‹ Memoires et journaux du general DecaenChapitre 22 sur 132 · LEVE DE LA CARTE DE LA SOUABE · texte numérisé non relu

LEVE DE LA CARTE DE LA SOUABE

organisé un bureau géotopograpliique, auquel seraient attachés les dessinateurs nécessaires pour fournir, aux demandes du général en chef ou du chef de Tétat-major général, des cartes et autres renseignements relatifs à l'électorat de Bavière et Haut-Palatinat ; qae cette commission serait également chargée d'indiquer, par district, les guides les plus intelligents et les plus sûrs pour la conduite des colonnes, supposé que les hostilités dussent recommencer; que les fonds nécessaires à cet établissement seraient à la charge du gouvernement électoral; qu'il lui serait libre d'attacher prés de cet établissement un commissaire chargé de surveiller l'emploi des fonds et de tenir la correspondance; que le général en chef s'en reposait sur mon zèle du soin d'organiser ce bureau de manière à ce qu'il pût procurer des résultats satisfaisants. Enfin on m'annonçait l'envoi de l'adjudant général d'Abancourt, chargé de se concerter avec moi et le gouvernement pour cet objet.

Aussitôt la réception de cette lettre, je notifiai aux membres du gouvernement électoral que, le général en chef ayant décidé qu'il serait établi à Munich une commission de routes sous la direction de l'adjudant général d'Abancourt, cette commission serait composée de .\L\I. Grunberg, etc.; de vouloir bien, à cet effet, leur donner les ordres convenables; et que l'adjudant général d'Abancourt leur communiquerait ses instructions; que, cette commission ayant besoin, pour ses travaux, de former un bureau topographique, on mettrait à sa disposition les personnes instruites dans cette partie et qu'elle indiquerait, ainsi que les cartes, documents et autres objets utiles à son établissement et à ses travaux dont l'adjudant général d'Abancourt ferait la demande.

Je notifiai aussi aux membres du gouvernement électoral qu'ils pourvoiraient aux dépenses en argent que cet établissement exigerait, qu'ils pourraient y avoir une commission chargée de surveil 1er l'emploi des fonds et même de tenir la correspondance.

Ce même jour, je reçus une note des membres du gouvernement électoral dans laquelle on disait :

La nomination d'une commission composée de personnes employées au service de l'Etat pour l'établissement d'un bureau topographique entraîne nécessairement l'insuffisance de ces mêmes individus pour vaquer aux fonctions auxquelles ils sont attachés. Un changement de cette nature tient plus ou moins à la forme établie pour l'administration du pays et, sous ce rap-

port, lo r[()ii\criicmeiit électoral se trouve d'autant moins autorisé à seconder la décision du général en chef que le général Decaen vient de lui notifier, par sa lettre du 3 fructidor, que l'article 8 de la convention concernant un armistice entre les armées respectives porte expressément que le maintien des formes actuelles établies clans les Etats compris dans la ligne de démarcation est mis sous la sauvegarde de la loyauté française.

Le gouvernement électoral se voit, en conséquence, dans le cas de faire passer sous les yeuv de Son Altesse Électorale la susdite lettre du général Decaen et d'attendre les instructions qne ce souverain lui fera parvenir à ce sujet. Il croit, en même temps, devoir observer que les frais que l'établissement d'un bureau topograpbique occasionnera, et qui doivent être à la charge du pays, seraient une nouvelle contribution qui surpasse les moyens dont le gouvernement peut disposer lorsqu'il a les plus grandes difficultés à vaincre pour remplir celle des six millions.

Le gouvernement électoral se flatte que le général Decaen, avant de prendre des mesures ultérieures, ne se refusera pas de communiquer au général en chef les motifs qui l'empêchent de l'emplir immédiatement ses vues.

4 fructidor (22 août) . — Je fis à cette note la réponse suivante :

La série d'observations que présente le gouvernement électoral pour ne pas satisfaire à la demande relative à l'établissement d'une commission de routes, décidé par le général en chef, prouve sans restriction que c'est une absolue mauvaise volonté.

Le général Decaen a à se ressouvenir que, déjà, on lui a fait des ohservations sur cet objet, observations qu'il crut alors ne pas devoir relever. Mais aujourd'hui, cet établissement doit avoir lieu et le général ne peut concevoir comment on regarde qu'un bureau topographique pour l'utilité d'une armée qui a conquis un pays soit un changement dans une administration qu'on a bien voulu laisser subsister; enfin que, pour appuyer de telles objections, on ait recours cà un article de convention auquel on donne une interprétation qu'on croit applicable.

Le général Decaen ne peut différer l'exécution des ordres qui lui ont été transmis et, certes, le général en chef, auquel il ne manquera pas de comnmniquer les réponses du gouvernement électoral, sera loin d'être satisfait.

En même temps que j'avais notifié au gouvernement électoral la décision du général en chef pour la formation d'une commission de routes, etc., j'avais écrit aux membres de ce gouvernement :

Je vous préviens, Messieurs, que le citoyen Neveu, commissaire spécialement nommé par le gouvernement français et accrédité auprès de moi par le général en chef Moreau, est chargé de choisir, dans les différentes demeures de l'Électeur et dans les établissements publics de la ville de Munich, les objets d'art et de science qni peuvent servir à compléter et embellir les musées et bibliothèques de la République française.

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