EN RETRAITE 3'JU
Quelques jours après, B:)urboUe, qui, de Tours, s'élail rendu à Paris, fit connaître à la Convention nationale ce trait de dévouement, et elle chargea ses représentants, près de cette armée, de donner de ravancemenl à ce brave ol'ficicr. Au retour de lîourbotlc, nous nommâmes Marceau adjudant-:^énéral. Voilà le commencement de sa brillante carrière militaire. Avant l'expiration de l'année, il était déjà chef do l'état-major g-énéral, et l'année suivante il fut charité par intérim du commandement en chef de la même armée. Tout le monde connaît ses succès ultérieurs et sa mort glorieuse.
Une autre circonstance que je ne dois pas non plus passer sous silence, c'est que deux membres de la Convention nationale, Dandenac le jeune et Delaunay le jeune, qui se trouvaient à Saumur, sans mission, ne prirent aucune part au combat. Nous leur avions cependaiil fait délivrer des chevaux dont ils ne profitèrent que pour fuir les premiers, entraînant avec eux quelques fuyards, qu'ils dirigèrent sur Angers, quoique nous les eussions prévenus d'avance qu'en cas de retraite le mouvement s'effectuerait sur Tours. Je dirai dans un instant les motifs qui les déterminèrent à prendre la route d'Angers.
Les divisions du centre et de la droite, découvertes parla retraite de la division de gauche, couraient les risques d'être enveloppées par l'armée vendéenne et ne pouvaient rentrer dans Saumur qui venait d'être occupé par les Vendéens. Le général Coustard prit alors une résolution hardie et, à la tête des deux divisions réunies, il attaqua vigoureusement les corps d'observation qui se trouvaient devant lui, les repoussa, et fit une belle retraite au milieu du territoire ennemi dont toutes les forces étaient réunies pour l'attaque de Saumur. Il arriva, sans être entamé, jusqu'aux l'onts-de-Cé, en longeant la rive gauche de la l,oire.
M. Alphonse de fîeauchamp avance, dans son Histoire (le la guerre de Vendée^ que le général Bcrruyer fui blessé en même temps que Mcnou (i). C'est une erreur; car fier-
(i) Il est vrai que le général .Menou fut grièvement blessé à
ruyer ne commandait plus l'armée qu'il avait quittée depuis près de deux mois. Le même historien prétend que Saumur n'était d'aucune défense, du côté de Doué. C'est au contraire le point qui présentait la meilleure défense. Aussi les Vendéens ne firent-ils que de fausses atta(jues de ce côté et portèrent toutes leurs forces du côté du château. Leur principale attaque eut lieu du côté de Montreuil, parce qu'en s'emparant des hauteurs ils espéraient se rendre maîtres en même temps du château.
M. Alphonse de Beauchamp dit encore (t. I, p. 19")) que près de deux mille hommes, cernés dans le camp de Bournon, mirent bas les armes et se rendirent prisonniers par capitulation. Comment peut-on écrire ainsi l'histoire? Je viens de dire, un peu plus haut, que Couslard ne fut pas même attaqué dans sa position, que par conséquent sa troupe ne mit pas bas les armes, et qu'elle ne perdit pas un seul homme, dans sa retraite.
Nous espérions que le château de Saumur se défendrait au moins pendant quelques jours, parce que l'ennemi n'avait pas de grosse artillerie pour le réduire de vive force et en former le sièg'e en règ-le. Le g'énéral Jolly, auquel en était confiée la défense, était un brave officier. Il avait aussi beaucoup de braves g^ens sous ses ordres, mais c'étaient en g'rande partie des citoyens de Saumur. Le premier jour, la garnison fit bonne contenance. Llle avait des vivres et des munitions. Mais le lendemain elle capitula, parce que les femmes et les enfants furent mis en avant parles Vendéens qui menaçaient de les égorger et d'incendier leurs maisons. En général, les hommes mariés sont de fort mauvais soldats lorsqu'on les place entre leurs aOcctions personnelles et leur devoir. Les habitants de Saumur furent renvoyés sans conditions dans leurs foyers; les autres volontaires le furent également, avec la simple défense de porter les armes contre les défenseurs de la religion et du roi. Kn af-
l'affaire de Saumur, mais il ne perdit ni ses lias^açes ni ses chevaux, car il fut Ijlcssé au commencement de la bataille. (iV. rfe l'A.)