‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 85 sur 87 · LES FEMMES DE LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

LES FEMMES DE LA REVOLUTION

tiques de son mari. Elle a présenté dans un faux rapport les principaux événements de Révolution, mais elle n'a eu d'influence que sur Benjamin Constant, qui a passé pour être son amant et qui n'a pas toujours été libéral, surtout en '79^. U^ <^t 'A-

Les dames de Lameth et Matliieu-Di:mas : Ces dames recevaient chez elles une société nombreuse et chcrchalonl à y attirer des Montagnards. Lors(iu'elles y étaient parvenues, elles cherchaient à les influencer en leur laissant entrevoir .jue des Femmes comme elles ne pouvaient former de liaisons intimes avec des hommes qui marchaient sous les buii nières de Marat, de Robespierre et de Danton. Cependant, malgré leur adresse et leurs charmes personnels, je ne connais qu'un seul député de (juchiue talent qui ait eu la faiblesse de devenir muet pour conqilaire à Tune d'elle. C'est Chappe, frère de l'inventeur du télégraphe, qui n'a eu que le tort de se taire lorsqu'il pouvait occuper la tribune avec quelque avantage,

La marquise de Condorcet : Cette dame, beaucoup plus modeste que M'u* Roland, dont je parlerai tout à 1 heure, avait le bon esprit de ne pas chercher à amoindrir le mérite de son mari. Sans paraître avoir aucune prétention, elle a eu peut-être plus d'influence qu'aucune autre femme sur tous les Girondins, qui seuls formaient sa société, car Sieyès n'y a paru, à ma connaissance, qu'une seul fois, pour déterminer les Girondins à voter la mort du Roi.

Madame Roland : Celte dame, ([ui n'était pas aussi jolie qu'on l'a dit, avait du talent, mais elle le savait beaucoup trop; elle n'a cependant eu d influence ([uesur l'esprii de son faible mari, dont elle était le principal secrétaire, et sur deux députés marquants, Louvct et LJarbaroux. Ce dernier passait pour son amant, et je lui ai entendu dire que, quand il voulait rester seul avec madame, il faisait peur au mari en lui annonçant une insurrection imminente, et Pioland, qui était un peu poltron, allait passer la nuit chez des amis

Mme Roland, dans ses Mémoires, a peint Barbaroux comme aussi et peut-être plus beau à ses yeux qu'Antinous. Lanlliénas était le maître des cérémonies de la maison, c'est-àdire charo'é de faire des invitations soit pour dîner, soit pour les réunions du soir, invitations qui se faisaient au nom seulement de madame et non du mari. .Mme Roland avait encore plus d'amour-propre que de talent, c'est ce qui l'a perdue.

V impératrice Joséphine : M"^« de Beauharnais n'a commencé à paraître sur la scène politique que lors de ses liaisons avec Barras et avec iM""^ Tallien, aujourd'hui princesse de Chimay ; née avec des passions vives, elle n'a pas toujours été exempte de reproches dans sa vie privée; élevée sur un plus ^rand théâtre par son mariaci'e avec Bonaparte, elle a fait oublier sa conduite antérieure par sa bienfaisance et la bonté naturelle de son caractère; elle a eu beaucoup d'influence sur Napoléon qui n'a cessé d'être heureux (jue lorsque, par ori^ueil, il s'est jeté dans les bras d'une archiduchesse d'Autriche, car les Autrichiennes ont toujours porté malheur à la France. C'est à Joséphine que les frères Polig'nac et .M. de Neuville ont dû la vie; elle n'a pas été aussi heureuse dans l'affaire du duc d'Enghien, dont elle avait sollicité la cfràce.

Mademoiselle de Kéralio, femme Robert : Elle appartenait à une famille noble de Bretag-ne, son père avait été sousfi^ouverneur des Invalides, elle avait reçu une éducation brillante^ elle parlait latin avec facilité, mais elle avait la prétention de passer pour une femme savante. Elle a composé une histoire de la reine Elisabeth, plusieurs romans et une compilation intitulée les Crimes des Reines ; elle s'est associée avec la baronne de Haëlder, ainsi que je l'ai déjà dit, pour fonder la Société fraternelle des deux sexes ; elle a Hg'uré dans tous les mouvements populaires, notamment dans celui du Champ-de Mars, qui avait pour objet de faire proclamer la République et j)rononcer la déchéance de Louis XVI. Celle d:inio avait souvent chez elle des réunions

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