Mgr de Rimouski dit
« Vous verrez de plus, Eminence, pur ce qui est dit “aux Nos 4, 5, 6, 7 et 10 de la présente déposition que « Monseigneur Guay a reçu par le moyen de ces pic- «nics un montant assez rond et qui ne se trouve pus «“ compris dans ses comptes ».
Monseigneur de Rimouski est dans l'erreur, car le produit net de ces pic-nics ou bazars se trouve dans mes comptes (Voir mon journal pages 6, 11, 18, 133, 141,143)
Je prie Votre Eminence de remarquer que le Sieur Polycarpe Martin, dans sa déposition assermentée No 5 ne met aucune différence entre pic-nic et bazar, tandis que dans mes livres, ils sont entrés sous leurs véritables noms.
Le bazar ou pic-nic, en 1884 a donné, toutes dépenses payées, 877.00, ct cette somme a été employée à faire défricher la terre de la chapelle (voir mon journal, page 133) et le reçu No à.
Le Sieur Isaac Isaac, dans sa déclaration assermentée, dit: No t,«in clearing a large quantity of church land « the use of benifit of the missionary, there was only « about 9 acres cleared land when he came here, so that « about 60 acres were cleared by said Mgr Guay, also made plantation of trees, etc, etc ».
Polycarpe Martin, dans sa déclaration assermentée, dit : No 6. « Dans le premier bazar ou pic-nic, dans le « mois de décembre 1884, j'ai entendu dire qu'il y a eude « collecter deux cent cinquante piastres, mais je ne puis « pas affirmer cela sous serment, parceque je n'ai jamais « compté l'argent de ce bazar ou pic nique, je l’ai seule- « ment entendu dire, et j'ignore les dépenses qui ont été « faites. Je dois dire de suite qne dans nos différents « bazars ou pic-niques Monseigneur Guay était obligé « d'acheter tous les effets, car les sauvages do’naient peu « de choses ».
Mgr de Rimouski a donc tort de prétendre que j'ai reçu dans cette occasion 8250.00.
Le Sieur Isaac Isaac dit sous serment No 4 1 do “ not remember what amount was collected at the first bazar or pic-nic in 1884 ”.
En l’année 1888, je n'ai rien reçu du Gouvernement- Local pour les édificesreligieux de Ristigouche, comme il appert par le certificat de M. Verret, Auditeur de la Province de Québec, filé au dossier sous le No 4, page 470. D'ailleurs le Sieur Polycarpe Martin,dans sa déclaration assermentée, dit : No 10. “ Monseigneur Guay nous a dit publiquement dans la chapelle avoir reçu cinq cents piastres du Gouvernement-Local en 1890, pour aider au clocher de la Chapelle, et non pas en 1888,”
Cette même année 1888, je n'ai pas reçu un seul cen. tin du Gouvernement-Fédéral.
3o Mgr de Rimouski continue :
« En continuant ces remarques, je vois au No 9 que « toute la pierre des fondations a été charroyée par les « gens de la mission, pour rien, de manière que Monsei- « gneur Guay a tort de la charger dans ses comptes et de « la faire payer.»
Sa Grandeur fait encore erreur sur ce point comme sur tous les autres. Voici ce que dit le Sieur Polycarpe Martin dans sa déclaration assermentée No 9.
«Il est vrai que les Sauvages et les Blancs ont char- «royé environ deux cents voyages de pierre, mais comme «il n'y en avait pas assez pour les fondations, Monsei- «gneur Guay a été obligé de payer pour quelques « voyages de pierre, le Sieur Isaac Isaac m'a dit à moi- «même avoir charroyè quelques voyages de pierre et « d’avoir été payé par Monseigneur Guay.»
Le Sieur Isaac Isaac dit sous serment au No 4 de sa déposition :
« Ï remember to have hauled stone some twelve
« loads for the new Presbytery and received for the same « 83.00 from Mgr Guay, and I remember that Francis # Marchand and a M. Glover hauled stone at same time for « the fouudation of the Presbytery, but do not know how . « many loads. [ remember that there was stone wanting « for said foundation. I do not know how many loads « were hauled for nothing by the Indians, Irish and « Canadians, but remember that there was not enough «and Mouseigneur Guay had to get more hauled and « pay for it at the rate of 25 cts each load.»
Dans mes livres de comptes, à la page 145, il n'y a seulement que 27 voyages de pierre et pour laquelle j'ai payé 86.50.
Comme il n'y avait pas assez de picrre pour finir les fondations, j'ai été obligé d'en faire charroyer 27 voyages.
Mgr de Rimouski a donc tort de dire que toute la pierre charroyée est chargée dans mes comptes, et que je l'ai fait payer.
40. Mgr de Rimouski poursuit ses remarques sur mes comptes en disant :
« Votre Eminence pourra voir au No 12 que les MM « Murray Bros. ont payé à Mgr Guay, en 1884-85, 875.00 « pour coupe de bois, sur la Réserve des Sauvages. Il en « a tenu compte un peu malgré lui, y ayant été forcé.»
Sa Grandeur aurait-Elle la bonté de me dire qui m'a forcé à tenir sompte de cette somme? Ne voit-on pas ce montant entré à la page 30 de mes livres ?
« Mais, dit Sa Grandeur, en 1885-86, il a reçu du « mème fonds de revenu de la coupe de bois sur la même « réserve, la somme de quatre cent quarante-trois (8443.) « Ajoutées aux $81,400.00 des Nos 4, 5, 6, 7 et 10, ce qui « forme un montant de $1,843.00, non compris dans les « comptes de Monseigneur Guay. »
Il me fait peine de constater de nouveau que Mgr de Rimouski, un si bon mathématicien, mais un bien pau-
pauvre teneur de comptes, est encore dans nne profonde erreur,
J'ai reçu des MM. Murray et Bros non pas 8443.00, mais $440.00. Total reçu de cette source 8515.00 comme il appert aux pages 30 et 157 de mes livres. Mgr de Rimouski a pourtant en mes comptes en mains ‘ssez longtemps pour vérifier l'entrée de cette somme.
Ajoutons ici le témoignage assermenté du Bieur Polycarpe Martin No 12, pour démontrer que Mgr de , Rimouski est encore dans une erreur volontaire.
« Monseigneur Guuy a reconnu publiquement d'après « ses comptes avoir reçu pour la coupe du bois sur la réser- « ve des Sauvages une somme de cinq cent quinze piastres «18515.00) dont soixuute-quinze (875.00) en argent et la « balance en bois et clous. Deux cent piastres employées « pour le presbytère, et la balance pour clôture chaque «côté du chemin, plantation d'arbres et un voyage à «Ottawa. Mgr Guay était autorisé par une assemblée « publique des Sauvages, le 28 septembre 1884, dont copie « certifiée est jointe à la présente déclaration, à retirer «tout argent provenant de la dite coupe des bois. Je « déclare de plus que Mgr Guay n'a jamais permis ni « autorisé les Sauvages à couper ce bois.»
Je produis au dossier la résolution de cette ussemblée sous le No 7, pages 472 et 474,
Le Sieur Isaac Isaac, dans sa déclaration No 10, dit:
“ I remember that in a meeting held 28th Sept. 1884, “that it was unanimously resolted by all the Indians + present to give to Monseigneur Guay all moneys coming “ from stumpage from off the reserve for the reparation ‘“ and construction of the fences and the construction of “ the priest house, and further that Monseigneur Guay “ did not advise us to lumber on the reserve.”
IL'est évident que j'étais autorisé par les. Sauvages à percevoir cet argent venant de la coupe du bois sur leur
réserve, J'ai enipluyé cette somme, j'en ai tenu compte et le montant se trouve entré dans mes livres. Comment Mgr Langevin peut-il faire dire au Sieur Polycarpe Mar. lin que les sauvages ont refusé de me donner le produit d cette coupe de bois, quand le contraire est vrai ? Com metit se fait-il qu'un Evèque n'ait pas plus de respect pour la vérité ?
50 “ No 13; ce qui est rapporté, dit Sa Grandeur de “ St-Germain de Rimouski, dans cette déclaration est “ conforme au télégramme de M. P, Fortier que Votre “ Eminence a en s1 possession, Encore cinq cents pias- “tres de différence avec les comptes de Mgr Guay, qui, “ajoutées au dix-huit cent quarante-trois mentionnées plus haut, produit un montant de 82,393.00. ”
Le télégramme du dit M. P. Fortier ne dit pas 8500, mais 8630. C2 montant eat entré dans mon grand livre sous le titre de recettes extraordinaires, année 1887 à 1888,
J'ai déjà répoudu à ce chef d'accusation dans mes remarques particulières au No ?.
Votre Eminence verra en référant à mon journal aux pages !S, 141 et 143 l'emploi de cette somme.
M. l'abbé P. Fortier, dans sa lettre du 1S janvier ultimo, filée au dossier No 6, page 471 dit ce qui suit:
« Je me rappelle avoir remis à Mgr Guay, après le « bazar que j'ai présidé, une somme d'un peu plus de « 8600.00 ; là dessus quelles dépenses at-il dû payer ? je « l'ignore, conséquemmnent je ne puis dire quel à été le « profit net du dit bazar. »
M. l'abbé P. Fortier doit se rappeler avoir reçu 8150.00 dans cette circonstiunce, et aurait dû le dire pour ètre véridique.
60 « Au No 17,» “ ditencore Sa Grandeur de Rimouski «une quète faite sur Le chemin de fer de la Buie-des- « Chaleurs à produit 8300. »
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Je n'ai jamais fait de quète sur le chemin de fer de la Baie-des-Chaleurs. Ce que j'ai reçu des ouvriers de ce chemin n'était que pour mes services comme missionnaire, mais j'ai collecté sur le chemin de fer Témiscouata 8200.00 entrées dans mon journal page 16.
Le Sieur Polycarpe Martin dit sous serment, No 16.
«Je déclare que Monseigneur Guay n'a dit avoir « reçu des ouvriers sur le chemin de fer de la Baie-des- « Chaleurs environ trois cenis piastres pour les serv.ces « à eux rendus comme missionnaire, Je sais que Mon- «seigneur Guay, pendant les travaux du dit chemin, « peudant plus de ätux aus, disait deux messes le di- « manche, la première # Matapedia on à la Pointe à la « Garde, à douze milles de la amnission, et la seconde « messe à Ristigouche, Je n'ai pis connaissance que « Monseigneur Guay n'ait faitaucune quête sur le che- «in de fer de la Baie-des-Chaleurs, mais je iné rappelle « quand il a rendu ses comptes publiquement, le 26 octo « bre 1890, il ous a dit avoir collecté sur lu chemin de « fer de Témiscouata 8200.00 qui ont été cimployées pour « la chapelle. »
70 « Plus tard, No 21,» ‘dit encore Sa Grandeur, «reçu par Mgr Guay du Gouvernement Local deux cents « piastres. »
Ces 8200 ont été reçues et employées pour le ciocher de la chapelle (Voir mou journal à la page 138).
Eufin, le dit Evèque de StGermain, termine ainsi ses remarques :
“ Tous ces argents mentionnés des autres parts ne # figurent aucunement dans les comptes de Monseigneur Guay, tels que produits par lai. Ceci explique com- ‘ment il a dépensé 82,500. de son propre argent, ”
Je ferai remarquer à Votre Eminence que tous les montants mentionnés par Mgr de Rimouski dans ses remarques, sans Cxception, figurent tous dans mes comy- Los,
Mgr de Rimouski est done Je mauvaise foi en prétendant que cette somme de 82,500. ne figure point dans mes livres. Sa Grandeur ment effrontément ; d'ailleurs Votre Eminence peut facilement le constater en référant à mes comptes.
8o Je dirai de nouveau à Votre Eminence que je n'ai jamais autorisé de danses payantes, mais Mgr Langevin est toqué des danses,
Le Sieur Polycarpe Martin dit sous serment au No 7. de sa déclaration :
‘ J'ai assisté plusieurs fois à ces bazars et je puis “affirmer que Moñseigneur Guay n'a jamais autorisé “ de danses payantes, et Monseigneur Guay s'est tou- “ jours efforcé de maintenir le bon ordre et les portes du bazar se fermaient à huit heures du soir,”
Le Sieur Isaac Isaac dit aussi sous serment, No 3:
“To the best of my knowledge, Monseigneur Guay “ never authorized paying danses in the bazurs or picnics, but I remember Monseigneur speaking from the altar against danses on the mission, and would not tolerate the same after 6 P. M. at weddings. ”
Voilà deux témoins sous la foi du serment qui affirment que je n'ai jamais autivisé de danses payantes. Cela suffit, je crois, pour prouver que Mgr de Rimouski est encore dans l'erreur sur te point comme sur tant d'autres.
Vo Votre Emiaence pourra référer aux témoignages sous serment du Sieur Polycarpe Martin, Not, et à celui du Sieur Isaac Isaac No 6, pour connaitre ce qui s'est passé au sujet des bancs de la chapelle à Ste-Anne de Ristigouche.
100 Je prie Votre Eminence de remarquer que je n'ai pas reçu 8800.00 du Gouvernement-Fédéral, mais $735.50 (Voir journal page 55).
1o Quant à la bénédiction des cloches et du bazur, je réfère Votre Eminence aux déclarations assermentées
des Sieurs Polycarpe Martin No 13, et Isaac Isaac No 5.
120 Quant au droit de passage du chemin de fer de la Baie-des-Ghaleurs, Votre Eminence voudra bien lire les déclarations assormentées du Sieur Polycarpe Martin No 20, et celle de Sieur Isaac No 10.
Je file au dossier copie certifiée d'une lettre de M. Riopel, gérant du dit chemin de fer,sous le No 8, page 474, avec copie aussi certifiée d’une résolution des Sauvages de Rist.gouche, du 5 octobre 1884, m'autorisant à retirer tout argent provenant de ce droit de passage, No 9, page 47,
130 Je crois avoir suffisamment répondu à la déposition du Sieur Polycarpe Martin, prise par Mgr Langevin, le 27 janvier ultimo et qui ne dit point la vérité, et aux remarques mensongères de Sa Grandeur,
140 Je produits sous le No 10 un état année par année, des sommes recueillies.soit pour la chapelle, soit pour la construction du presbytère avec ses dépendances, etc. page 476.
150 Les remarques du ditSieur Evèque de Rimouski sont tout-à-fait vexatoires et mensongères, et je prie Votre Eminence d'y mettre fin en rendant an plus tôt son jugement.
160 Je demande. en autant que mes preuves seront jugées suffisantes par Votre Tribunal, que Monseigneur Jean Langevin, £vèque de St-Germain de Rimouski, soit condamné à payer tous les frais dans la présente cause.
130 Je termine en souhaitant an dit Seigneur Evèque de StGermain de Rimouski de pouvoir remettre à Son Successeur Monseigneur Blais, des comptes aussi fidèles et aussi bien détaillés que les miens.
180 Dans mes livres, à la page 31, on lit ce qui suit:
“ Le vingt-six octobre, mil huit cent quatre-vingt- “ dix, à une assemblée des fidèles franc-tonanciers de la « mission de Ste-Anne de Ristigouche, tenue dans La mai “ son d'école de la dite mission, à l'issue de l'office divin “ de l'après-midi, après une annonce faite au prône de la
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‘ messe parossiaie, les comptes de Monseigneur Charles # Guay ont été publiquement examinés en détail et ont ‘ été trouvés parfaitement exacts en lout, et ont signé le * chef des sauvages, M. Simen Poirier, J. Albert Verge, “ J, P, et Officier de pêche, (Signé) “ Porycanre Manrin, ler chef.
” Noëz Basque, 2me chef.
de $, Porter, agent des Sauvages.
# 4 J, Azuent VERGE, J. P.
“ ‘ Isaac Isaac.
«4 ‘# Cus Guay, Prot. Apost.
9 0 Que Mgr de Rimouski, avant de donner une résignation forcée, réunisse le clergé de son diocèse, et que dans cette réunion, Sa Grandeur rende les comptes de son Evèché depuis 23 ans. Nous aurons là une preuve de la manière dont ils sont tenus, de l'emploi de tous les argents collectés, et nous constaterons ensuite si Elle a bien le droit d'être aussi injustement sévère sur les comptes de ses curés, de ls tracasser et chicaner inutilement comme Elle le fait depuis 23 longues années. (1)
Je demeure avec la plus haute considération,
Révérendissime Prince, De Votre Eminence, Le très-humble et très-dévoué serviteur, (Signé) Cus Guay, Prot. Apost.
Ste-Anne de Ristigouche, 4 février 1891.
N. B.— Je produis deux lettres portant les Nos 11 et 12, pages 477, 478 et 479, pour prouver à Votre Eminence que les $82,000.00 ont été demandées et obtenues du Gouvernement-Provincial pour la construction d'un presbytère à Ristigouche ou logement du chapelain d'un hôpital. C. G.
(1) Depuis que ces lignes sont écrites, Mgr Jean Langevin est à sa retraite et n'& pu rendre aucun compte À son successeur.
ms ER RE mnt L
St-Joseph de Lévis,
14 février 1891.
A Son Eminence Révérendissime Prince, Monsieur le Cardinal A. E. TAsCHER&AU, Archevèque de Québec, à Quékec.
Eminentissime Prince,
J'ai l'honneur de transmettre à Votre Eminence quatre lettres annexées au dossier sous les Nos 13, 14, 15, 16 et 17, pages 479, 480, 481, 482 et 483,
Par leur inspection, vous verrez combien le Rév. Jos. A. Ph. Fortier est injuste à mon égard en écrivant sa lettre du 18 janvier ultimo à M. l'abbé Ulfranc St-
Laurent.
Je m'asbtiens de tout commentaire à son sujet, parce
qu'il est plus digne de pitié que de châtiments.
Qu'il me suflise de dire à Votre Eminence que j'ai retiré de la rue, par charité, ce pauvre prêtre pour le sauver d'un naufrage complet, et aujourd'hui il à le triste courage de me dire des injures pour récompense, (1)
J'ai l'honneur de me souscrire, Eminentissime Prince, De Votre Emjnence, le très-humble et tout-dévoué serviteur,
(Signé) Gus. Guay, Prot. Apost.
(1) Au moment où j'adresse mes dernières épreuves à l'imprimeur, je reçois de M. l'abbé Philias Fortier, la lettre suivante, page 483, No 17.
Nol
« Déposrrion de Sieur Polycarpe Martin, chef de la tribu des Micmacs, à Ristigouche, dans le Comté Bonaventure, dans la Province de Québec, dit et dépose ce qui suit:
«lo Je me nomme Polycarpe Martin, je suis chef de la tribu des sauvages, et interprète des Missionnaires depuis vingt-trois à vingt quatre ans.
« 20 Je réside sur la dite Mission de Ste-Anne de Ristigouche depuis environ trente ans, et je suis absent de la dite Mission environ trois mois par année, surtout durant la saison d'été.
« 30 Je connais bien Monseigneur Charles Guay qui a été notre missionnaire, depuis le 26 juillet 1884 au ter d'octobre 1890.
« 40 A son arirvée à la mission de Ristigouche, Monseigneur Guay trouva les édifices religieux de la mission, Chapelle, Presbytère et ses dépendances dans un trèsmauvais élat.
«50 Quant à moi, c'est la même chose un pic-nique ou bazar, je n’y vois pas de différence. Ces bazars ou pic-niques se sout tenus à la maison d'école.
« 60 Dans le preniier bazar ou pic-nique, dans le mois de décembre 1884, j'ai entendue dire qu'on y a collecté deux cent cinquante piastres, mais je ne puis pas affirmer cela sous serment, par ce que je n'ai jamais compté l'argent de ce bazar ou pic-nique, je l'ai seule. ment entendu dire, et j'ignore les dépenses qui ont été faites, je dois dire de suite que dans nos différents bazars ou pic-niques Monseigneur (Guay était obligé d'acheter tous les effets, car les sauvages donnaient peu de chores.
«70 J'ai assisté plusieurs fois à ces bazars et je suis pret à affirmer que Monseigneur Guay n’a jamais auto-
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risé de danses payantes et Monseigneur Guay s’est toujours efforcé de maintenir le bon ordre, et les portes du bazar se fermaient de sept à huit heures du soir.
« 80 Quant aux bazars ou pic-niques en 1885, en 1886 et en 1887, je ne puis pas dire les dépenses qui’ ont été encourunes pour ces bazurs.
«Jo Il est vrai que les sauvages et les blancs ont charroyés environ deux cent voyages de pierre, mais comme il n'y en. avait pas assez pour les fondations, Mouseigneur Guay a été obligé de payer pour quelques voyages de pierre, Le Sieur Isaac Isaac n'a dit à moimème avoir charroyé quelques voyages de pierre et avoir été payé par Monseigneur Guay.
« 100 Monseigneur Guay nous à dit publiquement dans la chapelle avoir reçu cinq cents piastres du Gouvernement-Local en 1890 pour aider au clocher de la chapelle, et non pas en 1888,
«lo Monseigneur Guay nous a dit aussi publiquenent avoir recu du Gouvernement-Fédéral la somme de sept centtrente cinq piastreset cinquante centins (8735.50) pour les réparations et les fondations de la chapelle,
« 120 Monseigneur Guay a reconnu publiquement d'après ses comptes avoir reçu pour la coupe du bois sur la réserve des sauvages une somme de cinq cent quinze piastres dont soixante et quinze en argent et la balance en bois et clous. 8200.00 employées pour le presbytère, et la balance pour clôture chaque côté du chemin, planta. tion d'arbres et un voyage à Ottawa. Monseigneur Guay était autorisé par une assembiée publique des sauvages, le 28 septembre 1884, dont copie certifiée est jointe à la présente déclaration, à retirer tout argent provenant de la dite coupe de bois; je déclare de plus que Monseigneur Guay n’a jamais permis ni autorisé les sauvages à couper ce bois.
« 130 Quant à lu bénédiction des cloches et du bazar
qui a eu lieu en même temps, j'étais absent de la mission, par conséquent je ne puis rien affirmer à ce sujet. J'ai entendu dire que cette bénédiction de cloches et bazar avait raporté par les uns sept cents, par les autres $1300.00 et 81500.00, mais je ne connais pas les dépenses Qui auteu lieu à cette occasion, par conséquent je re puis dire si les moutants ci-dessus sont compris dans les dépenses ou non.
« 140 Les revenus des bancs ont rapporté quelques années cent piastres et quelque fois plus parce que les bancs se payaient le double du prix ordinaire qui était d'une piastre, cela c'est fait du consentement unanime des sauvages. Les bancs se paient tous les ans à la Sainte-Anne, ceci a toujours été la règle dans la mission, Les années dans lesquelles les bancs ont moins donné, c'est parce qu'on payait qu'une piastre par banc.
« En 1889 Monseigneur Guay proposa aux Sauvages et aux blancs de payer leur dime en mème temps que leurs bancs, parceque durant l'été les gens avaient de l'argent pour payer leur dime, tandis que, en attendant à l'hiver, époque “u ils avaient l'habitude de payer leur dime, un grand nombre ne pouvait le faire, parcequ'ils élaisnt trop pauvres, Geci à été lait volontairement par les Sauvages qui aiment mieux payer leur dime l'été que l'hiver, et il n'y à jamais eu de difficulté à ce sujetlà ; de cette manière ils nous est beaucoup plus facile de payer notre dime qui est d’une piastre par commu uiant, L'hiver nous n'avons qu'à payer nr'“e bois, qui est de deux voyages pour notre mis-oanaire, et un voyage pour notre chapelle, Monseignsur Guay nous à annoncé plusieurs fois dans la Chapelle, et moi-méme j'étais interprète, que les revenus des bancs seraient d'une piastre par banc pour la Chapeile, comme cela avait lieu aAvaut dans les aunées où le revenu des bancs n'était pas doublé ; ainsi Les bancs de quatre places, se paient cinq
piastres, une piastre pour la Chapelle et quatre piastres pour le missionaire, lorsque il y a quatre communiants ; les bancs de deux places paient trois piastres, une piastre pour la Chapelle et deux piastres pour le missionaire. Ces bancs de deux places qui se trouvent dans le jubé ne rapportaient auparavant que 25 et 50 centins par banc, chaque année,
« En l’année 1889 les bancs ont rapportés 869.00 et en 1890, 8143.75: cette différence s'explique parcequ'un certain nombre de bancs n’ont pas été loués et ensuite parceque en 1890, il y a eu plusieurs bancs de vendus et de nouveaux bancs faits,
«150 Je ne sais pas si les douze piastres payés annuellement par Monseigneur Guay sont pour le bedeau ou pour le lavage du linge de la Chapelle.
«160 Ju déclare que Monseigneur Guay m'a ditavoir reçu des ouvriers sur le chemin de fer de la Baie-des- Chaleurs environ trois cents piastres pour ses services à eux rendus comme missionnaire, Je sais que Monseigneur Guay pendant les travaux du dit chemin, pendant plus de deux ans, disait deux messes le dimanche, la première à Matapedia ou à la Pointe à la Garde à douze milles de la mission. et la seconde messe à Ristigouche. Je n'ai pas connaissance que Monseigneur Guay ait fait aucune quête sur le chemin de fer de l1 Baie-des-Chaleurs, mais je me rappelle quand il à rendu ses comptes publiquement le 26 octobre 1890, il nous a dit avoir collecté sur le chemin de fer de Témiscouata 8200.00 qui ont été employées pour la Chapelle.
«170 Dès l’arrivée de Monseigneur Guay à Ristigou. che, il a eu un jeune homme qui lui servait de bedeau et dans l'automne 1884, Monsieur Honoré Guay, après le départ de ce jeune homme, dans l'automne de 1884, a toujours fait les services du bedeau, et je dois ajouter que noire église a été tenue très-proprement, C'est ce
que j'ai dit aussi à Monseigneur de Rimouski dans ma déclaration du 27 janvier 1890.
«180 Monseigneur Guay m'a toujours payé dix piastres par année comme interprète, excepté l’année 1890 qui m'a été payée par le Rév. M. Smith, son successeur. Je me rappelle pour avoir intreprété pendant une retraite avoir reçu de Monseigneur Guay environ sept piastres, et je donnais mes reçus en recevant le dernier paiement de l'année.
« 190 Je dois déclarer que Monseigneur Guay est allé à Ottawa pour affaire pour nous dans l'intérêt des sauvages, j'ai déclaré ceci à Monseigneur de Rimouski dans ma déclaration du 27 janvier 1890.
« 200 A une assemblée des sauvages de Ristigouche le 5 octobre 1884, il a été unanimement résolu que l'argent provenant du droit de passage sur la réserve des dits sauvages serait payé à Monseigneur Guay pour ôtre employé au bénifice de la Chapelle ou du nouveau presbytère. Copie certifiée de la présente résolution est annexée à la présente. Monseigneur Guay nous à dit avoir reçu 8200.00 du Gouvernement-Local et cet argent à été employé pour la Chapelle et il nous a dit aussi que Monsieur Riopel, gérant du chemin de fer de la Baiedes-Chaleurs lui avait écrit que les dits droits de passage avaient été payés à Otlawa pour les sauvages.
«210 Monseigneur Guay a rendu ses comptes de la Chapelle et du nouveau presbytère à une. assemblée publique des sauvages et des blancs le 26 octobre 1890 à la satisfaction de la dite assemblée, et moi-même j'ai remercié publiquement Monseigneur Guay de toutes les peines qu'il s'était donné pour nous pendant son séjour à Ristigouche. Je déclare que pas un prêtre n'a pris nos intérêts plus que Mgr Guay.
« 220 Je déclare avoir signé moi-mème une requête addressée à Monseigneur de Rimouski, le 3 du mois
d'Août 1890,demandant au dit Seigneur Evèque de laisser Monseigneur Guay avec nous. J'ai moi-mème fait signer cette requête en partie par les sauvages, le manque de temps m'a empêché de continuer à la faire signer par tous ceux qui désiraient la signer.
« En foi de quoi j'ai signé la susdite déclaration comme étant vraie après avoir prèté serment sur les Saints Evangiles, en présence de J. Albert Verge, juge de paix, le trois février mil huit cent quatre vingt onze.
«“ Assermenté devant moi à Ste-Anne de Ristigouche, ce troisième jour du mois de février A. D. 1891."
(Signé) Pozvcanpr ManTix (Signé) J, Acsent Vence J. P,
N. B.—J'affirme que Monseigneur de Rimouski m'a écrit de monter à Rimouski pour faire ma déclaration.”
No 2?
« L'undersigned, Isaac Isaac, resident of the Indian Mission of Ristigouche, Co. Bonaventure, Province of Quebec, and belonging to the Micmac tribe, aged 43, do declare as follows, viz :
«70 L know Mgr Guay since his arrivalamongst us in 1884 and since that time [ have known him touse his best exertions ‘o improve the Mission in repairsto our church, and building a new presbytery and dependencies for the priest, in clearing a large quautity of church land for the use or benefit of the missionary, there was only about 9
acres cleared land when he came here, s0 that about 60 acres were cleared by said Mgr Guay, also made plantation of trees ke, Ke,
« Monseigneur Guay also built a side walk from the Chapel to Cross-Point one mile and west of Chapel about 1200 feet, which is a great boon to the Indians of the Village especially during wet weather saving a very muddy road going and coming from the Cross-Point ferry, Also built a wood shed for the Chapel. The inside of the church has been all renewed and a splendid new ulter, Statues, Chandeliers, lamps, way of the Cross, new organ, new vesments and last but not least a beauti‘ul chime of Bells and steeple, Chapel painted inside and outside and that he did this by collections without any special tax.
« 20 Atthe arrival of Monseigneur Guay here all the buildings were going to ruin.
«30 [I do not remember what amount was collected at the first bazar or pic-nic in 1884 To the best of my knowledge Monseigneur Guay never authorized paying dances in the bazars or pic-nic, but ! remember of Monseigneur Guay speaking from the altar against dances on the mission and would not tolerate the sume after 6 P, M. at weddiug.
«io remember to have hauled stone some twelve loads, for the new presbytery and received for the same threc dollars from Monseigneur Guay, and T remember that Francis Marchand and Mr, Glover hauled stone at sume for the loundations of the presbytery, but do not know how many loads, remember that there was stone wanting for said foundation. 1 do not know how many loads were hauled for nothiug by the the Indians, Irish and Canadians, but remember there was notenough and Monseigneur Guay had to get more hauled and pay for it at the rate of 25 els each load.
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«20 At the benediction of the bells and bazar of 1888, Ï remember that Monseigneur Guay announced from the altar that the amount raised from said benediction and bazar was about $1,300.00, but [I do not know what were the expenses against same. But I do know that we have a fine chime of bells and we ows it all to Monseigneur Guay’s great exertions, and costs us very little.
«Go If the pews some years brought double the pew rent it was because the rent was doubled with the consent of the Indians so as to help towards the ornamentation and reparation of the Chapel. Tu the year 1889 Monsei- Guay asked us to pay our tithe at same time of the pewrent, at Ste. Anne, and a great many Indians consented to it, and this was done voluntarily because it would be easier for them to pay in summer than in winter, in winter having only our wood to pay, in this way the church has its same revenue for the pews and the priest his tithe, and for myself am perfectly satisfied that the same rule be continued.
«70 T remember of Monseigneur Guay making some trips to Ottawa for our benefit.
« 80 I remember of Monseigneur Guay while rendering us a statement of his accounts on the 26tE October 1890 to have told us that he had paid $12.00 yearly for washing of Chapel linen.
« 90 I know the sexton for the Chapel has been Mr. lonoré Guay since the fall 1884 up till October 1890 and before Mr. Guay à young man was employed as sexton, and must say that our Chapel was always kept very clean by Mr. Guay.
«100 I know that there was a meeting of the Indians held the th October 1884 in the vestry of the church, and that all the Indians consented uuanimously to £ive to Monseigneur Guay any money obtained for right of
way of Baie des Chaleurs Railway, passing through the reserve for the reparation of the Chapel and construction of the priest house.
« I remember that in a meeting held 28th Sept. 1884 that it was unanimously resolved by all the Indians present to give to Monseigneur Guay al! moneys coming from stumpage from off the reserve for the reparation and construction of the :ence and the construction of the priest house, and further that Monseigneur Guay did not advise us to lumber on the reserve.
«{lo. This last summer that !fonseigneur Guay nnounced to us from the altar that the Mercier Government had given us 8500.00 and not ,n 1888.
« 120. When Monseigneur Guay rendered his accts publicly 26th October last he told us that he took $8200. from the stumpage, and received $2,000.00 from the Mercier Government for his presbytery and found his accounts correct.
« And have signed the said deposition, this third day of February, A. D: 1890 being first duly sworn before J, Albert Verge, a Justice of the Peace. »
(Signé) Isaac Isaac.
Sworn to before me at Ste-Anne of Ristigouche; this 3rd day of February 1881.
(Signé) J. ALBERT VERGE, J. P.
No à
Je soussigüé, juge de paix, et officier des pêcheries, demeurant à Cross-Point, à un mille environ de la Chapelle des sauvages, de Ste-Anne de Ristigouche, âgé de cinquante aps, conuait parfaitement Monseigneur Charles Guay, et déclare sous serment sans hésiter ce qui suit :
« Lo J'ai examiné moi-mème les comptes de Monseigneur Guay, j'en ai copié même une grande partie, je me trouvais présent lorsqu'il a rendu ses comptes le six octobre 1890, j'affirme et crois ses comptes exacts en tout.
« 20 A l’arrivée de Monseigneur Guay, à Ristigouche les édifices religieux était en ruine, Chapelle, presbytère et dépendances ; il a tout réparé à neuf, bâti le presbytère et ses dépendances.
« 30 Jamais un prètre à pris plus nos intérèts que Monseigneur Guay.
«40 Je me rappelle, après la bénédiction des cloches et du bazar en 1883, avoir entendu dire que le montant collecté était dans l’environ de $1300.00, mais je ne connais pas les dépenses qui out dû nécessairement avoir lieu.
«20 J'étais présent moi-même à l'assemblée des sau vages, tenue le 5 octobre 1884, autorisant Monseigneur Guay à retirer tout argent provenant du droit de passage du chemin de fer de la Baie-des-Chaleurs et d'employer cet argent aux réparations de la Chapelle ou pour la construction d'une résidence pour le prêtre et ses dépendances. L'assemblée à été unanime et j'ai signé moi-même comme secrétaire de la dite assemblée.
« 6o En 1884 bien que je fusse à Cross-Point, je ne me rappelle pas du montant collecté dans le bazar ou picnique, qui à eu lieu dans le mois de décembre. \
70 Je me rappelle avoir entendu Monseigneur Guay parler plusieurs fois dans la Chapelle, fortement, contre les danses, qui avait lieu sur la mission. J'ai entendu dire plusieurs fois que les sauvages et les blancs de la mission Ste-Anne de Ristigouche contribuaient peu aux bazars. »
(Signé) J. ALBERT VERGE, dJ. P.
Sworn to before me at Cross-Point P. Q. this 4th day of February 1891.
(Signé) Jonx Frasen, J. P.
« N. B.—80 Je considère que Isaac Isaac qui vient de donner sa déclaration devant moi, est un sauvage des plus intelligents de la mission.
«9o Les bancs depuis 1889 se paient comme auparavant, une piastre pour la Chapelle, et la balance est pour la dime. »
(Signé) J. ALBERT VERGE, d. P.
(Signé) Jon FRAsER, d. P.