile de ricin, et ne pue en aucune maniôr*^ - Son nom est Zapliira et sa demeure est des plus urinai ti"^'"^^^ : quatre murs en terre forment une cellule sans autr-o jo:>«-:i.x' que la porte, à peu près couverte de djérids de datti<3r-^=^ ^i^r^ guise de toiture; un grabat malpropre, une caisse de boisj <3^ <^nLt la clef en cuivre est suspendue comme ornement à sa coi^ fï'mj.r'e, un couteau et un mauvais petit miroir forment tout i'fi,:B::M::».<3Xiblcment. Quand nous l'avons aperçue, elle était devan* ^^r^ porte en train de faire cuire, pour son repas, des herbes <3L ^3.:ns une marmite grossière, ce qui ne Va pas empôcliëô <3^ ^^ xious faire les honneurs de chez elle. — Une vingtaine cX'i»^^^^"^"^®^ ^^ P^ys ou do barbarins montent à notn bord 13 <^ ^^^ ^ ^?^^ ^.^^"^^ passer les premiers rapides ; quand on j
moins
nous faire passer les premiers rapides ; quand ^ t à qui braillera le plus fort et travaillera le m( Faute <3.'.c:>^-<3re et de discipline, le passage s'opère difficile Ln^ ■■^»-^ ^^^"^ *"* ""^ cordage de la grande voile cassent m!r, l\^---»^'^^!!"'^'\^^^°^''*'^'*^*'''*^S^^^«' "ous arrivons enfin 3aV\».^^-^^^ i"*^^ P*' ^'^""^ ^^ "'i"gt roches, à un peti
après ^^ ^unous devons passer la nuit. Ces Messieurs visi
3 L^ ^'^^irunf'.'' 'T'"^^' au poing, j'explore jusqutent îf^^^^^^ ê;°"Pes de rochers, où je ne trouve que quelque Ianiiifc^?-^^ ;^i^oscyn6mes sans intérêt, restes *^"
Dimanche 23 fécricr. — Les mariniers nubiens, qui devaient nous faire passer la cataracte vers huit ou neuf heures du matin, n'arrivent qu'après-midi; ils nous font alors remonter un rapide et s'en vont, nous laissant encore jusqu'à demain au milieu des rochers. Aboud-allah nous explique que c'est parce que les réîs de ces gens ont à discuter à Assouan le prix du passage d'une autre barque, et qu'ils ont été tous mettre leur cachet sur le traité (contrat). Avant leur arrî vée^ j'avais exploré de nouveau les blocs de granit les plus voisins, mais sans y trou ver autre chose qu'un proscynème
illisible : W^ fi „ QQ. Pendant leur travail, je tâche
de faire quelques croquis des hommes qui se reposent sur la berge^ mais ils se sauvent quand ils voient que je les dessine. Après leur départ, nous allons du côté de Philio par les villages que nous avons déjà vus, où les mêmes femmes nous montrent les mômes colliers, les mêmes bracelets et les mêmes pendants d'oreilles, toujours dans le but d'en faire spéculation. Nous montons sur Tabaton et j'y copie tout ce que je puis déchiffrer, à part les simples légendes royales relevées par Champollion. — Aboud-allah nous donne à grand'peine les renseignements suivants sur le mariage en Egypte. Quand un jeune homme veut se marier, sa mère va chez celle d'une jeune fille qu'elle a en vue; elle examine si cette dernière n'a pas de difformités physiques, si elle n'a pas mauvaise haleine, et si sa transpiration sous les bras n'a pas une odeur désagréable. Après cela, on rédige un traite (contrat) entre les deux familles, relativement à la dot qu'apporte le mari, mais cette formalité ne se fait devant aucune autorité légale et le mariage n'est pour ainsi dire qu'un arrangement privé. Il n'y a pas d'enregistrement civil ni religieux. On sait du reste que le mari n'a pas vu le visage de sa femme avant de l'épouser, c'est ce qui explique les précautions maternelles dont je viens de parler. II nous dit aussi qu'il existe un genre de circoncision applicable aux femmes, qui n'est pas obligatoire comme celle des hommes.
Baais qiii est généralement pratiquée dans les campagnes et chez les Bédouins.
Mardi 25 février. — Nous avançons lentement. Cependant les rocliers qui bordent le fleuve changent d'aspect et resserrent le Nil, au point de ne laisser parfois qu'un passage ^e piéton sur les bords, et, en quelques endroits seulement, ^^e petite vallée peu fertile, peuplée de quelques huttes ^^sérabJo.s, construites en terre, sans forme régulière, avec ^^ trou Gn gruise de porte, rarement fermée par des morceaux ^^ bois o-j'ossièrement assemblés. Souvent môme ces pauvres ^^^euro^"^ TiG sont pas couvertes, et il est difficile de distinguer ^^trep^ l^ Ï>I e et la maison du cultivateur. Les hommes, vêtus ^ 9^e/c/La^^ haillons, portent un poignard au bras gauche, •f-es feïi\m^& ®^ drapent dans une pièce d'étoffe, de manière à ^^oir ox^^^T^^xiTen-ïent l'épaule droite à découvert. Les jeunes finies port ^^^^ * comme elles les cheveux à toute leur longueur, divisés era "U^"^ ^^^^ grand nombre de petites tresses enduites de OTaiss^^ mais elles n'ont souvent pour tout vêtement , (»<3i'r:^*^^^ ^® lanières de cuir, et pour toute parure ^^^^ ollî^3^ d® verroteries; nous en voyons travailler à la ^^^ L^s e^rifants, complètement nus, ont la tête en grande terr®; ^^^^^^ à l'exception de quelques touffes de cheveux partie ^^ ^^^ disposées, qui leur donnent l'aspect de véri- ^^"^f^^sauv»^^^' ^ï^ i^ous voyant, ils gambadent en frappant ^ \eurs rxi^î^^' ce qui ne fait qu'ajouter à cette ressem- ^T^.^ Noix^ entronsdanslazone tropicale; le thermomètre mirque oopendant que 30 degrés h l'ombre, mais on nous ""n «remet ^^- " ^^^.f ^^^^^ ^^^^on, la végétation est déjà ^psséchéepax- le soleil, et l'on entend partout le grincement de la sakiélx o^ roue a pots car c'est seulement par un arrosaVe artificiel .^.^^^ ff"* fertiliser le peu de terrain culti- Sbie qu'on ^<^^\ î^ f ^^ «"; l^^e et l'autre rive, mais toujours au-dess v^^ des plus hauts niveaux du fleuve. Les bestiaux sont mai^ro^ ^* dépérissent faute de pâturages, mais les dattiers son t *^^^^^ '* ^'^"^ nombreux. Chaque palmier paye
une piastre et demie d'impôt par an au vice-roi d'Egypte et chaque roue à pots 40 piastres, si ce que Ton nous dit est exact.
Mercredi 26 février. — Le tropique n'est pas méchant du tout; nous ne comptons que 27 degrés 1/2 à l'ombre. Rondeau se baigne en dépit des crocodiles (qui, dit-on, ne se rencontrent pas entre la première cataracte et Derr). Puis nous entreprenons sa tête, Roquigny et moi, à la Titus; je leur livre ensuite la mienne. Mais les misérables me tondent à la nubienne, c'est-à-dire en réservant au sommet une crête de cheveux de l'occiput au frontal, et ce n'est que par la terreur que je les oblige à me l'enlever en leur mettant à chacun un revolver sous le nez ; encore ne le font-ils pas entièrement et suis-je obligé de me couper moi-même le Mahomet. Après cette opération, nous passons devant Dandour que nous visiterons en revenant. Nous faisons une ^^MÊ promenade à terre où nous ne voyons rien de nouveau : les mômes rochers de grès arides, les mêmes populations misérables, la même monotonie.
Jeudi 27 février. — Nous marchons tout doucement à la corde. Nous apercevons le temple de Dakkeh, et nous visitons le village du môme nom qui se fait remarquer par la propreté des habitations. Les femmes, coiffées à la mode de l'ancienne Egypte, se graissent les cheveux avec l'huile qu'elles tirent du ricin, mélangée à d'autres substances. Elles pétrissent le pain avec un galet sur une pierre un peu creusée, tout à fait comme on le voit dans les sculptures antiques. Leur visage, qu'elles ne cachent que rarement, est plus agréable que celui des Égyptiennes. — Aboud-allah nous raconte que les Musulmans croient (et cela est écrit dans le Livre, — mais il ne sait pas lequel) qu'un jour viendra où la terre entière sera gouvernée par un seul souverain, et qu'alors tous
les peuples seront chrétiens sans distinction d'église ni de culte. Il ajoute que les Éthiopiens, descendant le Nil, coopéreront à ce grand changement en Egypte. C'est au moins ce que j'ai cru comprendre de son récit confus.
Vendredi 28 février. — Peu de vent, navigation paisible; nous n'allons pas à terre. Aboud-allah nous fait un nouveau récit, qui n'est pas plus clair que celui d'hier. Il prétend qu'il existe à Khartoum un homme âgé de 400 ans, qui n'a l'air ni vieux ni jeune, et qu'il y a aussi des femmes jalouses qui ont le secret de certains sortilèges pour mettre leur mari dans l'impossibilité de les tromper. Elles peuvent même, dit-il, à l'aide d'écrits particuliers et quand elles le jugent à propos, le métamorphoser en âne! L'opération magique se fait en jetant l'écrit dans le Nil avec une poignée de sable.
Samedi P^ mars. — Arrivée à Korosko. Nous trouvons là des Ababdehs (Arabes du bord de la mer Rouge), aussi noirs que les Nubiens, coiffés comme les anciens Égyptiens, mais les cheveux libres, touffus et non tressés comme les ^ Ethiopiens. Quelques-uns sont nus jusqu'à la ceinture F et nous admirons leur corps musculeux et bien proportionné, qui semble fondu d'un bronze noirci au feu. D'autres portent une longue robe à larges manches, qui donne à leur démarclie un air de noblesse. Outre le poignard qu'ils portent au bras gauche, leurs armes en voyage sont la large et lourde de7 b ^^^^'® ^^^'^chantet garde en croix, avec un fusil àpierre ^^ abrique arabe ou européenne. Nous entrons dans l'école, 1^" "Qe demi-douzaipe de bambins, accroupis le nez contre voi?"'^'"^' faisaient semblant de lire tous à la fois à haute sur jk^'^i ^^ ^^^diuarit d'avant en arrière, ce qui était écrit profond •^^^**® qa^ *®^^'* ^^^^''^ d'eux. Le maître était djerid à '^^^ endorxni sur sa natte dans un coin, avec un femmes ^^^r^^ ^^ s^ niain pour stimuler les paresseux. Les ^ ^^oroslco ou des huttes environnantes désignées
SOUS le même nom travaillent à la terre plus, à ce qu'il semble, que les hommes. Elles ont les cheveux divisés en une multitude de petites tresses, enduites d'une pâte grasse a base de ricin, et disposées exactement à la mode de l'ancienne Egypte. Elles portent ordinairement un large pantalon blanc et une sorte de tunique blanche ou bleu clair, ouverte du haut en bas sur les côtés et traînant à terre. Cet ample vêtement donne à tous leurs mouvements beaucoup de noblesse et de dignité. Elles ne se couvrent ni la tête ni le visage et sont généralement parées de colliers de verroteries, d'anneaux à la narine, aux oreilles et aux doigts ainsi que de bracelets. Les hommes, souvent à peine vêtus, n'offrent rien de particulier, mais la race est fort belle.
Dimanche 2 mars, — Promenade dans un village, où je fais un croquis d'une maison, sur le mastaba de laquelle des femmes préparaient et filaient du coton, broyaient et pétrissaient la farine, cousaient leurs vêtements et allaitaient leurs enfants; cette habitation est merveilleusement située auprès d'un petit bois de beaux doums et de dattiers non ébranchés, non loin d'un champ de ricin, de cotonniers et autres cultures du pays. Nous passons û Derr (ou Déîr?), où Roquigny parvient à grand'peine à affranchir une lettre, parce que l'effendi des postes n'était pas au sien, qu'il fallut le trouver, qu'il n'avait pas de balance, que la balance qu'on alla em- ])runter à un marchand n'avait qu'un seul poids, qu'il fallut en improviser d'autres avec des grains de sable, qu'il n'avait pas de papier pour faire un reçu, et enfin qu'il fallut trouver un passant qui en avait, par bonheur, un petit morceau dans son turban. C'est ainsi qu'est organisé tout service administratif de l'Egypte en Nubie. Nous voyons sept crocodiles, et Rondeau ne veut plus se baigner. Le caméléon de Roquigny nous occupe beaucoup; il change véritablement de couleur, mais il ne prend pas, ainsi qu'on le dit, celle de l'objet sur lequel on le pose. Il est difficile de voir une plus sotte bête.
Lundi 3 mav^ -m -,
géants du te ^•~~ Wous passons devant Ibsamboul, où des
leur âffe 1 ^^^ ^^ Moïse sont taillés dans la roche; comme
n'est rien-T^ fî>ndeur est immense. Pour eux le temps
siècles, c' ^' ''* ^*^°* impassibles depuis plus de trente
Piïaraons Ie^*R* ^® PU'ssant.s génies que les Sésostris, les
créature, ' ®.^"*™sés; mais loin d'écraser l'homme, chétive
ration d'un 't ^*'"P® ^ ^^urs pieds, ils .saluent chaque géné-
l'humanité ^^'^^^^ ®* bienveillant sourire, car ils ont instruit
^^ jeune hô °"^ Passons rapid^^ie"'» poussés par la brise;
songeant au °''^^'^* ^^^ femme contemplent les colosses en
rent. De loi '^^^^' oubliant le présent et l'avenir qu'ils igno-
o»! agite un^v^V^^*'^*^^® "" salut en l'honneur de l'Europe,
la Roquigny) ^^^^(i. Se reverra-t-on jamais? (Style à
^ardi 4 tnan
pou»* aller à ia *' "~~ -"^"^"s sommes trop tard à Ouadi-Halfa
^" milieu des ^f ^°^^® cataracte, nous nous promenons donc
??''»'gréJesprorn '^^''^tions. Je fais quelques croquis, mais
« abord, pmg fesses debakhshish, les femmes se détournent
*"'■ l'autre riyfç. ^^ ^^^^t. Nous parcourons les ruines situées
^?. ^® plus OM®^ •'® reconnais quelques arasements d'édi-
^^oUces. ^^e Cîhampollion n'en mentionne dans ses
°" ^^i h otiyt^ u '^**''s. ri «,«nf^ à baudet à sept heures;
^T"'^' ia?«'?''^i«U d?" '°'"1.^f:iai denoms américains et
f "^^®« co^ '" J« Oe d^ "»« ""'*'*^f Sx de M. Lenormant et
^^.f'^^^^enf^^^s d^°"^^^P"^„?oi^. Comme nom connu,
^^^éduivi^l^^ent^^ Champoll*^ Cette roche, à pic du
brasser d'u' ^ ^^ève l .^^^ui de I^^f^teur qui permet d'em-
^fro '^«^t o'^^'^P d'""^*^"'"^^^!^ des rapides; elle est
"'' ^a^J^Ji^'^^PosS,**'"^ l'enseii3^V;^^j^e toutes celles des en-
^**e ) ® ^® éfi'ès, c<=*rî^-ts rocailleux qui inter-
^« «ombreux ^^
drapés 4 l'antique dans una somi" ,4i T" 'ï "'■"'"-^; gnsalre. ]ls ont la lêee nue cl J 7" ''"<""■' «i'"- >=> l' p.eds sont chaussés de sandale, on m"''''"-'-' ''"™™»; ^^ blables 4 celles des anciens É»3-,W/™,'' <'-''"<=*°"""" ^'^
--^..... t^v.. «.xiu une croix. Sur V-s paioU étaient, i-«-«rôsel^ *- ~ des samts à cheval qui devaient ètvc cavVeu4 il\^J ' .s t -^ plus mauvais style. A neuf heurcs,u«u.Hot..^^J*;^ IblnU^ ^ ou nous nous arrêtons cette fois. 1.^. coW^eTdo V . * *=
plus grands du monde, vus de pvùs wou. \m,.? If am.es, ^ . vendent. Nous prenons'quelqxxe's ^.V.'^ "x^^^ff 1"-^^" V^ . statue a 5 mètres 50 centin.^tro. a. V^^Ca^u^-^'^^'^^Su^' ^ -^
cuisse qui repose sur ce siège a 7 mètres 80 centimètres de longueur. La jambe au-dessous de la rotule aurait plus de 7 mètres de tour si elle était dégagée. L'œil à l'intérieur des paupières .<=>- a 70 centimètres de large. La narme a 8 pouces de longueur à l'intérieur. La largeur du nez aux narines est <le 65 à 70 centimètres ; la bouche d'un coin Ji Vautre a 90 centimètres de large. Roquigny m'aide à estamper tout ce que nous pouvons de proscynèmes phéniciens et grecs sur es jambes; il doit y avoir du bon là-dedans. J'estampe aussi les têtes d'un groupe de captifs sculptés sur la paroi est. — La nuit dernière, nous avons passé Machakit, et celle-ci, nous passerons Ibrim. Ces ruines sont sans intérêt, après les Notices de Champollion ofi l'on trouve tout ce qu elles contiennent. Pendant notre exploration d'Ibsamboul, le thermomètre est monté ix l'intérieur à 33 degrés, et Roquigny. voulant se rendre compte de la chaleur extérieure, 1 a place devant le grand temple sur le sable : en dix minutes il marquait 56 degrés et il montait encore assez vite. Un dut e retirer par prudence, car il aurait certainement éclate quelques instants plus tard.
Vendredi 7 mars. - Aussitôt levé, je mets le nez dehors Ibrim est encore en vue ; je m'y fais immédiatement «onauire en canot, j'escalade la roche au moyen d'une corde qu un acs. matelots va accrocher à la paroi d'un des spéos. P»;" "^™'' il est impossible d'arriver ainsi à la plus élevée <i««J"^"^ excavations qui date du règne de Ramsès 11. }^^ ^ J^ ^^ je visite ne m'apprennent rien de nouveau. Je 'L^- ^ dahabieh et nous arrivons bientôt à Derr i^;^^^}^^^^^, ^ans ce grand village, le plus ^™Portant qu on^,„ „om- -entre les deux cataractes, nous voyons une leum *^reuse de beaurNubiens, vêtus d'amples t^^^ iSaTt" P<'"- Ja plupart et coi^és de turbans de mousselme par ment blanche ti liaient accroupis devant la P» «^ édifice important lîrle pays, la demeure du cachef ou gou- ^erneur de la pJo^^^iJce Devant cette construction, comme
dans plusieurs autres vin "^'"^'^-^^^imes
avec un arbre magnifique ^^«s »iui>i^„^ 5
nomie fière égrainaient r» ^*^*iti>o r ' '^'^^ ""c boll^
ne fumait, car nous sommT^^"^ tous^V'"""''^'" J-i I ^^ ^1
gaillard à barbe un peu g^^^^'^ -« — "L/S"" f^P<^^'^l ;' ^ >\ ^
apporter des chaises, de l ""^"te, «'e«,T ^'^ ^'ic^ ' ^ "^i
sanatteetdenousoffrt.r'"''' ^'^'--^oaViT'''^<^no^^ ^"^^
décapsules pour sa car^b^enï* -^^ ^"i V^^'t^^^ ^'i<> >^^ tons bons amis.. Nous tm,?, *^"'*o/>^^en„o ef „ ""« (.. ^«^i ^*^ quiaétédomestiqueVAroT"-/- •-^"-- "« yb^W,^^ i^ ^^ français. II nous fait les w'''""^"^'« «^"^ «ï»/ piT" < t t**^ ^ quelques notes, et dei: i^/'^:"^/- -/-^^ ^o^^^S^-^* -^ jama.s la noble tournure de^ /eA»«.;r;! f "->o..^/-^^i^^^-;;^ nante. De la, nous allonsà Am^icl.x r?/ '^ ^^"-"^ -ob'^'^^^SV^^ subsiste encore en assez bon ê Af '.„ '^'"^^^« ^'« ^^/ï * *^^V-^ XVIII. dynastie; il se faU ren'J'r"''""' '-"'-11'..^'^":.^ sculptures et la conservation de" S^ ^^^J ^f '^— ^ ^"«^ beaucoup d'intérêt; les colonnes pnXl "^^ '" T''"' ^ITl^^
le nom d'Aménophis est gravé e« lu .f"^ "*'-''• ''"'" '^''* "i ^" ^tenir à la XII« dynastie. ^ ^" *"'^^^«^^^e. poLivont ..t>i^-^
boua, malheureusement fort ensabl. Co 3»""^-"^ «^^^ ^ -S ^ to res de Ramsès II, précédé de .ei.o sph"." oi. dromo.. ^ ^^^^
Ll^r7*^'f'P''"'^"teunaspecti,npo.ant, «nais lessa^* .^^^ turessontmalconservéesetlessablcsempécliont de pén<^ *^ "i: ^r"-^ danslesanctua.re.Versquatrehcmes.Uoq..ig,ay , dans a ^ ^^ -^ sa«rfa/, se livre a son goût prononcé pour le ca«ota-c J^ î" *^" torde pas à aller le rejoindre et nous preuonîTi olrc T-^^-V-^^ Rondeau, qui était allé faire une promenade cî^ri^ ïes rod^ '^T-^^ de la chaîne Arabique touchant le ^A eu cet JÎ^Vroit A ' ^ * ^
dans l'ombre de la nuit.^No.^ ^ ^^^^^^^^:\^:;:^'^.^ ^
mcnçons à nous demander si elle est au-dessus ou au-dessous do nous. Mon estomac marquait déjà sept heures et demie quand nous apercevons bien loin, bien loin, une petite lumière. Est-ee la demeure de Togre qui doit nous dévorer? Le plus sûr est d'y aller voir, nous faisons donc force de rame de ce côté. — Par bonheur, c'était un fanal qu'Aboudallah, inspiré par Osiris, avait fait attacher au grand mât, ou prosaïquement placé sur la cuisine du père Khalil, notre chef.
Dimanche 9 mars. — La voix peu harmonieuse d'Aboudallah me réveille désagréablement, pour me demander si je veux aller voir les ruines de Maharaka; je l'envoie à tous les diables et l'accable de malédictions, mais je me lève et descends à terre. Ces ruines de l'époque romaine contiennent quelques bas-reliefs, curieux comme échantillons du dernier degré de la décadence; je dessine le plus intéressant et j'estampe les restes d'une inscription grecque, après avoir levé un plan de l'édifice. Nous arrivons à Dakkeh, où nous sommes ♦ accablés par un trop grand nombre de zélés serviteurs ; je suis même obligé de jouer de ma chaise de campagne et de me réfugier sur les architraves supérieures du temple, en lanrant des pierres aux plus empressés. Roquigny me décide a entreprendre l'empreinte d'une inscription bilingue, hiéroglyphique et démotique, placée au-dessus d'une porte, à l'ouest du monument. H me seconde môme dans cette opéra- *ion difficile, en m'organisant un échafaudage avec deux avirons et une perche, et me préparant, quand j'y suis monté, Jes feuilles de papier mouillées. Le vent augmente la diffi-
culie de notre travail ^^"^^ ^^^^ ^^^^ ^^ *^^^^^ *^^^ ^^^'
iieur. i^ Q^.j ^Qn\xe, nous montons dans les pylônes
^ne bougie et nous admirons leur construction.
i-endant ]e ^^ „ous avons si vigoureusement touché
h^lsé!'^''''^''^ que iotre goullê est tombée à terre et s'est
^e nos nff'^^ • bref , nous y sommes encore, malgré les efforts
Lundi 10 mars. — A dix heures, grâce à la coopération des populations environnantes, nous sommes remis à flot. Aucune voie d'eau ne s'étant déclarée, nous pouvons en conclure une fois de plus que notre bateau est solidement construit. Grande discussion, fort bruyante comme toujours, quand il s'agit de distribuer les bakhshish à nos sauveurs, que nous renvoyons impitoyablement à Aboud-allah. Ce dernier ne se trompe jamais à son désavantage, il se trouble encore moins et trouve que chacun doit être content quand presque tout le monde est à moitié payé. C'est un homme qui entend fièrement bien ses affaires; après avoir expulsé tous les Nubiens de notre bord, il accorde un maigre salaire aux plus exigeants et comble les autres de bénédictions. — Nous perdons bientôt Dakkeh de vue, et nous gagnons Girché-Hassan dont nous visitons le temple. Les sculptures sont généralement assez grossières, inachevées même en quelques endroits; ce monument ne présente rien de bien intéressant, mais son pronaos, soutenu par d'énormes cariatides représentant Ramsès le Grand, est véritablement d'un effet grandiose. Plus que jamais j'ai été obligé de jouer du bâton pour contempler en paix cet hémispéos, et nous avons livré aux naturels un combat à coups de pierres pour nous débarrasser d'eux.
Mardi 11 mars. — Nous arrivons pendant la nuit à Dandour. A six heures, nous sommes sur pied, armés de toutes pièces, et nous pénétrons dans le temple, où je ne trouve rien de nouveau, rien absolument à ajouter aux Notices de ChampoUion. Vers trois heures, nous sommes à Kalabché; l'édifice d'époque romaine qui se trouve dans cette localité est très considérable et magnifique d^ensemble, malgré le mauvais style des sculptures et des détails architecturaux. Le spéos de Béit-Oualli^ près de là, est des plus intéressants. Les bas-reliefs, fins et soignés, ont un caractère d'art bien supérieur à tous les monuments de Ramsès II que nous avons déjà visités.
Mercredi 12 mars. — Nous visitons ce matin le dernier temple que nous verrons en Nubie, celui de Deboud, construit par Az'arx'-Amen, roi éthiopien, et par Auguste. Les bas-reliefs qui portent les cartouches du premier de ces deux souverains sont préférables à ceux qu'on voit ordinairement dans les monuments d'époque grecque ou romaine. — Ce soir, nous serons à la première cataracte, et demain en Egypte, à Assouan, dans des régions comparativement civilisées, in-challah !
Récapitulation des populations qui habitent la Nubie entre Phifïc (première cataracte) et Ouadi-Halfa (seconde catarai te), la partie septentrionale de ce que les anciens appelaient Étliîopie, et les Sémites ainsi que les Égyptiens, pays de Kus (Kousch). En remontant le Nil au-dessus de la frontière méridionale de l'Egypte, ces populations s'appellent dans les
Temps anciens
1' fJeraberata, Kèns , des iuscr. hiérogl.
*S* Xùbatce des Romains anciens, vaincus par l>ioclétien.
Temps modernes
Barabra (pi. Derberi) dits Kcnous parlent le Kensi.
Arabes parlant arabe.
Noubay parlant un dialecte Kensi appelé Nouba , c'est une brancbe Barabra (ou Berbère) comme les Kèns, ou des Lowata.
Et commencent
à Assouan, occupent le dodécachône des Grecs.
Seboiia,
Dcrr jusqu'à Ouadi- Halfa, et plus loin jusqu'à l'île d'Argo, où commence le Don-
gola.
La couleur de ces trois populations est ii peu près la même partout; c'est un be»u bistre foncé.
y^'^'^ quatre Jieures nous voyons PliiUe et ses belles roches gmiiitiques. Roquio-ny e* ^^'^ ^^^^ embarquons dans le ^anduJ, pour mienv'^iouir du spectacle que présentent cette grande nature et la Situation pittoresque de Vile. Ce nest pas sans plaisir nul nous retrouvons ces lieux bien connus, ils nous font de n?^ espérer des nouvelles de France sous peu de jours. Nou^ j^^ attendons avec impatience, car depuis
notre départ de Paris, aucun de nous trois n'en a reçu, et depuis vingt jours, nous n'avons adressé la parole qu'à deux blancs, un vieil Anglais et son femme. Avant dîner, je visite Béghé, lie voisine de Philso; j'y fais quelques croquis, ainsi qu'à Mahatta, sur la rive. Je trouve ici, à l'inverse des régions que nous quittons, les plus grandes facilités pour dessiner ; moyennant quelques sous, les petites filles posent comme des statues.
Jeudi 13 mars. — De bon matin, nous redescendons la cataracte. Notre barque (dahabieh) est emportée par les grands rapides avec la vitesse d'une flèche, et elle roule comme sur une grosse mer, semblant devoir se briser contre les roches granitiques qui percent les eaux de toutes parts; ce n'est cependant que l'affaire d'un instant, et la barre, tenue par un habile pilote du pays, nous fait éviter tous les obstacles. Nous retrouvons bientôt Assouan, et cette bourgade, entourée d'une assez riche végétation où se mêlent les dattiers et les mimosas, nous parait dix fois plus belle main-tenant que notre œil est habitué à l'aridité de la Nubie. Les danseuses, parées de leurs plus beaux costumes de couleurs tranchées, et, comme toujours, d'une multitude de bijoux et de sequins enfilés, ne manquent pas de venir se montrer sur le bord du fleuve. Nous les voyons descendre jusqu'à notre barque, au milieu des palmiers les plus pittoresquement situés et des blocs de syénite. Leur démarche est lente et toute particulière; à chaque pas, elles donnent un mouvement à leurs hanches et à leurs épaules, qui n'est pas dépourvu de grâce. L'une d'elles, la plus grande et la plus belle, si beauté il y a, s'est armée d'une longue lance par une bizarre fantaisie, et elle ressemble à une fée des Mille et une Nuits au milieu de ses compagnes. C'est Hamida, que j'ai dessinée à mon premier passage, et qui vient nous rendre visite à bord. Par malheur pour cette reine des grâces, bien huilée et parfumée, notre rets, homme religieux, bon mu-
BlBL. ÉOYPT., T. IV. 23
354 ifOTBS QUOTIDIENNES
«ulman, mais ^.X'^Zt *^"* «««««^ent pittoresque, tarde pas à ^^^ll^T:^ -- le prétexte de saV^, réputation. -— ^ beS " ?*"'' ***°^ ^« ^^"^e, ne retrouvons 1* ^ pi„g^"*^' enveloppée dans un?gran mante de <^°^ï^ c'es" ' ""^^^ Participant à une^° monie f"nêbro.C««*"J^e assemblée nombreuse de femm et de jeunes flUff; à w?nn ' "^"»«°»«^t ont la tête nuT les cheveux n^**f Lerunf.^^^^f naturelle en une muimu< de petites tre^-^^^rbr^^ et la danseuse 'Z
du nombre rest^^^ interruntZ ' inil^ *^"'-« ^'^utre, fo
mant un c
,, res^-— -— ">' -..liées lune contre l'autre fn
„„„. „. ^r^^'^j^^^:;::^^ - tienner^-J:
au ieu du loup et P^^^^^ ^^ det dans" , ^ /«-ure ^' -*' façon de cliantl» ^^ bajoue T^*"^ ^«* """'^"^
par une -^^f^^r de longs et bruA„Tj' •'°*^"'^^P"« «^ temps a a^t tre p«r » ^^^ à "e .f t"^^'^'"^^*^ "^^ P«
la coûtante antj^^,,, ,„ ^j^,, ^^ deui/. Le3""uV"r^ ' poussière f "^„ ^es à l'entouretne paraissi;? *"*'«« '«""«^e demeuren t ^Y^^-émonie. - L'heure de na^r' r"^'-«""" part activo » ^^ ce' e ae partir étant venue
Lus rentrons en ^/^ruân'cbre^rCll"^^^ ^^^-et nous q Luttons a ^ ^ "^e, depuis ce matin
le ciel est '^''"^'^''^^^U gouttes d'eau o ^"°°^ ^ *«''^«' ' tombait nrêwe ^"^^^"^^fopéenne qu^ \^^^!°^^ '^ P^eut! mai. c'est une vraie P^^j^Jf^Jii, ,.„ ^"^ ^^mbe depuis l'heure diner. Cela ne s est J
— Hier, à Assouir. X* -.
Vapeurs; l'illustre^otl"^" ^'^"'^^«^ i n'était autre que .l'^^'^Sexxr que ces
Vendredi ï 4 mars
au vice-roi et deux 7 ^^^^^jt^^^^^stre voyageur que ces bateaux avaient ^tneti^ ^^^^^ ^^ HQ le pr.nce de Galles. Le prince était parti ^ jj^ ^^^^^ rattro.!?""" ^''^'^^^ P^ila). Kepartis ])eu après '^''^tte nuit, et nous df^®''* ^^ ^o^'*' s'arrétôrent comme nous ^^-^^ li«ures à Geh i S^^^""^"* ^® ™atin. ISfous n'arrivons qu'i* ^ m'empêcher d'ï. .f-^^^^^^*' <^t Je regrette que la nuit \i^^^^ de ces belles ont • r'^^' «" détail les xiombreuse.. ^nscripti<^^ „ua de Henri ^^^^'^^^^ et des spéos de la rive. Je trou/e 1^ ^ ^^"^^ ^«6^, au char-
bon, sur le texte hiéroglyphique d'une des plus belles stèles du rocher, et je regrette vivement de n'avoir pas ce qu'il me faut pour ajouter au-dessus, mais sur la pierre brute, une belle phrase comme celle-ci : « Celui qui a souillé ce monument, au mépris de l'antiquité, ne mérite pas l'estime de ses contemporains. » C'est ainsi qu'un Français a écrit : Une page d'histoire ne doit pas être salie, au-dessus de l'inscription aujourd'hui mutilée que laissa sur un mur nu, à Philœ, l'expédition de Bonaparte contre les Mamelouks. Il est triste, en effet, de* penser que les modernes sont des destructeurs bien plus acharnés qu'aucune race barbare des temps passés; c'est malheureusement un fait qu'il faut reconnaître à la honte de notre siècle. Ce soir. Rondeau parie avec le réls que nous ne serons pas à minuit à Edfou ; c'est quarante-deux kilomètres à faire à l'aviron, en cinq heures et demie.
Samedi i5 mars. — Malgré les efforts redoublés de nos vigoureux rameurs, stimulés par les vociférations encourageantes du réîs et par les promesses de bakhshish qu'il ne cesse de leur réitérer, comptant bien sur le gain du pari, malgré tout cela. Rondeau gagne, et le réis à la face noire et énergique se met à pleurer comme une Madeleine, car c'est une affaire de dix francs! Il cherchera par tous les moyens possibles à ne pas débourser la somme; Rondeau lui en fera grâce, et les matelots auront sué sang et eau pour le roi de Prusse; voilà la morale de l'histoire. — Nous n'arrivons à p]dfou qu'après une heure du matin. Nous nous levons au petit jour, prenons une tasse de thé en toute hâte et allons voirie temple, aussi admirable par ses proportions grandioses et la richesse de sa décoration que par sa merveilleuse conservation. 11 est en effet parfaitement intact dans toutes ses parties, à l'exception de quelques dalles tombées des plafonds, et qui ne font qu'éclairer mieux l'intérieur. C'est à Mariette qu'on doit le déblaiement complet de ce superbe édifice qui, mieux qu'aucun autre en Egypte, peut donner l'idée de ce qu'était un monument sacré dans l'antiquité. Nous avons
fiCt^^ QUOTIDIENNES
^^ f^lso^^ *^rt peu de chemin; à six heures
vent contraire et ^^g^dfou sont encore en vue.
du soir, *^ KJ ^, — Arrivés pendant la nuit à El-Kab,
Dimanche 16 /^^ j'^ube x>our explorer les restes de Tannous débarquons ^^ ^ y retrouvons notre vieux couple ancienne tÀ^^^y^y ^^ 0, nous être défavorable, et nous restons glais. Zéplii^ persist ^^^^. ^^ m^ts ce temps à profit pour en place. <^^ P^^ ^ ^ ^^^urterelles. Eln rentrant, grand entrealler tuer ^^ P}^t d^ Vimportance de l'esprit humain en tien philosophique ^ compare à la toute-puissance de Dieu
notre terre \ Rondeat^ ^qMS^ ^^ cette comparaison est fausse, dans Tuniv^ï'^^- Je lui P ^^ute-puissance ici-bas ; il peut seulecar rhomn^^ "^^ P^^ -^e l® Créateur a mis à sa disposition, ment se servir de ce M ^^Quve et ramasse les matériaux qui de mémo que Toiseai^ construire son nid.
lui sont nécessaires p^^ ^ ^. ,i • ,
p0 bon matin, nous allons voir le
Lundi 17 mars. — ^ ^ milieu de la ville. Le pronaos seul, temple dEsaeh, enfoui ^gcrvé, a été déblayé à l'intérieur qui est parfaitement ^^^ coton ou de blé; il était déjà dans pour servir de magasin \\\0^ Vétudia. Après une promenade cet état lorsque ChamP^^^ cette cité, qui n'est pas sans imdans différents quarti^^^ \yV^^^ spectateurs et spectatrices, ?^ d!^"^*^' «entouré de i^^^é trois aimées à l'aquarelle. Ces je ^^^sine successivet^^^ x^^on talent qu'après mon refus àem^ '*'^I^J écient si f^^ ^ elles résolurent de m'y porter, et ce'^^^ *^'^^^ ^^^^ detxi^^^ ^5^^* ^^^ vigoureuse jésislance duoj'esr^''^^ qu'en leur ^^^^ ^e sont de fortes femmes! Dopo pran^o ^^'"^^^ Cet honn^^^^ 1^ réfutation du matérialisme, P^rM. '^^^^^n attentif ^ prouvons qu'il ne réfute rien du *ûu(, et ^^J^^^^t Na ville- r%^f'\ c^^^^^^ constamment l'àme et /a m/so/i ^^ ^ ie^t ^g ' /:i^^^ ^urel de penser que la raison est un des p], ^^t-i] d ^^ 4 ^^ o^^^ organisme, et qu'elle est la ^eu/e caus ^^^Pauv z?^^*'*?^ ^i^ ^^ justice, la connaissance dn hienQi^ ^ cie , effets ^ ^ thématique de la raison mue par ^^ x^ai/^^ voient, ^^tb
l'amour de soi? Que la pensée enfin, qui détermine la volonté, n'est qu'une opération de la raison procédant sur la justice?
Mardi 18 mars. — Nous arrivons à El-Moutanah ou Mataneh au lever du soleil; M. Maunier nous rend une visite matinale et nous engage à déjeuner. Sa gracieuse compagne nous fait le meilleur accueil, et ce n'est pas sans un assez vif plaisir que nous revoyons son visage européen et sa toilette française. Malgré les fières beautés des femmes du désert qu'on admire comme des statues, une compatriote, parlant la langue natale, a toujours un charme que le contraste augmente encore. Delaporte nous conduit aux ruines inexplorées d'Asfoun (commune d'El-Moutanah, province d'Esneh). C'est un temple d'époque romaine assez important, malheureusement enfoui au milieu du village actuel, et dont la partie supérieure a été détruite, à une époque déjà ancienne, pour construire une digue avec ses matériaux. Cette digue fournit aujourd'hui des pierres pour bâtir la sucrerie du prince Halim. Je copie, tant dans les blocs isolés que dans les restes du monument, les cartouches suivants de s empereurs Antonin, Adrien et Do- BB/'^ û^ mitien? Parmi quel- Hjv ques noms de divinités, je remarque celui de ci ^, mais je ne puis pas déterminer à quels dieux le temple fut principalement consacré. Delaporte me prie d'aller donner de ses nouvelles à sa famille. Nous tirons quelques coups de fusil sur d'innocentes alouettes et, chemin faisant, il nous donne de curieux détails sur les mœurs du pays, notamment sur les mariages en bas âge et les mariages coptes. Quelquesuns se contractent le jour de la naissance de la fille, et les conjoints tètent d'abord, puis poussent ensemble. Les Coptes n'ont qu'une seule femme, et leur mariage est indissoluble; les noces se font souvent entre dix et douze ans pour les
/^c»is^
^OTES QUOTIDIENNES
rcons. ^^^ <5^? Xoù? ^^,^^S^*' «t n'est qu'un enJ^etXge \l>'f;^^ eonsuT^u'r^ ^ ^'^ ^"'^ Maunie^et
vo\t tavoPf^ ï»^^ faisons ^nf T^'^** ^^ P^*^*^ baguettes
.UésVes P^^^ot^ * e atec^,"" ^^^''^ "° ^^» d'esprit-de-
de davuer- ^etr^*^ mo^^J^'^'' quelques-uns de ses sem-
vin, ovx iV ï^^ î^t» m^'nscequenous avons cru comprendre
bUble.-, o e^ do^*;^/^^°î^it sa queue. Nous nous réemba^
quonsala n ^ptueux déjeuner qui nous fut offert aujour-
pr^prVét'ire d^ P^v (, ^^'^^^^f 7°»^ -vantpar les Arabes.
ÎV a en effet 1» P^^.l^T'^ intelligente, et il nous e.xpliq«e que le Coran ^^ retendait pas de dessiner ou de peindre la face humaine, i»î»'s feulement de la sculpter, parce qu'alors Dieu pourrait dire a 1 artiste dans l'autre monde : « Tu as imité » mon œuvre P»^ ^^ forme, cli bien, donne la vie à ce que tu » as fait, car *«'' créatures souffrent de ne p.-is exister ! » Mercredi ï^ "fars. — Huit heiires du matin, arrivée à Louqsor; visit<5 du palais sur le bord de la rive. Je me réjouis de ne plus trouver les chevaux de Maunier dans le sanctuaire d'Ammon, reconstruit par Alexandre, et j'admire toujours les sculptures d'Aménophis III. Je vais voir notre Anglais de Nubie et lui offrir ma carte, faute de présentation eïTforme. Il est enchanté de faire ma connaissance, et m'indique là demeure d'Edwin Smith. Ce dernier s'est fait, depuis deux ou trois ans, ermite de Ja Thébaîde, non pas pour devenir saint, ni pour son plaisir, ,j] pour étudier les ruines du pays, mais
pour se livrer touj entier à la traduction d'un traité de
medecme, écrit en b , hiératique sur papyrus, et dont il a fait î!TeTaT/^''''''ifie de plusieurs autres objets intéressants. Il me montre aussi l^e collection unique de scarabées fau.x.
contenant la série complète de tous les cartouches des rois d'Egypte; c'est le produit de la fabrique bien connue de Louqsor, l'œuvre d'un Arabe trop intelligent, auquel l'expédition de l'Obélisque eut la malencontreuse idée de donner les premières notions de son industrie. Quelques-uns de ces objets sont imités à s'y méprendre et tromperaient les plus habiles. Smith, à demi momifié par la fatigue de quelques excursions faites les jours précédents avec le prince do Galles, vient déjeuner à bord. Le malheureux a oublié la langue française, et c'est à grand'peine que nous parvenons à lui extirper quelques paroles. Nous le laissons donc dormir, pour aller admirer Karnak, où je voudrais pouvoir consacrer plus de temps à l'étude des parties de ce gigantesque édifice mises à découvert par les déblais de Mariette. Roquigny m'aide, en prenant l'estampage de deux fragments isolés du mur de Karnak, faisant suite à ce que nous avons à Paris.
Jeudi 20 mars. — Nous montons à cheval dès l'aube, sur l'autre rive du fleuve; nous nous dirigeons vers le temple de Qournah, puis vers Biban el-Molouq, l'aride et déserte vallée des tombes pharaoniques. Après avoir visité les principales sépultures royales, où Roquigny estampe pour moi quelques légendes d'écriture secrète, nous prenons le chemin de chèvres qui conduit, par-dessus la montagne, à Déir el- Bahari. Nous faisons cette route dangereuse sans mettre pied à terre, tout en nous disant que c'est fort imprudent,* car im faux pas d'une de nos montures sur les terrains pierreux, raboteux et mouvants de cet étroit sentier, où deux piétons ne marcheraient pas de front, pourrait nous précipiter à 150 ou 200 mètres de profondeur, sur des roches anguleuses. Le danger étant encore plus visible à la descente, nous nous décidons à faire à pied le reste du chemin. Au bas de la montagne, je venais de remonter sur ma bote, lorsqu'elle heurta du pied contre une pierre et s'abattit avec moi; j'en fus quitte pour deux contusions, auxquelles je ne penserai plus demain, et qui ne m'empêchèrent pas de me remettre immé-
diatement en selle. Nous visitons Déir el-Babari que Mariette a mis entièrement à découvert, et nous arrivons à notre barque vers sept heures du soir.
Vendredi 21 mars. — Le thé pris en un temps et deux mouvements, nous piquons des deux vers Médinet-Abou, le splendide palais de Ramsès III, dégagé par Mariette de quelques enfouissements. Après avoir flâné quelque temps dans les ruines environnantes, nous déjeunons au Ramesséum, puis nous rendons hommage aux colosses deMemnon, et nous visitons le joli édifice ptolémaîque de Déir el-Médineh. Nous pénétrons près de là, dans un puits funéraire, sépulture commune, charnier abominable; nous estampons dans le tombeau de S'à-m-hà, à 'Abd el-Qournah, nous inspectons quelques tombes d'EI-Assassif, sans pouvoir trouver celle de Bekenkhonsou, nous prenons l'empreinte d'un des principaux bas-reliefs de Déir el-Bahari ; j'achète cinq francs un papyrus médical, et nous rentrons dîner à la nuit.
Samedi 22 mars. — Nous nous préparons à revoir Thèbes dans son ensemble, nous traversons Louqsor, parcourons Karnak, estampons et copions ce qui est visible de la base des deux grands obélisques, pour contrôler la copie de Lepsius. A propos de ce nom, voici ce qu'on lit dans le tombeau de Séti P% qu'il passe, ce qui est faux d'ailleurs, pour avoir particulièrement mutilé afin d'enrichir son musée de Berlin: « Lepsius, savant, c'est possible; voleur, c'est certain. » Voilà de l'épigraphie peu flatteuse! Notre tournée et nos opérations terminées, nous rentrons déjeuner, puis nous explorons l'autre rive : les colosses, Médinet-Abou, le Ramesséum ou Memnonium et les débris d'un édifice du règne d'Aménophis III, mis à découvert par Mariette, entre ces deux monuments, celui sans doute dont il est question dans l'enquête judiciaire des sépultures royales conservée à Londres. Enfin nous passons un nouveau chemin de chèvres, à l'usage seulement des piétons, pour revoir Bab el-Molouk,
la vallée des tombes royales, pendant que nos ^^^^^^^^a viennent par une route moins dangereuse. En t^^^^^^^eaux nécropole, nous remarquons un certain nombre de totï^ ^ ^^ métamorphosés en habitations de fellahs, au-dessou^^^^ niveau du sol actuel. Roquîgny m'aide encore à P ^ q^q quelques mesures dans T hypogée de Ramsès V (*?)» ^ ^-é- Wilkinson, mais la disposition générale n'en p^^*" ^'X^^^^' pondre à celle du plan antique conservé au musée de ^^^^Vée Nous retrouvons la barque à Qournah, en suivant
rocheuse. Adieu Thèbes! . a^
, xVsvte cie
Dimanche 23 mars. — Promenade à Kén^Ut vd'a."^'^^^' l'église catholique et des bazars. Rondeau regretta ^^.^ ^^ cédé à Roquigny son crocodile empaillé, vient a.ve ^^^^^înt tirer un de plus belle taille. Le monstre est sans ^^ voîx^^^ par nos deux balles, car il ouvre un large bec ^* * ^ Vende; manque pour nous répondre, puis il disparaît ^^ i\ ne nous nous l'eussions certainement poursuivi, si lo ^^ creur nous avait privés de la faveur de ses rayons. Un '^"^^te découassure que Mariette vient do faire une i^^^^^^^^^^^^x aquiUï^ verte : c'est que la reine Cléopâtre portait u^o- jetroussô
dans les circonstances ofBcielles, et s'en payait dans Tintimité. ^rvi\s
Lundi 24 et mardi 25 mars . — Incipossible a ^ stllons t^®^ sommes à terre toute la journée ; vers le soir no^-* ^^ àBeV^^' des tourterelles, et nous arrivons vers ^^^*'^^^^- liaitv»^^^' neh où, nous assistons à une fantasia nocturne v^e^res
Mercredi 26 mars. — Excursion â Abydos. -i-^ de route pour aller, autant pour revenir.
Cinq chambres du grand temple déblay^®^ par Mariette; elles sont voûtées^ 1^ voûte
n'étant formée que de deux grandes assises. ^ ^
Sur le mur extérieur, adorations royales à ^^^ .^j^^ la g^^"" des divinités très variées et rares ^ <^^ y ^® ^^^^^^^^ ^ et ^^^
nouille ^Ss^° ^(?)Apis et JVlrxévis. Roqxz.^^y
estampons quelques feuilles. ^^ ^^^ ^cffix^^
entre Aboud-allah et Acbmetq^^ protï^et^*
fiorino. ^ cot^^^'*^''^®* ^ -o
Jearft ^7 mars. - Toujours v^^^^ ^e^o^^®* .* ^ ui^e ^^^^^s- Girgeh, commencement du potW* ^ ^^^^g «^^>^ V-i^^^ sP®'
ye«rfrerf/2Smars. - En fl^^'^^^Mea e^ ^J^U^ ^^^""^ "" et demie, nous avons fait treO*®^ ^et»'»'''^^^ et-
Nous abordons à Akhmin , où n^^' . ge c»^'^
cimens d'architecture arabe. vpaû.^®"*^
Samedi 29 mars. — Rien d^ * * oovvv a^''^* -^gotv
nous marchons assez bien . ,„ à ^^ . w!. A'^i^e ^^*
Dimanche 30 mars. — Pror*^ yy^i^"^ ' \oviï'
nos lettres, acquisitions dans 1 ^^ ^assot^® ^* * ^^ VV
à façade de pierre sculptée. y gcè, ^°^^uïiat»^^*e'at>Ç*'
Lundi 3 î mars. — Bon gré ^^ ^*''^^tvo\^^^''*^^eno^*^A!. née à Manfalout ; c'est la fét^ f\, ^^^l^^^^oXi^^^^^^^ e faut que notre équipage, en déi:^ *^^ - te^^^^ *® ^Ket^®'^*'®*^ es rent, se livre à la liesse religie-»-^ 3.^^ ^ût A®*® «aeVq^®* uï ont fait blanchir leur turban, r'^^^'^V^a^^^^lAAPsporte»^^.^ e, leur mieux et oublient complais ^^ , %^^^^^ ^f ^^ï \a po'^^^f^^; quand elles ne sont ni vieilV ^J ^^f^'argej^^^^s de .^^f^e
mêmeen laissentvoirdavantag-^^^^JÏe ^^ ^nsov^^^^^'l VeOlaplupartunechemise bleue, b;^f'^^^^^ts e^f^Jecou s^^^^^^; et ornée souvent d'une mult^ *^ <^^acu\e. J^ elV^s^*^^ oo metol, vrmes ou fausses. Les ^ ^^^tO^^^^/,rc^coos^^etrvneuf et coiffes d'un tarbouche ^^^^eço^^i^tUv.ses^^;^^
rouement classique qui les fait ^<Z ^%'^''KU^'''''^'lx^''' quelques auteurs ao^, .d:^ ^ ^ ^ aut ^^ ^i.., oe ^^^ ce
a débarbouilléles mo''?''^ "'^"î^ ^T ^^^^ÏÏ^>^^^t^tt ^«^^'1 parés des ânes de laT.^.'^^' ^«^ -^ ^<Ï ^-^KS^^^'"^^ des fantasias efiréiée^^*^^^* «e ^^^^^^t^^^^^' pas fête! Les gamS' ^''*''' ^J^^^^ lancent au galop à trav ^^"^^ '^^^^^
NOTES QUOTlDlTîïlî^li^ m'^'^^^^,^f>*r!^P
8»^■=l:;'t°v■ïS^
le plus désagréablement du monde, et ^ i^o^'^ t>>*^\it>* wV^*^^ mauvaise pâtisserie. Pendant c^ temps, n^^ ^ ^^''^e*^ , 5^ .6 ^"^ parcourt lentement tous les cioartiers, to^^^^f^^j^è^ ^^^S?*^^o^ ^^^ Icsbazaps. En tête, marchent plv.isieviiB\>atU\^%vi:^^ c^^^^ ^v"^ ^ couleurs, puis des jongleurs religieux q^*^» ^^^ ^'c^^ t ^^\7^^^i:=ri do fer. semblent s'en frapper, piLiis \aii ovcV^ i>1?'. ^^^^ ^c^^ .\^^^ ç^* timbales, cymbales, tambour iris, atc-, pui^^ Ci*"^ cV""^^ ij^^^^^^^o^"^ foule et de suivants, des der violais IwvrîeuV^ ^ e^^ ^o V^^^ *^ abominable lout en mardi an t., pxiln d'auti^' ^^t^ ^^\^ ^<^^^i> ^^^ se battre avec de gros bout^ clo cl jêrVds i^^^ <% ' ^^^ C^^^^ V*^^^ \^^ épaisseurs pour faire plus do br^o^it, lau des^^^^t^ ù^^\ji>^ v^^^\>'ï
pu savoir pourquoi, d'autres clei*vicl\es et<- .^ ^% '^i> c^ . enfin un dromadaii'e portaT:àt. virro t.entc cat^ ^tv'*^ 4^^ <^^ )>rodëe ot bistoriée, à rit\:ii t^t^iôi^ <lc ceU*^ i^ j^tT^^ /^^^ tapis sacré dans la caravano do Irv ^lcccv^^'^^< . ^ v>*^ ^ <^^ cbanieaux, cbevaux et fi.LX03 "tcîi'in^ïn€*nt \e *^ ^ v*^ --17^ ^
pas pOUVLm aiii\ i tj sit iiiî^vi. i^ m m --^ -^ - ^- — - \Cl*^ >^rl. ^ ^^"^
do ladministnition des lii^n<3S *-*^^*^^';^^J^^i,i3.l \£^ X^ pas prévu lu hauteur du sonnncit^t. r>y^*"^^e l'' ^ ^ tente du di-omadaire, eiit l'i «"^ ï> *^';^*^^"''^,laU**?» » * \t^ fils quelques centimcïtros -fci:-c>ï> ^^^ê l£v ï^^*^ CÏ^ %^ n'y comprenait rien, in a. n<-i"ï»- ''^^'^^"^Jx- ncî^**^*"^^ tout rédifice sac rO. qui, i>n i" ''^*=*" ^ ItJ l>6teendommagé et bientôt i-oottl*^ sx-xi
^ ^ l'effet produit par la multitude de turbans qui mieux peind ^^ cérémonie (à part la couleur), qu'un vaste assistai®^* **^ ^^ choux ronds et bien pommés.
champ P ^^tpf*^^' ~ Excursion à pied aux hypogées de
Mardi i^^ (Psinaula); le temps nous manque pour tra-
Tell el-Aniai'î^ revenons sur de mauvais baudets sans selles.
vailler, ^cril- — Excursion à'Beni-Hassan, sur des
Mercredi ^^^^lent dépourvues de selles, mais non plus
montures èg^ | j^g d'hier. Les hypogées sont soutenus par des
agréables que <^^^ protodorique ou égyptien archaïque. Les
colonnes de ^^^ ^trêmement curieuses et se font remarquer
peintures so»^ j© leur dessin. On voit, entre autres, un
par la perf ^^^^^^^ groupes représentant des lutteurs, dont la
grand notï^^^^. -^é d'attitudes sont des plus remarquables.
variété et 1^ .. ^ Le vent souflle du sud, il nous fait assez
Jeudi 3 ^^^^^ \is nous apporte 35 degrés de chaleur, per-
bien avano^'^' ^^ jious invite à donner un plongeon dans le
siennes clo^^%^
Nil avant cx^ .^^ — Grande querelle du réis avec un
Vendredi ^ ^vien* ^^^ "^''^^"^ ®* ^^^ ongles. Rondeau
matelot; o^ ^^ ^ pour cogner sur les combattants, et par-
" rme de t^^^ ^ {\es mettre d'accord. Poursuite infruc-
^ -^.nt nar c^ rï\o^^^ ^ A'xxrx serpent qui nageait au beau milieu
r!nse dans le san^f ^^us font arrêter près d'un café cons-
i Nil Nos niatelots ^ j^eu d'un champ. On n'a jamais pu
t'ouït en paille ^ans le y y découvre une jeui,e beauté qui
voir pourquoi Roq^^^^j^ir delà lune; son voile, qui ne lui
r t son admiration »^ j-^er, est noir moucheté d'or et, outre
' t pas du tout à se ^^^^ile porte à la narine droite un grand
lerp^rures habituelles^ l^rel^^^^s-
anneau accompagne d passons la pyramide de Meîdoum,
samedi 5 avril. — J^^ qui ^^ ^^sse de souffler ; ce soir, il ^^Igré le vent contrai ^^ ^o^^s avons une véritable tourmente devieût même si fort cj^
et
NOTES QUOTIDIET^Î^I^^ ué^^* rO^ \0
sur le NiL La vague déferle contre la r^"^^' c^^^^^^a^^^ ^ ^"^^^ «^ la belle manière et nous heurte sans ce^^^^ \^ ^? ti^®^' t^^^^^A® il cni impossible d'avancer et on a p\aï^^^^ c^^^^Vv\^t<^ ^iÇ ^^Ô. rivage. Abou Khalil el-Hadji, notre vV^v^' ^^^^^ I \%^^ "^^ -^^^^ o^^ acheté deux moutons noirs qui'il embarqvi^ {iv^^?^v^^^ 0^^ <^^ de procès dans notre canot, sans cionte pov^^\ ^ ^*^ ^ > ^ ^< ^g^V^^ commerce au Caire. Ce procéclé nans gène ^\iV*" .d<^^^ e^^^ V ^^^ canotier Roquîgny, qui ne pou%*ait plus se *^ ^^ ,^0^ O^ ^, ^ ^ prononce pour la navigatiao 11 la. rame, s^^ <7^ -^Ç^ ' ^*^^ Vt^^^- ?, lui Icsdits moutons ; c'étaient ix pTropremeO^ t^ ï^'^^s^^ -i^^v noires. Mais KhaHl avait con^pté sans \^ 'i%*^^- \^^ V^^" ^i>^^ fable du pot au lait prouve civi'on. ne pens© ^ ^0 ' ^t'A ^z, <^ le cordage qui tenait le sandal vint i\ se toti'ir ^^V ^ 0^ ^^^
s'en allèrent à la dérive, Dîe\x sait où\ 1^^^' f^=^ 0^' -êwV^^^;^ ^*i en vain ; la nuit est obscure, ot a\aouin eœut ^^ ^^t^^ 0, Y^^^^^^^ reux pour s'aventurer à la reclxeï-ol^e des n^*^ ^ * \V^^-i> ^ <\*^'r^
Dimanche G ucriL — Orx no hio^ît comv^*^^ V "** ^ *\^^v les moutons sont retrouvés ; Is^ Liai il est û'AV*^ ^ ^^ -^ -^^ , quoiqu'il n'en paraisse, R o Cl VI ij5 ri y s*al\\îg^' ,^ ^4^^' é^' <^^ toujours très fort, et nous n-voi^s clu roAi\^^ ^^ ^^^^ d'abord très peu, puis pas €Lw t.<3ut- On P^^? ,>* \^^ ~ ^
piquet et nous y restons a.xxaai^i'cSs to\ite\al 40 -C^^^^
que fait encore le veut c© soIe* xitous protû <*^^' 1
moins Jusquïi demain matin* ^^^ ^^^
Lundi 7 avril, ~ Je fai^ yrr%^%^ xnîxllo et ^1^£7*^^<^^ passer quelques heures ù S^lcl^o.T'o.lv, niavs ^\^i^ pas encore arrivés ce soi r . ÎST « ui s j:m o nom ï^^ ^ ^^
pas, car le temps nous pros^e, est x^oi^b :>t ^ ^*^^"^
pour arriver plus tût au Car m*» * ^ \^ ^ -^^
Mardi 8 acn'l, — Noos la citadelle; on m'appreod
Boulaq, Notre équipage tx :h.
deux jours, ce qui expli<:i^^« *^ Vi**t>l»^ ^^ Aboud-allahprite deqvioi aoli^<==^*^^ * ^
^^flSS QUOTIDIENNES
^^ ^ . j.^confortés manœuvrent passablement,
^t nos Thatelots aitisi ^^ demain au port, incha allait, et mais nous ne ^^ron^^^^^
Dieu sait à q^^iie ^^ ^^ ^^.^^^ ^^ .^^^^ ^ j^ Compania de Mercredi 9 avril- j-ès, nous avons nos lettres. Bonnes Boulaq'; ^^® heure ^^^ui me concerne ; Mariette me donne nouvelles p^^^ ^^^ ^ ^o^ grand bateau neuf, qui nous transriiospitalité à bord d^ - ^^^andrie, où nous resterons quelques portera vers samedi H i^^a^quer pour la France, jours avant de nous e ^^^^^^^londeau etàRoquigny ; travail Jeudi 10 «f '''^- — ^^ ^^ntrons M. et M™« Chaillon sur l'Esau musée, p^^^, ^^^^ ^^ vie^^^^ ^^ demie, n'ayant pas trouvé de béquiéh. Ce soir à onze ^ jj^a lanterne à la main, je me trompe baudets, je reviens îi pi^ ^pemcnt des Bédouins partant pour déroute et traverse le ^^^ique inquiétude, car je ne suis pas la Mecque, non sans O^ . ^t nie poursuivent d'une manière ' armé. Les chiens japp^^ -ett© des pierres qui ne les font pas xissez menaçante; je le^^^ •' pas et arrive enfin à la Compania taire. Je retourne sur ^^ ^r'e^ avoir demandé plusieurs fois l^ar les rues de Boulacj/ ^ rd^^ à^rï% les cabarets, sans savoir nia route aux ivrognes ^* ^^ï" n'être pas en contravention et si j aurai assez de bou^^^ ^, \^ police arabe. Je me fais ouvrir ne pas me faire coffrer P^^ liés; mais je ne suis pas au bout ia porte sans trop de dî^^^^oousser les attaques des chiens de mes n^i,^ x ^^^ v* ^Qy i j j
de Mari ,^^^^ ^ar j'ai ^ ^o^? P^^^ dangereux que ceux du faubourr^r' "^^^ ^^^t b^^^^i^^ ^escalier du bateau, et me yoilàsain^^ ^'^^'^^ »éar^!Sî^ couru les plus grands périls. Venc/ > ^^^^' ^près ^^ ^e^ ^^ musée; déjeuner d'adieu chez Ai/>^^' ^^ avril J^^^^liinoiseries avec Chaillon chez