IN BEAU GESTE DE LAFFON
Les généraux de brigade Sahuc et Durutte sont attachés à cette division avec l'adjudant commandant Plauzonne.
Cette division s'établira d'abord entre le Lech et le Danube. La division se mettra ensuite en marche pour arriver sur la rive droite du Rhin.
L'époque de l'arrivée des troupes près de ce fleuve ainsi que les points où elles devaient effectuer leur passage ayant été changés par un ordre ultérieur, je ne les énonce point. Les régiments de chasseurs 1er et 20% qui passaient à la division avec le général Sahuc, étaient déjà cantonnés entre Gùnzburg et Augsbourg. La 27e tenait garnison dans cette ville. Je fixai les cantonnements du surplus de la division entre Batzenhofen et Augsbourg.
23 germinal (13 avril). — Mon arrière-garde arriva à Friedberg. Elle reçut Tordre d'y cantonner et dans les environs jusqu'à nouvel ordre (I).
25 germinal (15 avril). — J'adressai au général Lahorie le brevet d'un sabre d'honneur accordé au digne Montaulon. Le chef de brigade Laflon, en me présentant ce brevet, exprimait une joie et une satisfaction plus vives que si ce titre eût été pour lui-même, tant il avait d'amitié pour son brave camarade. Je demandai que cette récompense fût annoncée par l'ordre de l'armée.
Précédemment, l'excellent chef Laffon avait encore refusé une fois le brevet de général de brigade, préférant rester au commandement de son 6e de chasseurs qu'il regardait comme sa famille. Quel rare et bel exemple !
Je mandai au général Lahorie (2) qu'il avait dû recevoir une
(1) Le 24 germinal, Decaen écrivait à Lahorie :
« Je t'adresse, mou cher Lahorie, une réclamation que m'avait renvoyée le général en chef : tu verras, au bas, la réponse du chef de brigade qui est suffisante pour faire droit à la demaude du réclamant.
a L'adjudant général Bertrand a dû te remettre ta carte et l'itinéraire de marche de la division. Je resterai ici jusqu'au 4; le 5, je serai à Ulm, le 6 à Biberach, le 9 à Donaueschingen et, vers le 12 ou le 13, à Offenburg. Je t'indique les lieux où on me trouverait si lu avais quelque ordre à m'adresser.
« Les Bavarois étaient si impatients d'entrer à Munich qu'à peine ils ont pu attendre qu on ail relevé les postes pour entrer, et si je n'avais pas fait une erreur, ils auraient langui jusqu'au 23, puisqu'il est arrivé que le 6e aura fait la route de Salzburg à Augsbourg sans séjour... Je crois, du coup, avoir acquis des droits à la reconnaissance bavaroise. Adieu, mon cher Lahorie. Veux-tu m'obliger de me dire quand tu seras à Strasbourg? Adieu, je t'embrasse » (Decaen à Lahorie, Augsbourg, 24 germinal, A. H. G.).
(2) Decaen à Laborie, Augsbourg, 25 germinal an IX (A H. G.).
demande, afin qu'il me fût donné des ordres de fournir des troupes pour des exécutions militaires relativement à des voitures dont les administrations disaient avoir besoin (le nombre de ces voitures était de 880 à quatre colliers, et 12 sacs dans chacune), pour transporter des denrées s'élevant, en grains, à 17 000 quintaux et 5 000 sacs d'avoine; et que j'avais répondu qu'on s'adressât directement à lui pour cet objet, car la manière de présenter cette demande ne m'avait pas paru aussi claire que je l'aurais désiré ; qu'on m'avait parlé des grands intérêts du gouvernement, de conférence sans résultat, de consignation de 1 200 à 1 500 louis pour faire une chose plutôt qu'une autre dont je n'avais pas voulu entendre les détails, me résumant à demander une note officielle à laquelle on joindrait un arrêté du général en chef qu'on m'avait cité et qui devait autoriser une pareille mesure.
J'annonçai que mes dernières troupes quitteraient le lendemain Friedberg.
J'écrivis aux magistrats d'Augsbourg la lettre suivante :
J'ai déjà reçu beaucoup de plaintes sur ce qu'en plusieurs endroits du territoire qui dépend de votre souveraineté, Messieurs, et encore aujourd'hui, auprès de Langiveid, on y attaque à main armée les hommes et les équipages de l'armée française. Comme on ne doit accuser de ces délits que les habitants mômes du pays, puisqu'il n'est point encore arrivé que ces excès aient été commis envers d'autres individus, je vous engage à prendre des mesures pour que ces crimes ne se répètent plus ; car je vous préviens qu'il sera infligé, pour le moindre événement de ce genre, les peines les plus exemplaires; et je tiens parole. Prévenez vos administrés que les communes sur le territoire desquelles se commettront les délits seront, par leurs habitants etrleurs propriétés, responsables.
Je vous préviens encore que si je reconnais la moindre négligence dans l'autorité supérieure à mettre un frein à cette conduite déloyale, ce sera particulièrement elle qui en supportera la punition,
26 germinal (16 avril). — Je reçus du général Lahorie la lettre ci-après, datée de Stuttgart, le 23 :
Je te préviens, mon cher Decaen, que, d'après les ordres du gouvernement, la 4e demi-brigade de ligne devra passer le Rhin à Strasbourg le 15 floréal, pour continuer sa marche le même jour sur Nancy; le bataillon du 65e devra passer le 15 pour se rendre à Metz; la 14e légère devra passer le 19 ou le 20, à Huningue; la 16e légère devra passer le 17 ou le 18, à Rrisach; le 17e de dragons, à Strasbourg le 14, pour Pont-à-Mousson ;