‹ MémoiresChapitre 139 sur 168 · I. La cabale des Importans · texte numérisé non relu

I. La cabale des Importans

affaires qu'il n'y sera pas sitôt employé qu'il ne se rende ridicule , aussi bien que ceux qui l'y auront mis ' ; et l'autre est fort capable , mais il a plusieurs partis formés contre qui lui donnent à dos à nos amis, et, s'il arrivoit, nonobstant cela, qu'on pût l'établir, je ne sais si son premier soin ne seroitpasde diminuer les prétentions de ses bienfaiteurs 2. Quoi qu'il en soit, jusqu'ici je n'ai que des espérances , et je fais de la dépense solide , qui n'accommodera pas mes affaires si la Cour ne faisoit rien pour moi; et, comme j'ai été assez malheureux jusqu'ici, je n'oserois me rien promettre de bon, vu cent circonstances que je vous dirois plus librement que je ne les puis écrire. Comme vous avez l'esprit tout à fait éclairé , je souhaiterois que vous fussiez en lieu où vous me pussiez donner quelquefois vos avis. De peur des changemens, je hâte le plus que je puis mon traité avec madame d'Aiguillon 5. M. du Vigean4 m'a prom.is de sa part douze mille francs , et un prieuré de deux mille livres de rente pour un de mes enfants. Comme elle n'accorde cela qu'à l'état où elle me voit à la Cour, si je n'y étois plus bien je la connois d'humeur à se dédire de tout et à se moquer de moi. C'est ce que vous peut mander votre.

A Paris, ce 12 juin 1643.

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