PREPARATIFS DE DEPART
demi dans l'opinion du général Moreau. Ainsi regarde comme non avenu ce que je t'ai écrit à cet égard.
Dans la copie de la lettre au général Richepance, il était dit :
L'intention du général en chef, citoyen général, est que, laissant un escadron seulement sur la ligne de démarcation, vous repliiez vos troupes sur la rive droite de laTraun, resserrées par brigades, de manière à être prêtes à passer la Traun, partie sur Steyr et partie sur Enns, si vous en recevez l'ordre.
Cet ordre ne changeant rien à l'arrondissement de la division aux ordres du général Decaen, je suppose que votre quartier général restera établi à Seitenstetten. Je vous prie de m'en prévenir.
Le service des vivres et fourrages de votre division devra être assuré jusqu'au 30.
Pour copie conforme, signé : Lahorie.
D'après ce qui m'était mandé, je fis donner ordre aux généraux de brigade de lever leurs cantonnements, et qu'immédiatement après avoir rassemblé leurs troupes, ils devaient les mettre en marche et les conduire sur la rive gauche de la Traun où elles devaient arriver le 27 et être placées jusqu'à nouvel ordre, savoir : la brigade Durutte, entre Lambach et Schwanenstadt, occupant ces deux endroits et les villages circonvoisins, l'autre brigade, à Wels et dans les villages entre cette ville et Lambach.
L'infanterie de lavant-garde fut dirigée par Neuhofen sur Lambach pour faire partie de la brigade Durutte, et le 6e de chasseurs, commandé par le chef de brigade Laffon, vint occuper Enns ainsi que plusieurs villages des environs sur la rive gauche de l'Enns.
Le commissaire des guerres reçut l'ordre d'assurer les vivres pour leur marche au delà de la Traun et pendant qu'elles pourraient séjourner sur la rive gauche de cette rivière.
26 ventôse (17 mars). — Je reçus l'ordre de marche du centra de l'armée, daté de Salzburg le 25, dans lequel il était énoncé :
La division aux ordres du général Decaen se mettra en marche le 28, pour arriver par Lambach, Laufen, Waging, Wasserburg et Ebersberg ur Munich où elle devra être arrivée le treizième jour de sa marche, c'està-dire le 9 germinal, y compris un séjour, le troisième jour de sa marche, et un second séjour sur Wasserburg.
Le 10 germinal, cette division continuera son mouvement pour arriver
le 11 sur Friedberg et environs, où elle séjournera le 12; elle y recevra des ordres ultérieurs.
Dans rétablissement de ses cantonnements, elle appuiera constamment à gauche en retraite.
Le mouvement de retraite du centre de l'armée des états de la Haute Autriche devant occasionner, dans la Souabe, une prolongation de séjour, les divisions des généraux Grouchy et Richepance, au passage de lTnn, devront être toutes pourvues de subsistances en tous genres pour quatre jours, à leur départ de Braunau.
Celle du général Decaen en sera pourvue pour deux jours à sa sortie du territoire de l'Autriche.
Pour rendre moins onéreuse cette disposition au pays, les magasins d'armée réunis à Braunau sont mis à la disposition du commissaire ordonnateur du centre de l'armée pour contribuer à assurer le service.
La régence de la Haute Autriche devant se charger d'assurer le service des subsistances, les généraux de division du centre sont invités à envoyer, au reçu du présent, un officier d'état-major avec leur commissaire des guerres à Linz pour s'entendre avec le commissaire ordonnateur du centre de l'armée afin que les troupes soient pourvues de tout ce qui leur est nécessaire, de manière à ce que tous les désordres qui se commettraient ne puissent être excusés par des prétextes de besoins auxquels il n'aurait pas été pourvu. Une disposition principale sera le renvoi exact des voitures de transport dont le nombre devra d'ailleurs être réduit autant que possible.
Les généraux de division du centre prendront, à cet égard, ainsi que pour ce qui tient au maintien de l'ordre et d'une discipline sévère dans la marche, toutes les mesures qu'ils jugeront les plus sûres pour parvenir à ce but.
Cet ordre était accompagné d'une lettre du général Lahorie. II me mandait :
Ci-joint, mon cher Decaen, l'ordre de marche du centre de l'armée. Tu y prendras ce qui concerne ta division. Dans six jours, le général Moreau sera à Munich. Je t'envoie, mon ami, deux bons de gratification du général en chef pour toi.
Celui de 10 000 francs est la gratification accordée aux généraux de division. Je n'ai pas besoin de te dire que l'autre (1) est une marque particulière de l'estime du général Moreau pour toi. Il désire que ce sentiment donne à cette gratification son principal prix à tes yeux; je t'embrasse, etc..
Les dispositions antécédentes que j'avais fait exécuter à la division l'ayant mise en mesure d'opérer ce mouvement de retraite au premier ordre, je n'eus autre chose à faire, en le recevant, que d'ordonner ce qui était à faire pour lui assurer ses subsistances
(1) « Il était de 15 000 francs » [Noie de Decaen,