VOYAGE D’ALSACE ET DE BELGIQUE (1810) ET INCIDENTS DIVERS
Le récit du voyage n'a pas été rédigé par l’auteur ‘.
‘ Voyez le rapport au ministre inséré dans les Mémoires de la Société d'agriculture, v. XIV, et publié à part en 1818. (Alph. de C.)
Pendant ce voyage de 1810, je reçus, sans aucune démarche de ma part et même en ignorant qu'il en fût question, deux témoignages d'estime qui me furent agréables. L'Université organisa la Faculté des sciences de Montpellier, et mon ami Cuvier m'y fit donner la chaire de botanique, avec la clause que le cours de la Faculté de médecme serait commun aux deux Facultés, et que seulement, comme je n'aurais aucune peine de plus, mon nouveau traitement serait réduit à moitié. C’était un cadeau de 1500 francs de revenu qui ne me donnait aucun travail. Peu après, le gouvernement alloua 4000 fr. de frais d'établissement pour le nouveau terrain à ajouter au Jardin et 3000 fr. de revenu annuel pour son entretien ; il l’annexa à l’ancien Jardin sous le nom de Jardin académique et m'en nomma directeur, avec l'injonction de le consacrer à l'amélioration de l’agriculture du midi de la France. Je partis de Paris vers la fin de l’année avec ma famille, et j'arrivai à Montpellier avec l’espoir d'y être utile à la science et au pays par cette nouvelle institution.
Aussitôt je m’occupai avec activité de son organisation. Je fis fare de grands travaux pour planter et employer convenablement le terrain. Tout cela marchait concurremment avec les autres devoirs de ma place, avec des travaux particuliers de botanique, avec des encouragements soutenus donnés aux élèves qui témoignaient du zèle, et avec une vie assez mondaine, Au printemps, Je donnai encore mon cours de bonne heure, et le 17 juin 1811 je conduisis ma femme à Grenève et je partis avec mon élève Dunal, devenu mon ami et mon compagnon d'étude malgré la différence d'âge, pour faire mon dernier voyage dans la partie centrale de la France.