AVANT-PROPOS
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Nous avons commencé en iSag» MM. Jobert, Rozet et moi, un Journal de Géologie; après l'expiration d'une année , notre association s'étant dissoute , cette publication a cessé. Délivrés de ce travail mensuel, qui était peu dans nos goûts , nous nous proposons de publier un Recueil de mémoires géologiques et paléontologiques, soit originaux, soit extraits de publications en langues étrangères. Ce Recueil paraîtra à des époques irrégulières ^ en volumes de vingt à vingt-cinq feuilles I ou bien en demi- volumes de dix à douze feuilles, avec un nombre illimité de planches pour des cartes , des coupes et des figures de fossiles.
Les gens routiniers ou à idées rétrécies vont dire que ce Recueil n'aura pas de débit , ou se trouvera en opposition avec quelques unes des sept excellentes publications de la capitale, qui enregistrent plus spécialement les travaux géologiques; or, il n'en est point ainsi , et nous sommes persuadés que si nous réussissons k composer convenablement notre Recueil , il remplira une véritable lacune dans la science. Le champ est si vaste qu'on est encore loin de l'avoir épuisé.
Nousi croyons pouvoir comparer les moyens de -pu*
blîcation offerts au public, à ceux de commuoicarioB qu'on lui facilite incessamment, Plus il y a t]e voitures publiques , plus le prix en est modique et plus il y a de voyageurs ; de même piiis il y aura de Recueils s' occupant de spécialités scientifiques, et à un prix modique, plus il y aura d'acheteurs et de gens cultivant ses sciences spéciales , et plus sera grande ta masse des documens à imprimer.
Les observations se multiplient chaque jour tellement, que le besoin actuel de la société pensante est d'avoir des moyens prompts et économiques de publi' cation j or, il n'y a que des entreprises faites par des sociétés ou des individus qui puissent offrir de semblables avantages.
Il est vrai que ce mode de publication ne s'accommode guère des impressions de luxe, et qu'il produit souvent danslepublic des idées peu neuves. Ce dernier inconvénient est bien contrebalancé par les connaissances et l'émulation scientifique que la presse périodiqne répand dans le monde, témoin l'état des esprits ara États-Unis et en Angleterre.
D'un autre côté, les ouvrages de luxe, étant faits presque uniquement pour les bibliotbèqnes , et ne devant le plus souvent en France leur existence qu'à la générosité du gouvernement, outre que ce genre de publication porte en lui {au moins sur le continêilt ' européen ) le germe d'une mort plus ou moins prochaîne, nous osons contester beaucoup son utilité , vu
le petit nombre d'individus auxquels il s'adresse. Autrefois, lorsque les sciences n'avaient leurs adeptes que dans quelques capitales, de semblables publications remplissaient leur but; maintenant les con* naissances scientifiques entrant dans l'éducation de^ tout homme bien élevé , le nombre des penseurs et des écrivains a augmenté beaucoup, plus rapidement que le bien'» être général ; ainsi des grands in-folios, des impressions sur papier vélin , et d'autres curiosités ty-< pographiques fort chef e» < ne s'adressent qa'à un pU' blic qui dans le fond ûè l'est plus.
Pouf se cîoùtaincre de cette vérité , il n'y â qu'à comparer la dimiiitition successive du luxe d'impres^ sion qti'ônt éprouvé les livres' de tout genre , depuis les temps anciens. Plus l'on remonte en arrière dafis les riècles, plus la partie typographique , ou plutôt ôma-^ mentale des livres ou mantiscrits était soignée; parce? que, à ces époques, ils ne s'adressaient qu'à ùh très petit nombre d'individus, et qu'ils se vendaient très cher. Pouf satisfaire à l'augmentation des lecteurs, il a fâWti baisser les prix, et par conséquent réduire le luxe typographique au strict nécessaire. On n'a plus attadhé d'importance qu'à la netteté et la bonne dispo-^ sitîon des caractères typographiques, ainsi qu'à la bonté du papier.
[Néanmoins , l'on comprend encore, pour certaine^ sciences ou ponr certains cas rares, l'utilité des im-*^ pressions de luxe, et il est possible même qu'elles don-
TÎij ATAHT-PBOPOS.
nent quelquefois des bénéfices aux libraires, a» lieu de les ruiner, comme c'est l'ordinaire. D'un autre côté, toutes les autres entreprises de ce genre deviennent inutiles à notre époque, et ne servent qu'à alimenter la vanité des auteurs, tout glorieux de voir leurs observations limitées, occuper plusieurs volumes in-folio ou in-4°) tandis qu'elles n'auraient pas rempli quelquefois un modeste volume in - 8° avec ou sans plancbes. Cela se réduit donc alors à faire gagner le fabricant de papier, à vendre au public fort cber du beau papier bien imprimé; par conséquent à placer infiniment moins d'exemplaires d'un ouvrage, et à répandre très peu les connaissances utiles.
Chaque science doit avoir ses journaux et ses recueils spéciaux; cet amalgame de matières si diverses doit être banni des publications scientifiques, et être réservé aux journaux quotidiens et littéraires.
Dans l'état actuel des choses, et surtout depuis que l'étude des langues étrangères entre dans toute éducation soignée, on ne peut plus se tenir au courant de la science qu'on cultive sans le secours de vastes cabinets de lecture qui n'existent guère, et chaque spéciahté ainsi éparpillée inspire moins d'intérêt , et produit moins de cultivateurs dans chaque branche. Un amateur ou un commençant est dégoûté dès qu'il entrevoit cette immensité de productions littéraires qu'il sera obligé de parcourir avant d'avoir une idée de l'ensemble de la science. Les publications spéciales
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sont donc une nécessité de notre époque. Or^ tout besoin social , lorsqu'il est fondé , rien , si ce n'est le temps, ne peut arrêter son accomplissement. Comme ; la géologie, la physique et la chimie doivent avoir leurs \ recueils , de même la botanique , la zoologie, la malacalogie, Tentomologie , etc. , auront bientôt partout leurs journaux . Plus tard , les sciences s'agrandissant toujours plus , les sciences naturelles se diviseront probable* ment en un plus grand nombre de branches.
Il ne me reste plus qu'à dire que la société entière^ comme les éditeurs, n'a qu'à gagner à des publications telles que celles dont nous parlons; si toutefois elles sont combinées, d'un côté, avec la cessation dans tous les pays des droits du fisc sur les productions de l'esprit comme sur les livres étrangers (i), et de l'autre,
(i) Le produit du droit mis sur les livres importes en France ne monte annuellement qu'à une très petite somme y dont la moindre partie provient des livres en langues étrangères. Imposer les livres imprimés en français à l'ëtranger, cela peut favoriser l'industrie nationale ; mais.mettre des droits sur des livres en langues étrangères^ c'est arrêter la diffusion des découvertes , des connaissances utiles et des idées, pour obtenir un profit pécuniaire bien petit relativement au revenu de la France. Cette disposition cadrait avec le système impérial, et peut tout au plus convenir à des gouvememens différens de celui qui régit la France.
Une autre bizarrerie de la législation de la librairie a survécu aussi à plusieurs régîmes , nous voulons parler de cette espèce de censure que subit encore, comme du temps de l'empire, tout livre venant de l'étranger. Ces livres arrivés & la douane de Paris, rue d'Enghien, il faut aller signer le reçu d'envoi , puis se transporter à certains jours fixes a o ministère des travaux publics, rue de Yarennes, pour faire ezaminer les livres , et acquitter les ilroits de donane, de police
ATAJtT- PROPOS.
avec des communications plus fréquentes, plus régulières, et mieux entendues entre la librairie des capitales, fies provinces et de l'étranger. Plus les esprit^ seront portés vers les connaissances positives, plus il y en aura qui s'en occuperont, moins les fausses idées pourront se répandre, et plus la véritable civilisation avancera d'un pas assuré.
Examinons maintenant le rapport qu'on voudrait supposer entre notre recueil et ceux qui se publient déjà à Paris.
Le Bulletin universel des sciences, à la rédaction duquel nous avons l'honneur de coopérer, rend compte sommairement de tous les faits, et doit être consulté par toutes le» personnes s'occupant de géologie , puis-
etdetransporlejro^ciodansParis Enfinilfaul une seconde Tois aller à la douane pour prendre l'acquît des droils. Or, à part l'inutilitâ de cet pi-oinenades , si l'on croit celle censure nécessaire dans cerUins cas, quel est son but pour des livres venant de pajs où la liberté de U presse n'existe pas , ou pour des ouvrages purement scientîliijue» ou en langues mortes? D'ailleurs nous avons pu nous assurer par nous-méntes que cet eiamen devenait illusoire, car les employés ne sont pas des érudits, et ne sont inities à presque aucune langue étraagère, de manière que, comme des enfansisi les livres sont sans images, ils ne peuvent j voir que du papier imprimé ; beureux s'ils tournent bien le livre, ou saisissent le c6lé par lequel il faut lire l'écriture. Ils sont doue obligés de faire semblant de savoir toutes iei langues; tout commis de douane en pourrait fairi: tout autant, coiumt cela, se pratique en Angleterre. Cette modification au règlement ëpargncraii non seulement un temps précieux à ceux qui reçoivent des livres étrangers , maïs elle rendrait possible l'entrée de ces derniers par tous les bureaux des douanes à la frontière, facilité qaj a*^ûl^^saoaf.ltlfeIlF^UlGe■, ,
(Jn'on ne trouve nulle part ailleurs tous ces renseignemeos réunis. Mais à côlé de cette publication il devient indispensable d'avoir un on deux recueils où l'on puisse lire d'un bout à l'autre les travaux géologiques les plus importans, parce que l'analyse la plus étendue et la mieux iaite ne peut jamais suppléer à la lecture d'un ouvrage entier.
La partie géologique des Annales des Mines est consacrée presque exclusivement et avec raison aux travaux des ingénieurs des raines, et les Annales du Mulitim tt des sciences naturelles ainsi que les Mémoires de la Société d'Histoire naturelle embrassant un cadre trop vaste, n'offrent que quelquefois des documens géologiques. Il semblerait même clans l'intérêt bien entendu des éditeurs et du public qu'où pût acquérir séparément les mémoires, ou du moins les collections de mémoires sur chaque science naturelle.
Le Bulletin et tes Mémoires de la Société géologique de France ne contiennent en général que les travaux de ses membres, et la première publication ne se vendant pas au public, n'est iaite que pour donner la vie à cette utile association.
L'on voit donc qu'on pouvait encore désirer un ouvrage périodique ou non péric prix modique , et qui renfermât originaux, les mémoires géologiques tes plus important refondus dans une foule de Journaux trop chers pour un seul individu.
■que qui fût d'an ï côlé de documens
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En conséquence nous nous attacherons à ofiErir dans notre nouveau recueil la traduction de$ mémoires on ouvrages en langue étrangère qui traitent des points généraux de la science, et nous y joindrons quelques des^ eriptions locales ou indications utiles qui seraient peu connues. Ainsi nous reproduirons surtout les observations marquantes des géologues russes, suédois, danois et hollandais , et de temps à autre nous y joindrons des notices fournies par les savans des autres pays de l'Europe.
En outre , nous accompagnerons ces mémoires de notes explicatives ou critiques^ et nous consacrerons une bonne partie de notre recueil aux mémoires originaux à cartes et coupes , dont nos nombreux amis , répandus sur toute la surface de l'Europe , sont instamment invités à nous favoriser.
Ifous nous chargerons de la traduction des mémoires écrits en langue étrangère européenne, quelle que soit cette langue , à Texception cependant du hongrois.
Nous mettrons toute la célérité possible dans la publi* cation correcte des documens qu'on voudra bien nous confier. Néanmoins l'intérêt bien entendu de notre entreprise pourra quelquefois rendre impossible l'insertion simultanée de certains mémoires semblables ou sur les mêmes sujets; dans ce cas nous tâcherons f autant que possible, d'en donner avis aux auteurs, afin de savoir s'ils veulent se soumettre à ce retard dans la publication de leurs travaux.
AVANT-PROPOS. Itllj
Dans l'envoi des manuscrits, on ne doit point omeP»
ire ceux qui sont volumineux ou accompagnée d'un grand
wmbre de dessins, pourvu que les faits soient important
et bien observés; car si leur publication sortait du cadre
de notre recueil , ils pourraient être bien reçus de la
FiSociété géologique de Franoe, dont le but essentiel est
d'encourager la science et d'augmenter le nombre de
ses membres. Ainsi notre recueil , au lieu de nuire aux
Mémoires de cette société, ne pourra que leur être
ËtYoràble.
Un patriotisme bien entendu engagera les Français k communiquer toutes leurs observations à cette société naissante ; cependant si , contre notre attente, des nationaux nous confiaient de leurs travaux médits, nous ne les recevrions que sous la condition expresse que les auteurs ne feraient imprimer leurs mémoires dans aucun autre recueil; ceux qui ne se conformeraient pas à ce désir ne pourraient dans aucun cas Jouir de nou* veau de ce mode de publication y et leurs envois ne seraient plus reçus.
N'ayant en vue que les progrès des sciences et non rétablissement de tel ou tel système , nous nous empresserons d^admettre dans noire recueil toutes les opU nions scientifiques , même celles contraires aux nôtres f pourvu qu'elles soi^ent présentées avec mesure , et qu'elles n'aient rien de trop paradoxal.
Désirant donner c«e recueil à un prix aussi bas que
fçssibie f noQf proposons d'y souscrire d'^^^^ce, L prÛL s«r^ iQDJoui^ pi^Lrquç sus )« couverture de chaqui yplume*
Qq «Qiwrit chou VAinr^Qv»! ra4 de TonnioBt n* 17 1 ^ lihqz )((. Letaaiii^t, ^blTHV^? rue dâ La Kafpf , p^" $1 ^ Strasbourg 1 1^^ des Jui£i^ J9i* 33; et à BrweUçs, à I4 (J)>Taj riç pari$ien¥iç , ruç 4e la Madeleine , n"* 4^8^
iV. B. On est prié d'adresser tous les envois éé iMmit Horil^y de )>roohurf# ou d'ouvrages, à TauleBr , rue de Toui IKm ^ u"" 1 7. Si les objets envoya squt e^pégijm mus bandei îli est essentiel de répéter l'adressé sur \k couverture, poi obvier aux pertes, en ci^^que les bander viq^^f ^ 1 rompre.
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TAÇLE DES MATIÈRES