‹ Mémoires et lettres du P. Timothée de La Flèche, évêque de Béryte, sur les affaires ecclésiastiques de son temps 1703-1730Chapitre 43 sur 46 · IKM()IP,F.S ET LFTTRF.S · texte numérisé non relu

IKM()IP,F.S ET LFTTRF.S

et qu'est-ce qu'on infère de ce triste silence, sinon qu'on prend peu à cœur cette affaire et qu'on se soucie peu que les choses restent en l'état où elles sont. Quoi de plus affligeant pour nos jNIM. de Rolian et de Bissy qui jour et nuit travaillent pour que Votre Sainteté sorte avec honneur de cet embarras. Je les vois enfermés dans leur cabinet sans parler c[uasi à personne, se privant de toutes les douceurs de la vie, afin de prévenir tout ce que les gens du Roi ou de son Parlement, sous prétexte de soutenir les libertés de l'Eglise gallicane, trament contre vos intérêts, et ôter au parti tout moyen de brouiller. Ils ont la douleur de n'être pas secondés du Saint-Siège, beaucoup plus intéressé qu'eux dans cette affaire. Trouvez bon que je vous le représente avec ma confiance et liberté ordinaire d'un enfant à son père. Les bons évêques et tous les catholiques n'ont qu'à laisser les choses comme elles sont, ils s'épargnent beaucoup de fatigues et d'inquiétudes, on ne parlera plus de rien dans l'Etat, tous les troubles cesseront, mais adieu l'autorité du Saint-Siège en France, Non seulement la constitution Unigenitus, mais toutes celles qui l'ont précédée n'auront plus de vigueur, la religion en recevra un préjudice notable, les nouvelles doctrines de Jansenius. de Baius et de Quesnel seront suivies sans qu'on pense à les combattre, et l'hérésie y triomphera impunément. Le Roi ni les défenseurs de la Foi n'auront pas à se reprocher de n'avoir pas mis tout en usage pour prévenir un si grand renversement dans le royaume, où la religion avait toujours été florissante. C'est notre affaire plus que celle de la France et c'est mal entendre vos intérêts et ceux de l'Église, si on vous empêche d'agir, et si on vous engage à différer de vous rendre

et porté à prendre les moyens les plus doux ■» (Ibid.). Le cliancelier Voisin écrit le 12 août 1715 : « Si le Pape ajoute foi à ce qui peut lui avoir été mandé par le Père Timothée et par M. Massei, il ne rejettera certainement point la voie du Concile. Ces deux personnes paraissent ici fort convaincues qu'on n'en peut prendre une meilleure et plus prompte et dont le succès soit plus assuré ». AtT. Étrang. Con'. Rome, n. 553, fol. 35 v".

à nos pressantes remontrances. Nous sommes ici bien mieux au fait des suites funestes d'un plus long retardement qu'on n'y est à Rome. C'est ce qui oblige le Roi à prendre les mesures les plus sages et les plus efficaces pour prévenir les malheurs dont l'Église est menacée dans son royaume. C'est pour cela qu'après avoir consulté nombre de fois nos deux Eminences, M. le Chancelier et autres qui entrent dans ses pieux désirs, il s'est déterminé à donner une déclaration où il sera enjoint aux évèques protestants d'accepter sous quinze jours votre constitution, comme elle l'a été d'abord par cent quinze évêques, et comme elle Test dans toute l'Eglise, nemine reclamante, sous peine s'ils refusent encore d'être privés de leur temporel, poursuivis dans toutes les rigueurs du droit parles voies canoniques. Cette déclaration doit paraître dans deux ou trois jours, et être enregistrée dans le Parlement. Et comme le cardinal de Noailles, les adjoints et le parti y ont des amis puissants, ce qui fait craindre qu'on ne s'y oppose, Sa Majesté médite de venir elle-même tenir son lit de justice et de se servir de toute son autorité royale pour empêcher qu'on n'y forme aucune opposition, ce qu'elle n'a point fait depuis qu'elle s'y transporta pour faire recevoir et enregistrer la bulle sur le formulaire contre les cinq oppositions, il y a soixante ans. Je ne parle qu'après M. le cardinal de Rohan et de Bissy qui se sont ainsi expliqués avec M. Massei et moi depuis deux jours, et qui désirent que nous le représentions à Votre Sainteté. 'V^oilà jusqu'où ce religieux Prince porte sa fermeté et déclaration qui n'a d'autre objet que de mettre in reatiL le cardinal et ses adjoints, s'ils persistent dans leur opiniâtreté et pour les empêcher de paraître, comme les évêques qui ont accepté la Constitution, dans ce concile national où Sa Majesté doit également paraître pour se rendre elle-même leur accusateur.

Quoiqu'une pareille déclaration ne puisse manquer de produire un bon effet, il serait cependant plus à souhaiter que ce fût Votre Sainteté qui les mit in reatii par un bref où il leur fût enjoint de recevoir la Constitution, que le concile

MÉMUIKES ET l.ETTHES. 13

lV»t MÉilOIRES ET LETTRES

national convoqué et assemblé par son autorité et présidé par ses Légats, Il n'y a aucun doute que le coup serait bien plus terrible pour le parti, plus utile à la Religion, plus avantageux au Saint-Siège. Mais quoi qu'il en soit, le Roi est toujours bien résolu de donner des marques de son attachement à la chaire de Saint-Pierre. M. Massai et moi, logés à l'abbaye de Saint-Germain, sommes témoins que M. le cardinal de Bissy fait plus que jamais paraître son zèle pour tout ce qui peut y contribuer. Nous sommes étonnés qu'il puisse résister à tant de fatigues. Il n'a pas un moment de repos. On ne peut aussi en mieux user que le font M. le cardinal de Rohan, madame de Maintenon, M. le Chancelier et le P. Le Tellier... Ne laissez pas. Saint-Père, plus longtemps le cardinal de Noailles et son parti crier victoire de ce que vous différez toujours de prendre de sages résolutions pour leur faire sentir les effets de leurs opiniâtres rébellions à vos oracles. Animez le courage de ceux qui cherchent le bien de l'Eglise, car enfin il est à craindre qu'il ne se ralentisse... Il ne faut pas craindre qu'il y ait aucun soulèvement à Paris en faveur du cardinal de Noailles. Je sais qu'on le répand partout et que ce bruit est même arrivé jusqu'à Rome, et peut-être est-ce la raison qui retient 'Votre Sainteté. Rien déplus faux...

(De nouveau le Père Timothée recommande la prompte expédition des bulles de l'archevêché d'Embrun.)

«... On écrit de Rome que Don Luiggi Maillé, l'abbé Terray et autres détenus dans les prisons du Saint-OlTice depuis cinq ans, comme partisans du jansénisme, ont été mis en liberté, déclarés innocents, et qu'on les voit se promener dans la ville. On a peine à croire ici cette nouvelle, après la conduite qu'ils ont gardée au préjudice de la saine doctrine. Certainement que, dans ces conjonctures présentes, cela produirait ici un très mauvais effet s'il se confirmait...

Méni. du P. Tim.. éd. 177'.. p. 191-196.

DE L-ÉVi:0UE DE BÉRYTE. l'.fj

LE PERE TIMOTHEE A CLEMENT XI

Paris. 19 août 1715.

Je n'ai que de fâcheuses nouvelles à vous mander, il y a dix ou douze jours que le Roi est malade. On a cru d'abord que ce ne serait rien, mais son indisposition est devenue si sérieuse en raison de son grand âge qu'il y a tout lieu de craindre. Il est abattu et changé, il n'a point d'appétit, a toujours une soif ardente, et ne dort presque pas. On s'aperçoit que le cardinal et ceux qui lui sont dévoués tirent déjà courage de l'état fâcheux de ce bon Prince, et il compte qu'il n'ira pas loin. Le parti en devient plus sûr dans l'espérance qu'il y aura bien du changement dans l'Etat, et qu'il lui sera favorable. Ils osent par avance insulter ceux qu'ils connaissent pleins de zèle pour la saine doctrine.

J'avais mandé à Votre Sainteté qu'incessamment devait paraître une déclaration du Roi pour obliger le cardinal et les autres d'accepter la constitution, et les mettre en cas de désobéissance ùi reatu, pour ensuite procéder contre eux par les voies canoniques; et s'il paraissait que le Parlement ne fût pas disposé à la recevoir et enregistrer. Sa Majesté était résolue de tenir son lit de justice, et par sa présence et son autorité lever les difficultés qu'on pourrait former. Cette déclaration devait paraître aujourd'hui; mais l'indisposition du Prince non seulement arrête et suspend tout, mais donne lieu de juger que cette déclaration ne paraîtra pas, et que si on persiste à la vouloir donner au Parlement, il refusera hautement de la recevoir '. Les gens du Roi qui sont toujours à sa tète, le premier président, le procureur, les avocats généraux, tous livrés au cardinal de Noailles et

1. Le iiK'iiMiin' [)iéstMilé au feu loi par M. (i"Aguess(Mii, aloi's prufiircur gi-iiéral, sclrutivi' dans le !■'. 1'. lUiiol, fol. 100.

au parti, surtout le procureur général, n'ont pas craint de résister en face à Sa Majesté et de lui parler d'une manière à lui faire entendre que le parlement était résolu de s'opposer à cette déclaration, comme contraire aux libertés de l'Eg-lise Gallicane, et aux intérêts de la couronne. Si ce Prince était plus jeune et sa santé moins languissante, ils se garderaient bien de parler si haut. Une pareille audace n'a pas peu frappé l'esprit du monarque ; il juge assez que si on ose lui tenir tète dès que Ion voit sa santé altérée, on ne gardera plus de mesure après sa mort, ce qui l'inquiète à un point que son mal a fort augmenté. Il paraît en effet que les mal intentionnés n'attendent pas sa mort pour faire éclater ce qu'ils projettent depuis si longtemps ; ce qui alarme avec raison MM. de Rohan et de Bissy, tous nos bons évèques, le P. Le Tellier et tout ce qu'il y a de bien intentionné pour la bonne cause, mais moi plus que qui que ce soit, pour bien des raisons que Votre Sainteté peut assez pénétrer. C'est, dis-je, ce qui nous jette tous dans la dernière consternation. Ce n'est pas que la vie du Roi soit désespérée, et même on se flatte que sa santé se rétablira, bien qu'on en parle depuis trois jours fort diversement. Sa vie est si précieuse à l'Eglise et à l'État, surtout dans les conjonctures présentes, qu'on a raison de tout appréhender. Ce n'est pas sans raison que j'ai pris la liberté de vous représenter qu'il n'y avait pas de temps à perdre, et qu'on ne pouvait trop se presser de prendre les moyens les plus eflicacés pour finir cette grande affaire et de se prévaloir de la grâce que Dieu nous faisait de conserver ce religieux Prince. Car enfin il ne faut pas se flatter, sa santé sera désormais si faible qu'on ne serait pas surpris si d'un moment à l'autre il venait à manquer. Il n'est que trop vrai que ce schisme est inévitable, si le Seigneur vient à disposer du Roi. Le cardinal de Noailles ne pense qu'à se concilier le cœur des peuples, on le voit sans cesse dans les rues de Paris, où il ne paraissait autrefois que rarement, pour se les rendre favorables. Use familiarise aux grands et aux petits, affecte un air doux et gracieux envers tous, parle à un chacun avec une bonté sans exemple, taisant sans cesse

arrêter son carrosse pour donner la bénédiction. On entend crier à haute voix : « Vive notre saint archevêque ». De grâce, Très-Saint-Père, prévenez les maux dont nous sommes menacés, sauvez l'Eglise de France, ne la laissez pas séparer du chef visible des fidèles auquel elle a toujours été si unie; secondez les bonnes intentions de notre religieux monarque, aussi bien que le zèle de ceux qui vous sont si attachés, et dont le nombre, grâce au ciel, est encore fort grand. La lettre que je reçus, il y a huit jours, de votre part, écrite par M. le cardinal Paulucci, est bien consolante ; mais il faut quelque chose de plus que ce que vous dites avoir écrit à Paris, pour montrer que vous avez toute l'attention qu'on peut désirer aux instances du Roi. C'est un concile national qui nous est nécessaire, par votre autorité, joù président vos légats afin qu'il ne manque rien au jugement qui y sera prononcé. Oh! que M. le cardinal Cassini y ferait merveille s'il en était un. On le souhaite autant et plus que tout autre. Je n'hésite pas à croire que votre nonce et M. Massei ne vous écrivent combien tout est à craindre, si on ne profite de ce qui reste à notre grand Roi de vie et de santé et de courage, qui grâce au Seigneur ne lui manque pas. Il en a autant qu'il en ait jamais eu, et s'il se peut rétablir, comme on l'espère itout bon catholique le doit demander à Dieu) , l'on verra s'il sera aussi bien obéi qu'il l'a été par le passé. Sa tète ne se ressent nullement de son âge et de ses indispositions. Il assiste à l'ordinaire à ses conseils, donne les audiences qu'il avait coutume d'accorder. Moi-même je viens de l'éprouver, puisque j'eus l'honneur de le voir mercredi pour la première fois depuis mon retour de Rome. Votre Sainteté ne sera .pas fâchée que je lui en fasse le récit. Je fus averti par le P. Le Tellier, qui me présenta à Sa Majesté, de ne lui pas faire de discours, à cause de l'état où elle se trouvait, de la saluer et de ne lui dire que deux mots, lorsque je lui remettrai votre bref. Mais comme il a ressenti quelque joie de me voir, son visage qui un moment auparavant était on ne peut plus abattu, devint tout à coup tranquille. Je pris courage et crus pouvoir lui faire un petit compliment...

(Suit ce compliment avec la réponse du Roi (voir plus haut p. 126).

C'est le précis de l'accueil favorable que m'a fait le Roi. Le P. LeTellier et M. le marquis de la Vrillière, ministre et secrétaire d'Etat, qui étaient présents, dès que je fus hors du cabinet, vinrent m'embrasser, me marquer leur joie et m'assurer que le Roi leur avait paru très aise de me voir, qu'il était indisposé, et que, dans la plus grande santé, il ne m'aurait pas répondu plus au long et avec plus de tranquillité. MM. de Rohan et de Bissy et beaucoup d'autres qui surent de quelle manière Sa Majesté m'avait reçu, ne tardèrent pas à me féliciter. Je fus ensuite accompagner le Roi à la messe qu'il alla presque aussitôt entendre, et à son dîner, placé tout près de lui. Après le dîner j'allai visiter M. le Dauphin, les princes et princesses et les ministres. Comme Votre Sainteté par ses grandes bontés pour moi daigne s'intéresser à tout ce qui me regarde, je prends la liberté de lui en faire le détail et je me flatte qu'elle l'agréera. Je continuerai à informer Votre Sainteté de tout ce qui se passera ici, bien persuadé que s'il elle juge à propos de se servir des connaissances que je pourrai lui donner, elle le fera sans me commettre. Elle comprend à quoi je serais exposé, si on venait à le soupçonner. Je ne suis pas à m'apercevoir que j'ai ici bien des ennemis ; j'ai déjà éprouvé les ressentiments les plus vifs de M. le cardinal de Polignac, ainsi que j'ai déjà eu l'honneur d'en informer Sa Sainteté. 11 continue à publier que c'est moi qui l'ai mis mal dans son esprit, qu'il le sait à n'en pouvoir douter puisque ce sont les personnes qui l'approchent le plus près, et qui ont plus de part à sa confiance, qui le lui ont mandé. Votre Sainteté peut mieux que personne me rendre justice, que je ne lui ai jamais rien dit

de lui qui ne tendît à l'excuser Rien n'est capable de

l'apaiser. MINI, de Rohan et de Bissy, avant que je fusse de retour, et encore tout récemment M. Massei, ont plusieurs fois mis tout en usage pour le faire revenir de ses préventions, et l'engager au moins à m'entendre. Tout a été inutile. Au sortir delà messe de Sa Majesté je le rencon-

Irai dans les appartements. 11 me tourna le dos. Il me revient de toutes parts qu'il me déchire à belles dents partout; s'il peut me rendre quelque mauvais office, il le fait ; quoi de plus triste que de se voir en but à une personne de ce rang, à l'égard de laquelle on n'a rien à se reprocher. Après tout, je sais m'en consoler, et je suis disposé, s'il faut être la victime de son chagrin, de l'être' d'autant plus volontiers que je ne dois sa haine contre moi qu'à l'extrême bonté que Votre Sainteté daigne me témoigner depuis tant d'années, et qu'à mon parfait dévouement au Saint-Siège. Je vous avertis de tout ceci pour que ceux qui ont l'honneur de vous approcher ne puissent rien écrire en ce pays, y faire leur cour aux dépents des innocents, et même au préjudice du Saint-Siège. Rien de nouveau dans ce pays, la santé du Roi n'est pas Dieu merci désespérée, mais tout est à craindre tant le péril où il se trouve est grand»..

Mém.duP. Tim., éd. 177'i, p. l'J8-204.

LE P. TIMOTHEE A CLEMENT XI

Tiiris, lp -JH août ITlô.

J 'eus l'honneur il y a huitjours d'informer Votre Sainteté de la mauvaise santé du Roi. Non seulement elle n'est pas meilleure, mais il paraît qu'elle est pire. 11 avait eu quelque petit soulagement, mais il passa très mal la nuit du 24 au 25; il eut plusieurs faiblesses qu'on appelle en Italie accidens; il se confessa, et hier tout Paris fut alarmé. Je ne sais pas encore comme il a passé la dernière nuit. Nous sommes entre la crainte et l'espérance. Nous espérons encore, mais son âge fort avancé, son épuisement et plusieurs symtômcs fâcheux de sa maladie, où les médecins ne connaissent rien, font que la

crainte l'emporte sur l'espérance. L'un veut qu'il y ait de la fièvre, l'autre qu'il n'y en ait pas. On lui donne le soir le quinquina et le matin le lait d'ânesse. S'il était plus jeune, nous n'appréhenderions pas tant, mais il entre dans sa soixante-dix-huitième année, ce qui nous fait trembler pour des jours si précieux à l'Eglise et à l'Etat. Tout bon catholique et tout bon Français ne pensent pas autrement. "Votre Sainteté qui connaît mieux que personne combien sa vie est importante à la religion et au repos de l'Europe, va être bien inquiète sur les nouvelles qu'elle recevra de ce pays. Si, dans les conjonctures présentes, ce bon Prince qui en a toujours été le généreux défenseur, et qui encore dans l'état fâcheux où il se trouve, fait paraître un zèle incroyable pour son soutien, vient à manquer, que n'y aura-t-il pas à craindre?

J'ai su par M. ^lassoi la confirmation de ce que Votre Sainteté me fit écrire par M. le cardinal Paulucci qu'elle a toujours la bonté d'écouter favorablement ce que je puis lui communiquer...

(Le P. Timothée a eu communication des lettres de M. Amelot. Il s'étonne que ce ministre tienne un langage différent de celui du Pape.)

... (Si on l'en veut croire, vous êtes bien éloigné de vous rendre aux instances de cette Cour et de donner enfin les mains à ce qu'on vous propose comme absolument nécessaire et le seul moyen de finir cette fâcheuse affaire à l'avantage de la religion. Il n'y parle que de vos irrésolutions et de votre froideur à répondre à ce qu'on vous fait représenter, jusqu'à dire que vous ne seriez pas fâché que M. le cardinal de Noailles mît dehors son mandement, et que vous vous en contenteriez. Selon lui, on ne doit jamais s'attendre que vous consentiez à un concile national, vu toutes les dilficultés que vous continuez de faire pour vous en dispenser. Le cardinal Fabroni, ajoute-t-il, est à la tète des discussions qu'on fait à Rome sur cette affaire. On l'écoute et on le consulte plus qu'aucun autre. C'est votre oracle, et il est très opposé à l'idée d'un concile, et à tout ce que l'on propose sans vouloir

DE L'EVEQUE DE BERYTE. L'Ol

démordre de ses sentiments. Plusieurs cardinaux, à l'entendre, sont les premiers à l'assurer qu'on ne pense à rien moins à Rome qu'à prendre des moyens vifs et généreux pour réduire le cardinal de Noailles et ses adjoints. On ne peut vous faire entrer dans rien de tout ce qu'il a ordre de vous proposer, et que l'on ne cesse de vous faire représenter par j\IÎ\I. de Rohan et de Bissy et par votre nonce. Il fait même instance pour avoir la permission de revenir incessamment à Paris, étant très persuadé que sa présence et ses négociations ne produiront rien de plus que ce qu'elles ont produit jusqu'à ce jour. MINI, de Rohan et de Bissy gémissent de voir que ce qu'écrit M. Amelot est si différent de ce que me mande le cardinal Paulucci. A la vérité, ils ajoutent bien plus de foi à ce qu'on m'écrit de votre part (Ju'à ce qu'écrit ce magistrat. Mais ils s'aperçoivent que les lettres de ce dernier font bien plus d'impression sur les esprits que les vôtres. Ils en ont le cœur pénétré. Ils croient donc très à propos que Votre Sainteté se détermine et passe sur des difficultés qu'elle peut avoir, qui l'empêchent d'adhérer à leurs remontrances, à cause du grand péril qu'il y a à retarder davantage et du grand préjudice qu'en peut recevoir la religion. Soyez persuadé que vos intérêts leur sont plus chers que les leurs propres, et qu'ils sont bien éloignés de V.VOUS faire rien proposer qui ne doive tourner à votre gloire et ."> l'avantage de l'Eglise. Ils sont bien mieux instruits de ce qu'il convient de faire, qu'on ne le peut être à Rome, où pour n'êt.^e pas au fait des usages de notre pays, on prend des travers et pense à des moyens tout contraires à ce qu'on doit prendre pour rtkissir. Si le parti vient à prévaloir, à quoi ne sont pas exposés tous les bien intentionnés ? Nous ne commençons que trop à nous en sentir. Je ne puis me dispenser d'avertir Votre Sainteté que l'état où se trouve le Roi semble demander que vous suspendiez vos dernières résolutions jusqu'à ce que nous soyons informés du cours que prendra sa maladie, car si ce grand Prince vient à manquer, il faudra savoir si la régence est animée du même zèle. Je le vois par moi-même, et j'ai trop à cœur les intérêts de la

religion et les vôtres, pour ne pas vous parler avec la même confiance que j'ai fait jusqu'à ce jour.

Mém. du P. Tim., éd. 1774, p. 204-208.

LE P. TIMOTHÉE A CLEMENT XI

Paris, ce 1"'' septembre 1715.

Votre Sainteté recevra celle-ci par le courrier extraordinaire que dépêche M. le nonce pour vous porter la triste nouvelle de la mort du Roi. Mes précédentes vous y auront préparé. Ce bon Prince eut un peu de soulagement ces jours passés à la faveur d'un élixir que lui donna un médecin de Marseille, et déjà on se flattait qu'il fût revenu de l'extrémité où il avait paru être. Mais la gangrène s'étant augmentée et ayant monté jusqu'aux genoux, on vit bien qu'il n'y aurait plus rien à espérer. Sa mort est tout à fait précieuse. Il avait toujours été grand pendant sa vie, mais dans ses derniers jours il l'a été plus qu'on ne peut le dire. Rien de plus chrétien, il a paru intrépide aux approches de ce grand passage qui lui était annoncé, il ne s'occupait que de ce qu'il devait paraître devant son souverain juge ; tous ses sentiments étaient héroïques et pleins de la plus pure religion. Comme il voyait tous ceux qui l'assistaient fondre en larmes, il était le premier à les consoler, disant qu'il n'était pas plus immortel que le reste des hommes, qu'il avait vécu un assez grand nombre d'années, que sa carrière était finie, et qu'il n'avait plus besoin que de prières pour que Dieu daignât lui faire miséricorde. Comme on lui dit que le Saint-Sacrement était exposé dans tout Paris et ailleurs pour demander au Seigneur le retour de sa santé, il marqua plusieurs fois désirer ne pas vivre davantage, n'avoir aucun attachement à

DE LÉYÉQUE HK HÉRYTE. -203

la vie; qu'il fallait seulement demander une mort précieuse à ses yeux. Ce fut dimanche qu'il reçut les derniers sacrements des mains de M. le cardinal de Rohan, ce qu'il fit de la manière du monde la plus édifiante, après avoir demandé pardon à chacun des mauvais exemples qu'il avait donnés et des chagrins qu'il avait pu causer dans le long- cours de son règne. Comme le cardinal de Rohan avait peine à achever la cérémonie de l'extrémeonction pour être pénétré de la plus vive douleur : « Prenez courage, lui dit. ce religieux Prince, prenez courage, Monsieur le Cardinal, il en faut tous venir là. » Ces devoirs remplis, il ne pensa plus qu'à mettre ordre à tou(. Il se fit apporter la cassette qu'il se fit ouvrir, mit à part tous les papiers qu'il désirait qui fussent conservés et ordonna que tous les autres fussent brûlés. Deux mois auparavant, il avait fait un codicille à Marly en présence de M. le Chancelier. Il le relut et prit la plume pour y ajouter quelque chose et le finir, ce qu'il fît comme s'il avait été dans la plus parfaite santé. Après quoi il fit venir tous les Princes de son sang pour dire à chacun quelque chose en particulier et de fort tendre. Il les exhorta à une parfaite union entre eux, à la même soumission et au même attachement pour M. le Dauphin qu'ils avaient toujours paru avoir pour lui, leur manifesta ses dernières volontés; et comme il laissait pour régent M. le duc d'Orléans, à qui il dit dans ce moment tout ce qu'il y avait de plus affectueux, il leur fit lire son codicille qui renfermait toutes les autres dispositions dont les suivantes sont les principales, savoir que M. le Maréchal deVilleroy, sous les ordres de M. le duc de Maine, serait gouverneur du jeune roi ; M"" la duchesse de Ventadour, sa gouvernante, pendant qu'il serait entre les mains des femmes; M. de Fleury. ancien évêque de Fréjus. son précepteur: le P. Le Tcllier, son confesseur. Tous les princes pendant cette lecture fondaient en larmes, ce qui l'obligea à les faire retirer pour s'entretenir de nouveau avec son confesseur.

Sa Majesté passa assez tranquillement la nuit du di-

manche au lundi, son confesseur presque toujours auprès de lui, et M. le Chancelier dans lesquels jusqu'aux derniers moments il a marqué avoir une entière confiance. On lui apporta le même jour par son ordre son petit Dauphin, à qui en présence de tous les Princes et Princesses, il fit une exhortation des plus tendres et des plus pathétiques, qu'il ordonna qu'on lui répétât tous les jours jusqu'à ce qu'il fût dans un âge de ne pas la mettre en oubli, et d'en profiter. Entre autres choses, il lui recommanda fort de conserver toujours la crainte de Dieu, de -s'attacher à son peuple, l'aimer et le soulager autant qu'il le pourrait et le rendre heureux; que c'était un bon peuple, fort fidèle et très zélé pour la gloire de son Roi ; que les malheurs du temps l'avaient obligé de charger beaucoup, qu'il eut à le décharger, et ne suivît pas ses traces, mais seulement en ce qu'il pouvait avoir eu de bon, et qu'il ne fît pas la guerre aisément, ni autrement que dans le pur besoin, et lorsqu'elle serait nécessaire : il lui recommanda d'être toujours plein de zèle pour le soutien de la religion et de la soumission due au chef de l'Eglise, et à ce qui pourrait en émaner, et pour proscrire les nouvelles doctrines et empêcher l'erreur de s'y glisser, exhortation qu'il lui fit plusieurs fois avec la plus grande tendresse... Il pleurait toutefois avec abondance. Lorsqu'il fut hors de sa présence, il parla aussi aux princesses et leur dit tout ce que la religion peut inspirer. Ensuite il adressa la parole à tous les seigneurs qui se trouvèrent présents et en leurs personnes aux absents. Il fit approcher de son lit le cardinal de Rohan et de Bissy. Il leur marqua combien il était content d'eux, et de ce qu'ils avaient fait pour soutenir les intérêts du Saint-Siège. Il les exhorta fort à le défendre après sa mort avec le même zèle, leur dit qu'ils étaient témoins de ses bonnes intentions et du désir qu'il avait toujours eu de finir l'affaire de la Constitution, qu'il avait fait de son côté ce qu'il avait pu pour en venir à bout, que Dieu n'avait pas voulu lui donner cette consolation, que peut-être, sil l'avait fait de son vivant, on aurait cru qu'il aurait agi par pré-

vention, qu'il espérait qu'elle se terminerait mieux et plus vite en d'autres mains qu'en les siennes, qu'il leur déclarait et à tous ceux qui se trouvaient présents, que s'il avait dix mille vies, il les sacrifierait volontiers pour prouver son attachement à l'Eglise. Les deux seigneurs, comme vous pouvez croire, ne purent entendre ce grand prince s'expliquer avec tant de piété et de force, sans donner des marques de la plus vive douleur. Sa Majesté s'était déjà expliquée de la même manière avec M. le duc d'Orléans, à qui surtout elle avait très fort recommandé les intérêts de la religion... Il l'assura sans balancer qu'il poursuivrait cette affaire avec la même ardeur, et même encore plus vivement, s'il le pouvait, jusqu'à ce qu'elle fût terminée, et qu'il eût tout à fait éteint le schisme qu'on avait commencé de former, ce qui fit grand plaisir au Roi. Comme le mardi et le mercredi, il eut toujours la même force et présence d'esprit. Son héroïcité chrétienne ne le fit pas moins admirer que les jours précédents. Il eut encore plusieurs entretiens pour le bien de la religion et de l'Etat avec M. le duc d'Orléans, M. le Chancelier, les autres ministres et le P. Le Tellier, où il réglait toute chose, de manière qu'on a tout lieu d'espérer qu'il n'y aura point de trouble dans le royaume ni dans l'église, sous la régence de M. le duc d'Orléans. M"^ de Maintenon s'est comportée en dame vraiment chrétienne pendant toute la maladie du Roi. Elle a été presque toujours auprès de lui, et n'a cessé de lui dire avec une force d'esprit admirable, tout ce qu'on peut dire de plus capable de lui faire faire une mort chrétienne. A peine le vit-elle hors d'état d'en profiter, c'està-dire très près de rendre les derniers soupirs, qu'après avoir fait le partage de ses meubles, de son argent entre ceux qui avaient Ihonneur de la servir, sans retenir que deux ou trois personnes auprès de soi, elle s'est retirée à Saint-Cyr pour y finir tranquillement le peu de jours qu'il lui reste. Je dis le peu de jours, car il est ditTicile qu'après une telle perte elle puisse aller loin. Le Roi jus(|u'au dernier moment lui a donné toutes les preuves de la plus grande

confiance et de la plus grande estime. Il la recommanda à tous les princes et princesses, assurant quelle ne lui avait jamais donné que de très sages et bons conseils dont la religion et l'état avaient lieu de lui être obligés, sans que toutefois il eût pu la rendre plus heureuse qu'il la laissait.

Je ne dois pas omettre ce qua fait cette illustre dame au sujet M. le cardinal de Noailles. 11 lui avait écrit deux ou trois lettres pour savoir si on laisserait mourir le Roi sans quil le vît, et avec le cœur plein damertume contre lui. M™^ de Maintenon en héroïne chrétienne, ne manqua pas de faire la lecture de ses lettres à Sa Majesté et de le prier de bien examiner s'il n'avait rien à se reprocher sur le chapitre de M. le cardinal, et s'il pouvait se résoudre de paraître devant le tribunal de son Dieu et juge souverain pour lui rendre compte de sa conduite sans le faire venir, lui qui était son premier pasteur. Le Roi répondit d'un ton plein de religion qu'il était bien éloigné de vouloir aucun mal à la personne de M. le cardinal, qu'il ne pouvait douter de la considération et de l'amitié qu'il avait toujours eues pour lui, après les preuves qu'il en avait données pendant tant d'années, depuis qu'il avait embrassé l'état ecclésiastique ; qu'il était très disposé de lui en donner jusqu'à la fin les mêmes marques, mais qu'il fallait auparavant qu'il se fût soumis au Pape, comme il le lui avait toujours demandé afin de prévenir les malheurs que ce refus avait causé dans ll'^glise de France. « Prenez, Madame, dit Sa ^lajesté dans ce moment, prenez une plume pour écrire mes derniers sentiments dont toute l'Eglise, j'ose m'en flatter, sera édifiée, pour les faire passer à M. le cardinal. 1) Elle le fit et voici ses propres termes : « Je verrai yi. le cardinal de Noailles avec joie s'il veut se soumettre au Pape comme il le doit, car je meurs comme j'ai vécu, catholique, apostolique et romain. » M""" de Maintenon donna incontinent le papier où elles sont couchées à M. le cardinal de Bissy qui a eu la bonté de me les faire voir, et de me permettre d'en tirer copie pour vous en faire part.

M""* de Maintenon en fit rendre en même temps une pareille copie à M. le cardinal de Noailles et M. le Chancelier l'accompagna dune lettre qu'il lui écrivit de la part de Sa Majesté pour lui expliquer plus amplement ses dispositions. Une telle lettre et une pareille déclaration des derniers sentiments de ce grand Roi étaient capables d'amollir un rocher. M. le cardinal reçut l'une et l'autre pièce d'un air à faire voir qu'il n'en était nullement touché, et qu'elles ne faisaient pas la moindre impression sur son esprit ni sur son cœur. Voici tout ce qu'il lui répondit : « C'est la même chose que de me défendre de nouveau de voir le Roi » , et il resta fort tranquille. Votre Sainteté peut juger de là s'il y a à espérer qu'il rentre jamais en lui-même.^ Tout ce qu'il y a de bons Français et bien intentionnés pour l'Eglise sont scandalisés et irrités à l'excès d'une semblable insensibilité et obstination.

Tout ceci est un petit abrégé de ce qui vient de se passer dans les derniers jours de notre grand prince et de sa mort vraiment chrétienne et héroïque, que mon cœur pénétré de la plus vive douleur me permet à grand'peine de donner sur le récit que M. le cardinal de Bissy nous en a fait à M. Massei et à moi, à son retour de Versailles où il a été témoin de .tout. Le Roi est mort à 8 heures et demie. Lé cardinal de Noailles est déjà parti pour Versailles pour saluer le nouveau Roi et M. le Régent. On ignore comment il en a été reçu. Dieu veuille nous assister, nous en avons grand besoin. On ne peut qu'être vivement touché de la perte que l'Etat et l'Eglise viennent de faire.

J'y perds beaucoup dans mon particulier. Votre Sainteté sait les bontés que ce grand Roi avait pour moi, et les dispositions où il était de me les faire sentir plus que jamais. Rien aussi n'est capable d'adoucir ma douleur que la continuation de votre paternelle affection. Aux pieds sacrés de Votre Sainteté, je vous la demande les yeux baignés de larmes, et vous supplie humblement de ne me pas oublier dans une si triste situation que celle où je me trouve. Je ne suis pas parvenu selon les intentions du Roi, ainsi que vous vous

y attendiez. La feuille des bénéfices où j'étais désigné pour Févêché de Clermont n'a pas été signée avant son décès. Il ne m'est pas possible non plus de soutenir la mer et les fatigues d'un aussi long et aussi pénible voyage que celui de Perse. J'ignore donc ce que je vais devenir. J'ose cependant me flatter que Votre Sainteté aura soin de moi. On ne peut encore juger du train que va prendre l'affaire de la Constitution ; mais on ne tardera pas à en être informé, et de quelle manière M. le Duc Régent s'y prendra. 11 y a tout lieu d'espérer dece digne Prince. C'est néanmoins un bien que Votre Sainteté ne se soit pas encore déclarée au sujet d'un concile national. Il sera toujours temps de le faire et de prendre des mesures justes pour le convoquer.

Si la régence ne fait pas paraître le même zèle que le Roi, c'est un grand malheur d'avoir tant attendu à finir cette fâcheuse atïaire, et de n'avoir pas profité du temps. Je ne doute pas que Votre Sainteté ne soit pas pénétrée de la plus vive douleur lorsqu'elle apprendra cette triste nouvelle. Je sais combien ce Prince lui était cher, et qu'elle l'avait toujours regardé comme le principal appui de la religion. 11 serait pourtant bien fâcheux que cette affliction altérât votre santé : l'Eglise perdrait tout en vous perdant.

Mém. du P. Tini., éd. 1774, p. 208-21G.

LE p. TIMOTHÉE A UN ÉVlîQtlE FRANÇAIS

Rome, 16 avril 1715.

Le P. Timothée a reçu les nouvelles pièces si belles et si édifiantes que son correspondant lui a envoyées, et il les a communiquées au Pape « pour donner lieu à Sa Sainteté de se convaincre de plus en plus de votre profonde érudition,

de votre piété, de votre zèle pour rétablir la discipline de 1 Eglise, et pour achever de détruire le mal que la lecture du pernicieux livre de Quénel... avait pu faire dans votre diocèse ».

Le Pape a gardé ces pièces. Il est affligé de « la conduite de nos Seigneurs les évêques opposans. On ne voit de fin à cette affaire. La négociation de iNI. Amelot est toujours foi't secrète. On ne sait où elle en est, quand ni comment elle finira... Il paraîtqueles conférences de M^'lévèque d'Amiens vous ont faitespérer quelque accommodement prochain. Ah! plût au ciel ! mais quelles sont ces conférences, et qui est-ce qui }• parle de la part de M^"" le cardinal .de Noailles? et quelles sont les propositions qu'on y fait? Il est trop aisé de voir que le parti se fortifie, que Son Eminence ne pense à rien moins qu'à se soumettre... C'est ce qui abreuve de douleurs Sa Sainteté et qui doit affliger tous les bons catholiques et tous les gens de bien. Car la religion s'affaiblit de plus en plus et l'Eglise ne laisse pas de souffrir beaucoup de ces différents. Bien loin que nous nous nous apercevions ici que la belle déclaration du mandement de iNI^'' l'évèque de Mirepoix [Pierre de la Broue] et le courrier de M. Amelot aient rien opéré pour ces fins, il semble que l'accommodement recule... car la France a ses principes auxquels elle tient toujours ferme ».

« ... Le mal augmente tous les jours en Sicile. L'on n'y a aucun égard à la bulle donnée pour supprimer la monarchie. Je ne sais à quoi ce nouveau schisme aboutira ».

Bibl. d'Amiens.]T/iéologie, n^ 7331, t. VI, ii'^ 19. Oi-iginal. ' Cf. Bibl. nat. f. fr. 17748, fol. 157, Lettre de Daubcnton à Rohan, eu date du 12 juin 1714.

1. .le remercie MM. Henri Micliel et Jules Romain des communications faites de cette lettre.

MKMOIRF.S KT LETTRES.

TABLE

Abbeville, franciscaine?, 18.

Acciajoli, cardinal, 58.

Affaires extraordinaires (congrégation

des), 191.

Agatople, 105, 107.

Agen, Ul.

Aix en Provence, 109.

Albani, Annibal, 17: — Horace. 17: —

J. F., cardinal, 97. Cf. Clément XI ; —

M"" la princesse, 16, 17; — cf. 58.

Albano, capucins, 58, fiO.

Aldobrandini, cardinal, 7fi, 83, 155, 157.

Alexandre VII, 1.

Alexandre, prince de Pologne, 1.'52.

Alexis de S. Brieuc, 59, tiO.

Amelot, 100-103, 106, 109, 110, 112 115,

Amiens, 85, 113, 169, 209. Cf. Sabalier. Amsterdam, 10, 17. Cf. Louis.

Anecdotes de Villefore, 11, 15, 19,28.

Angers, 9, l'i6. 152. Cf. Joseph, Le P.l-

lelicr, S. Aul)in.

Angoulème. Cf. Lauronl. ' Anlibes, 67.

Appelants, 2, 170.

Aquaviva, cardinal, 109.

Archives du niinisi. des aff. éiianp. a

Paris, 5, 11, 77, 79, 83, 92. 95, 99, 101.

177, 178, 180, 182-18'!, 191, 192: — Na-

lionales à Paris, 11, 17,97, 101, 103.

134; — du Vatican, 75. 81, 188: —

d'IlIe-el-Vilaine, (>, 7; du Morbihan,

Argenson {d'), 7i, 138. 139, 18", 189.

Argouges (d), 131, 134-136. Cf. Vannes. Armenonville. Cf. Fleuriau.

Arpajon (d'), l'i'i.

Arras, 132.

Assemblée du Clergé, 158, l,i9 ; — de

1682, SU;— à Paris en 1713 el 1714, 83

et suiv.. 177, >on bureau, 161 ; — en

Athanase, pirpucien, 17.

Athanase de Mesgrigny, 48, 67, 102.

Aubigné (d';. 76, 85, 86, 165, 169, 175.

Cf. Rouen.

Auclorem fidei, bulle, 2.

Aura y, 136.

Auxerre, 169-171.

Avignon. 10, 67. 120.

Ayrault (des). 4.

Babylone,5, 104-108, 116, 127, 128, 136, 137.

Baïus. 1, 2. 192.

Banchieri. card.. 43.

Baugé. 1.33. •

Bayle, 5.

Bayonne, 171.

Bazouges. 4.

Beauvau (de). 134. 169.

Beau^ais, 155, 169.

Beauvilliers de S. Aiguan. 155. 166.

Belzunce (de). 67. Cf. Marseille.

Bénédictins. 174. CL .Maillié, S. Maui-, Thuillier.

Benoit XIV. 2.

Bentivoglio. nonce en France, 64, 88, 116. 187. 201, 202.

Béraldi, 8.

Bernardin d'Arezzo. 15.

Bernardin de Saluées, 17. 60.

Berry. duc de. 16; — duchesse, 73, 126; — CL Bourges.

Bertrand, Louis, 10.

Bcrjt.' (Bcyroulh). 5, 105.

Bezons (Bazin de), 42.

Bibliothèque d'Amiens, 209; —de l'Arsenal, 18. 175; — Angers, 9; — franciscaine, 8; — Mazarine, 5, 9. 133. 137, 146, 149 ; — Nationale de Pari-, 2, 9, M, 85.89,91. 185: — de l'iniversilé de Paris, 6, 83; — du Vatican, II.

Bissy (de), 39, 42. 70, 75, 83, 86-89, 92,

TABLE

93, 95, 99, 100, 102, 109, 110, 121. 12.S, 128-130, 137, 150, IbU. 155, 157-170.

201. 20i. 206. 207; — son mémoire pour l'envoi du P. Timolhée à Rome, 5. 89; — il est fait cardinal, 108; — il reçoit la barette, 125: — run zèle. 169, 187, 192. Cf. Rohan.

Blois, 132, 138.

Bôile à Perrettc, 2.

Bolingbrocke, lord, 120.

Bologne. 117, 118.

Bonsalaso, abbaye, 66.

Bordeaux, !i2.

Bouchet, jésuite, 32.

Bouillon (de), cardinal, .56, 57.

Boulogne, 169, 171.

Bourges, 5, 6, i'42-lUb, 148, IM); — Sulpiciens, 1U6.

Bourgogne (duc de), cf. Dauphin (Louis XV).

Bourlon, I., 13.

Bretagne, 81, 135; — cai)ucins. 'i. 18. 65,101.

Brivellerie (Berlet de la), 7.

Broglio (abbc de), 88, 89, 165.

Brossard, 151.

Bruno du Mans, 65.

Bryan, 8.

Buisard, 6.

Bullarium capucin., 5, 64.

Bullarium romanum, 23, 36, 80.

Calais, 11.

Calendini, abbé, 3.

Camilly (Blouel de), 169.

Canada, 137.

Capucins. Cf. Albano, Alexis, Atlianase.

Bernardin, Bretagne. Bruno, Chine.

Casini. Damase, Esprit, Eugène, François-Marie, Jean-Antoine, Journal, Laurent, Lisbonne, Louis-Antoine, Louis, Marais, Maurice. Meudon, Michel-Ange, Nantes, Paris, Paul, René, Robert, Rome.

Caravaca (croix de), 7/i.

Cas de conscience, 22, 23.

Casini (Cassini), capucin, 11. 15-17, 53, ùU, 58, 60, Cl. 100, 110, 116, 191, 197; — nommé cardinal, 61.

Castel Gandoifo, 57.

Catastini. général des Capuciu^, 15.

Catéchisme des Trois Henris, 80.

Caumartin (de), 138, 139, 151.

Cavalieri, 109.

Caylus (de), 169.

Cazoni, card., 21-27: — sou caractère,

Chàlons-sur-Marne, 100, 169, 171. Cf.

Noailles. Vialarl.

Chambéry. 120.

Champflour (de), 'lO, 80.

Chanoines réguliers, 174.

Chantilly. 150.

Charitalis vestrac. bref, 121.

Charmol. 43.

Cliarost (duc de;, 144.

Chartres, 76. 85.

Chateau-C.onlier, 4. 152.

Chauvelin, 188-190.

Chine. Capucins, 29, .30-.'52; — Question des rites. 29-32; —cf. Jésuites.

Christine de Suède, 56.

Cileaux, 174.

Clément IX, 1.

Clément XI, 1, 5. 7, 8, 15-17. 21 ; — connaît le frnneais. 19; — mécontent de Louis XIV, 33; — ce qu'il pense du roi. 51 ; — se décide à publier la Constitution, 52; — envoie le P. Timothée en France, 52; — tombe malade, 62;

— reprend l'œuvre de la Couslitutioii, 63; — en\oie le P. TIm. au roi, 64;

— est au courant de l'Assemblée du Clergé, 87; — menace Noailles de le décardinaliser, 97, 184 ; — opposé à l'idée d'un concile national, 100; — fait des cadeaux au P. Tim., 112 ; — envoie un bref au roi, 112; — interdit Varlel. 137;— sa maladie, 153; —reçoit le P. Tim., 177: — agira de concert avec le roi, 181; — cause trop, 183; — ses irrésolutions. 200; — lettres du P.

Tim., 154-176 et 185-208.

Clément \11, 6. .iO.

Clermont, 128, 132, 208.

Clermont (de), 169.

Clermont-Toiinerre. 169.

Cloche, dominicain, 43.

Colberl. Cf. Torcy.

Cologne. 10.

Colonia (de), 2.

Cômc III de Médicis. Cf. Médicis.

Concile national. 99. 122, 186, 188, 191, 192, 194, 197, 200.

Condé (princesse de), 119.

Congrégation. Cf. Affaires extraordinaires. Index, Propagande, Rites, Saiui- Maur, Saint -Office.

Constitution. L'idée eu est proposée au Pape, 49. Cf. Clément XI, parlement, Unigenitus.

Conlades (M""" de), 133.

Coutances, 169.

Couvin (Belgiiiue), 8.

Crémone. 35.

TABLE

Grillon de . 68.

Cusani. card., 117.

Daguesseau, 2ô. 19J.

Damase de Paris, 69.

Damonville. lU'-i. liiS.

Daubenton. ^6, Ul, M, 91, 102, ll.î. 1S2.

Dauphin (duc de Bourgogne f 1712 ,

^3, i'i, i6-'4S ; — son Mémoire., ^.i. Dauphin Louis XV). 71, 73, 190, 198, 203,

Desmarelz, 165, 171.

Desplace?, graveur, n.

Dol, évèché. 190.

Dominicains, 17i: — irop favorables au

Jansénisme, 27: — cf. Cloche, Graveson, Selleri.

Dorsanne (Journal de l'abbé^ 32.

Douais (M^O, 65.

Dubuc, théalin, 27, 28; — difllcullés

entre les cours de Rome et de France,

Du Guet. 2.

Dumas, 2.

Du Pin. Ellios. 2. 72.

Edouard d'Aleiiçon, 3.

Eglise gallicane, SU. 196.

Embrun, 189. 190. 19'i.

Espagne, 8.% 155. Cf. Aldobrandiai ,

Guerre, Philippe \.

Esprit de Tours. 30, 32.

Estrées (d'), cardinal, lU, 95, lOS.

Eudes (père), 150.

Eugène (prince). 109.

Eugène d'Oisy. s.

Evreux, 85. 169.

Ex litteris vestris, bref, 183.

Fabroni. card., 12. 38, 100, 102, 113, 182.

Fagon, 139, 141: — fait un règlement à

Vannes contre les Jésuites, 138.

Femmes opposées à la Constitution, 159:

— lapideraient Noaiiles s'il l'acceptait, 75.

Fénelon, 81, loo.

Fervant (P. Paul de l.yon . is.

Fiesclii, rard., 67.

Fleuriau, 132, 169.

Fleury (de), card., 6, l'i3, l'iU, l'i6, 150.

Florence, 65, 90. 116; — Cordeliers, 66.

— Cf. Jean Anloinc.

Fontainebleau, 77.

Forbin-Jansim, card., 16, 17, 2'i, 25, 50,

François (.S.). Cf. Ilabil.

François-Maire d'Arezio. Cf. Casini.

François-Marie de Tours, 30.

Fréjus, 1!|3, lU'A, 203. Cf. Fleury.

Gaillande, 75.

Galicien (G. de). 157.

Gallia chri.stiana, 1Ï9.

Gap. ai. .

Gautier, jésuite, 133.

Gazier (A.), 13.

Gènes, 67, 90.

Gcnlis (de), 189, 190.

Gerberon, 2, 22.

Gesvres (Polier de), card.. 142-146, 149.

Gilardoui, 2.

Girardot. 101.

Gonterio, 120.

Grasse, 48. 67, 102.

Graveson, dominicain. 42. 43.

Grécourl (abbé de), 5.

Grégoire VU (S.), 13.

Gualterio (card.), 74, 105, 109, 115, 182.

Guerre de succession d'Espagne, 29, 35.

Habit de S. François à Florence, 66.

Hauréau :I5.), 5.

Hébert, 'il.

Henriou, 2.

Hcrvaux (d'), 84. 98, 168, 169, 171 ; —

jugé par le Pape, 97; — presse les

l'véques de refuser l'acceptation, 175 ;

— opine à l'assemblée du clergé de

Hideux, 2.

Hollande, 137.

Huxelles (d), maréchal, 182.

Index (congrégation de 1'), 53.

In eminenti, bulle, 1.

Infaillibilité, 84.

Ingirani. 56.

Ingold. 2. 3. 28, 88, 103.

Ingoult. jésuite, 147, 148.

Innocent X, 1.

Innocent XH, 16, 19.

Instruction pastorale, SI. 175, 178, 181.

Npalian, 127.

Jauséuisrac, api'rçu général, 1, 2.

Jansénius, 1, 2, 169,192.

Jean-Antoine de Florence, 58, 59.

Jésuites, 19, 1.36, 154; ~ trop ardents contre lejaiisénisme, 27; en Chine, 29, 30-32 ; — à Tours, 6; — à Vannes, I.W; - Cf. Bouchet, Daubenton, Faliiniii, Fagon, Gautier, Ingoult, Le rcllicr, Maunoir.

J.ily d<' Fl.ury, 45.

Joseph d'Angers, 4.

TABLE

Joseph de S. Malo, 65.

Journal des Capucins du Marais, 61, 68, 77 ; — de Dorsanne, .S2 ; — de Targnij, 100-102, 106, 108, 110. 132, 182; ^ de Torcy, 16.

Jouvenct (François), 8.

Juenin (Gaspard), 39.

Justin (S.), 11.

Koellogon (de), 13^.

i.a Boissière, 72.

La Broue (Pierre de), 209.

La Chaussée (de), 79.

Lacombe (B. de), 13.

Lad tau, 2, 19.

La Flèche. 3, 78, 79, 131, 133.

Landais, 11.

L'Angle (de), 139, 112, 169.

Langres, 169, 170.

Page 1