‹ MémoiresChapitre 35 sur 40 · II · texte numérisé non relu

II

étaient Anita, Ugo Bassi, Gicerayeccbio et ses deux fils. Tous sont morts, et de quelle façon l 0 morts sacrés, je raconterai votre martyre I

Le nom d'Ugo Bassi sera le mot d'ordre des Italiens au jour de la délivrapce. l

Mais je mé suis laissé entraîner bien loin de mon but.

Revenons au siège de Rome.

Dans la nuit du 4 juin, tandis que nos adversaires simulaient une attaque sur la porte Saint-Pancrace, la tranchée fut ouverte à trois cents mètres de la place, et deux batteries de siège furent dressées, Tune à ceiit mètres en arrière de la parallèle, pour éteindre le feu du bastion n* 6, Tautre à la droite de la parallèle, pour faire ^ace à la batterie romaine de Vestaccio et de Saint- Alexis. La parallèle s'appuyait à droite à des hauteurs inattaquables, à gaucli^ à la villa Pai]6|pfaili.

Dèsie point du jour,j*avais fait appeler Manara, et je Tavaispriéderésignerson titre de colonel desbersaglieri, pour accepter le grade de mon chef d'étatmajor. C'était lui demander un grand sacrifice, je le savais; mais Manara était plus apte que qui que ce fût à cette fonction. Il était d'une valeur exemplaire, d'une rare tranquillité d'àme au noilieu du danger, d'un coup d'œil sûr dans le combat; il avait fait de

dbyGoogk

DE i. 6ARIBALDI 207

ses bersaglîeriies troapes les mieux disciplinées de Parmée. Il parlait quatre langues; enfin, son aspect avait cette dignité qui convient aux grades élevés, n accepta.

Le reste de mon état-major se composait des majors Cenni et Bueno, des capitaines Caroni et Davio, de deuxFrançais, excellents officiers, nommés Pilhes et Laviron ; du capitaine Ceccadi, qui, pendant ses services en Espagne et en Afrique, avait mérité la croix d'Espagne et la croix de la Légion d'honneur; de Silco et de Slagnetti, qui, à Palestrina, conduisait les émigrés; du lieutenant de cavalerie Gilî, du courrier Giannuzzi, et finalement d'un membre de l'Assemblée, le capitaine Cessi.

Manara organisa d'abord Tétat-major dans l'intérieur : tout le monde voulait demeurer avec moi à la villa Savorelli ; nous avions la vue de la campagne, et rien ne se passait qui ne fût sous nos yeux.

n est vrai que la distraction n'était pas sans danger. Comme on savait que la villa Savorelli était mon quartier général, boulets, obus et balles, tout était pour moi. C'était surtout lorsque je montais, pour mieux voir, sur le petit belvédère qui dominait la maison, que la chose devenait curieuse. C'était une véritable grôle de balles, et je n'ai jamais

dbyGoogk

entendu tempête avec pareils sifflements. La maison, secouée par les boulets, remuait comme dans un tremblement de terre. Souvent, pour donner du travail aux artilleurs et aux tirailleurs français, je me faisais servir à déjeuner sur ce belvédère, qui n'avait d'autre protection qu'un petit parapet en bois. Alors j'avais, je Vous en réponds, une musique qui me dispensait de faire venir celle du régiment.

Ce fut bien pis quand je ne sais quel mauvais plaisant de l'état-major s'amusa à arborer au paratonnerre qui surmontait la petite terrasse une bannière, où étaient écrits en grosses lettres ces mots:

Page 1