‹ MémoiresChapitre 163 sur 168 · I. Madame de Vascœuil étoitsœur des Campion · texte numérisé non relu

I. Madame de Vascœuil étoitsœur des Campion

4i6 Lettres

j'aime mieux être demeuré en France si je lui suis inutile au pays où elle va, n'étant plus guère d'âge ni d'humeur à voyager dans les pays étrangers; outre que je sais que mon retour réjouira toute notre famille, je crois que vos prières à vous et à madame de Berville ■ m'ont attiré ce bonheur-là. Je vous réponds qu'il y a beaucoup à profiter d'avoir des dévotes dans sa famille, et que je suis bien éloigné d'être de l'humeur de ceux qui disent que cela porte malheur, et j'attends un jour ma conversion de vous et d'elle, moyennant la grâce de Dieu. Je sais que quelques-uns de vos Messieurs ne content à rien notre volonté 2; mais je suis bien aise que vous ne soyez pas de cette opinion , et que vous , qui dogmatisez et faites des catéchismes, n'entrepreniez pas de persuader une doctrine qui, bonne ou mauvaise, pourra apporter du trouJDle et de la division dans l'église , par la contradiction de la plupart des religieux de France. Je trouve votre bon ami le Père Saint- Pé tout à fait raisonnable sur ce chapitre, comme en tout le reste. C'est avec raison que vous avez tant d'amitié pour lui , et je le trouve un des plus agréables et des moins façonniers de tous ceux qui font profession de conquérir des âmes pour le ciel. Je n'ai jamais vu d'homme que je croie plus capable d'être directeur que lui. Je sais que je fais bien ma cour auprès de vous en parlant ainsi ; mais je le dis sans complaisance, avec ma sincérité ordi-

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