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C'étoit autrefois une place forte du Bas- Languedoc

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rendez-vous de l'armée qui , après la jonction de toutes les troupes , se trouva composée de quatorze mille hommes de pié et de deux mille cinq cents chevaux. Le prince de Condé avoit le commandement absolu des troupes; mais après en avoir fait la revue , il retourna à Narbonne , pour régler ce qui regardoit la province du Languedoc et donner ordre à la subsistance de l'armée, dont il assura les chefs de les visiter toutes les semaines , à quoi il ne manqua pas. Le maréchal de Schomberg', gouverneur de Languedoc, commandoit en son absence ; le vicomte d'Arpajon étoit heutenant-général , et les sieurs d'Espenan^j de Lecques? et d'Argencourt^, maréchaux de camp. Boissac^, premier mestre de camp de la cavalerie , la commandoit , et le régiment de Normandie gardoit le général.

De Sigean l'on nous mena camper près de Leucate , dans une petite plaine qui est au-dessous. Le lendemain nous entrâmes dans le pays ennemi, dont il est nécessaire de donner une

mais ses fortifications , devenues inutiles par la conquête du Roussillon, ont été rasées. Leucate n'est plus qu'une commune du canton de Sijean.

1. Charles de Schomberg, duc d'Hallwin, maréchal de France le 26 octobre 1637.

2. Roger de Bossort, comte d'Espenan, maréchal de camp du 28 mai 1637.

3. Henri de Chaumont, baron de Lecques. Sa nomination au grade de maréchal de camp est du 30 novembre 1635.

4. Pierre de Conti d'Argencourt, nommé maréchal de camp le 1er avril 1637.

5 . Ou Boissat. Il est souvent cité dans la Gazette. Tallemant des Réaux l'appelle un bon officier de cavalerie. Historiette de M. de Roquelaure, etc. Il se nommoit André de Boissat. Il étoit frère de Pierre de Boissat l'académicien.

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courte description. Le comté de Roussiilon est situé entre les monts Pyrénées et la mer Méditerranée. Du côté d'Espagne, il est séparé de la Catalogne par les montagnes , qui , avançant une pointe dans la mer, vont d'une suite continue par l'Aragon et la Navarre d'un côté , et le Languedoc , le pays de Foix et la Guienne de l'autre, jusqu'à la mer Océane , vers Fontarabie et Bayonne. Ces montagnes sont quasi inaccessibles par tout. Dans le Roussiilon , elles n'ont qu'un passage ordinaire qu'on appelle le col de Pertui , par lequel on entre en Catalogne , et qui est le grand chemin de Barcelone. C'est le côté du Midi. Au couchant est la vallée de Conflans , et ensuite les plus hautes Pyrénées toutà-fait impraticables. Au levant, c'est la mer, et au septentrion il se détache une branche des plus hautes Pyrénées qui s'étend jusqu'à une lieue et demie de la mer. On appelle cette branche les Courbières , comme plus basses que les autres. Ce sont celles-là qui séparent le Languedoc du Roussiilon. A l'extrérnité de ces montagnes , du côté de la mer, il y a un étang d'eau salée entre lequel et le pié de la montagne se trouve un chemin large à passer deux ou trois chariots , au bout duquel , à l'entrée du Roussiilon , est bâtie la forteresse de Salces , dont je parlerai bientôt. L'autre côté de l'étang, vers la mer, en est séparé par une plage qui a une cinquantaine de pas de large et deux lieues de long , à une extrémité de laquelle est le Roussiilon , où les ennemis avoient un poste nommé le fort de Saint-Ange. A l'autre extrémité, du côté du Languedoc , est bâtie la ville de Leucate,

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port de mer et très-bonne place sur une élévation, et qui, étant voisine du chemin entre Tétang et les montagnes , défend aussi cette entrée du Languedoc. Le Roussillon a six lieues françoises de largeur, depuis Salces jusqu'au col de Pertui , d'où l'on passe en Catalogne , et dix lieues de longueur à prendre depuis CoUioure, port de mer bâti à la pointe des Pyrénées , du côté de Roussillon , jusqu'au-delà d'Estagel dans la vallée de Conflans : c'est une plaine la meilleure qu'on se puisse imaginer. Dans le milieu du pays est Perpignan , assez belle ville bien fortifiée , et dont la citadelle , appelée le Château-Major, passe pour imprenable et pour la meilleure place d'Espagne. Il y a dans le canton plusieurs autres villes , mais nulles de fortifiées que celle-là , Collioure et Salces.

Le maréchal de Schomberg, ayant eu ordre du prince de Condé d'entrer dans le pays que je viens de décrire, jugea impossible de pénétrer par la plage, à cause du fort de Saint-Ange, ni entre l'étang etla montagne, à cause de Salces. Il résolut de s'avancer par les Courbières , où l'armée de Louis XI ' avoit passé autrefois. L'on envova des pionniers pour ouvrir le chemin au canon; l'armée s'avança au travers des montagnes, dans lesquelles nous fîmes six lieues, et commençâmes ensuite à descendre dans la plaine, au débouché de laquelle nos hommes détachés avoient heureusem.ent pris un château assez bon, appelé Opoul. L'armée entra donc en Roussillon sans nulle opposition, tant parce que les ennemis

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