EQUITE DE DECAEN
devait faire opérer. Alors, je répondis à cette note par la suivante :
D'après la connaissance prise par le général de division Decaen du contenu de la note de MiM. les membres du gouvernement électoral en date du... et des pièces à l'appui, pour démontrer qu'il y a une erreur pour l'evécution militaire ordonnée : puisqu'il n'y a point eu de retard apporté pour remplir la réquisition du 21 vendémiaire, le général Decaen a arrêté les suites de cette exécution militaire. Mais il prévient J\IVI. les membres du gouvernement électoral que le commissaire .Mathieu-Faviers, qui a causé cet acte de rigueur par la manière dont il a tenu sa correspondance avec le gouvernement électoral, n'avait pas le droit de rien changer aux ordres du général en chef comme il l'a fait par cette correspondance en tout contraire aux dispositions de l'arrêté dont il a été donné communication.
Ainsi MM. les membres du gouvernement électoral doivent regarder toutes les dispositions contraires à cet arrêté comme non avenues et exécuter celles qu'il prescrit, dont les principales sont que la réquisition frappée doit être remplie indépendamment de la subsistance journalière qui a été fournie dans le mois de brumaire, et que, pour le troisième tiers à effectuer, il ne sera point pris en compte des versements des bons antérieurs à l'arrêté.
Le général Decaen aime à croire que MM. les membres du gouvernement électoral feront tout ce qu'il est convenable pour qu'il n'y ait point de retard dans le complément des approvisionnements demandés et nécessaires aux besoins de l'armée.
Après l'envoi de cette note, j'écrivis au général Dessolle :
Si j'avais quelque autorité sur le commissaire Mathieu-Faviers, je vous assure que je le ferais prendre par quatre gendarmes pour le faire jeter hors de l'armée, si je ne me décidais pas à le mettre à une commission militaire, que personne n'a jamais mieux méritée que lui.
Si l'armée manque de fourrages et d'avoine, c'est au commissaire Mathieu seul qu'il faut en attribuer la cause : les pièces que je vous adresse avec la présente le démontrent évidemment. L'arrêté du général en chef pour la formation des magasins de réserve n'a point été suivi par ce commi.ssaire pour frapper ses réquisitions : il ne faut que le lire, et, surtout, sa lettre d'envoi aux membres du gouvernement bavarois.
Le commissaire Matliieu a fait plus encore... Dans le moment où ces magasins ne sont pas en état de fournir à nos besoins et que vous recommandez de presser les versements, le commissaire Mathieu s'est permis d'accorder une prime, en disant au gouvernement électoral que s'il fournit deux tiers de la réquisition au 1" frimaire, il prendra en compte, pour le troisième tiers, les réquisitions partielles antérieures à la date de l'arrêté du général en chef, tandis que l'article (> de cet ari'êté dit très daire-
ment que les bons des troupes ne peuvent être remis en paiement de cette réquisition. Quelle conduite inconcevable!... Aussi les membres du «gouvernement électoral, auxquels j'avais envoyé des exécutions militaires, comme je vous l'ai annoncé ce malin, de me démontrer que mon exécution était illégale, puisque, d'après la manière d'agir du commissaire Mathieu, au 1" frimaire ils auront fait les versements qu'il leur a demandés et qu'ils auront des bons à représenter pour le troisième tiers. Et pourtant, nous n'aurons presque rien en magasin puisque un tiers au moins a déjà été consonnné et qu'un autre ne sera fourni qu'en bons, si, de suite, mon cher général, vous n'ordonnez pas que la réquisition du commissaire Mathieu est annulée et, en même temps, que vous ne fassiez frapper une autre réquisition dans la forme prescrite par l'arrêté du général en chef.
J'ai prévenu les membres du gouvernement que cette mesure allait être prise et qu'ils aient à faire leurs dispositions de sorte que, quoique le commissaire Mathieu soit sorti des bornes qui lui étaient prescrites, il n'arrive point que l'armée éprouve la moindre difficulté pour ces besoins.
29 hrumaire (20 novembre). — En réponse à celte lettre, le général Dessolle m'écrivit que l'ordonnateur lui avait répondu que ce n'était point les bons de troupes qu'il admettrait en réduction de paiement du troisième tiers de la réquisition, mais seulement les réquisitions partielles des commissaires des guerres |)endant l'intervalle entre la consommation de la réquisilion de l'avant-dernier trimestre et l'établissement de celle du 21 vendémiaire pour le trimestre actuel ; qu'il lui avait défendu, vu les circonstances où nous nous trouvions, d'accepter de pareilles compensations qui, d'ailleurs, étaient légitimes, et qu'il l'avait en même temps autorisé à frapper sur la Bavière une réquisition de 15 000 quintaux d'avoine et de plusieurs milliers de quintaux de foin et de paille en avance sur la réquisition à frapper sur le trimestre prochain, et lui avait dit de motiver cette mesure sur la rapidité des mouvement de l'armée et sur les obstacles provenant des mauvais chemins (|ui ne permettaient pas d'amener sur la première ligne, assez à temps, les magasins que nous avions en arrière.
Il m'annonçait qu'il allait donner des ordres pour la réparation des chemins depuis Augsbourg jusqu'à l'endroit oii j'avais fait commencer ; mais qu'il attendait que la division Richepance eût passé.
11 me mandait aussi qu'il avait donné l'ordre au général Mon-