‹ MémoiresChapitre 57 sur 168 · Le 20 août · texte numérisé non relu

Le 20 août

2}G MÉMOIRES DE CaMPION,

la Reine, le duc d'Orléans, le prince de Condé et le cardinal résolurent de se venger des Parisiens. La nuit du 5 au 6 janvier, tandis qu'ils crioient : Le Roi boit y le Roi sortit de la ville avec toute sa Cour, et se retira à Saint- Germain, d'où la plupart des troupes, qui avoient eu ordre de marcher, s'approchèrent, et investirent Paris sous la conduite du prince de Condé. Quelques mois auparavant, mon frère ayant appris que le duc de Beaufort témoignoit croire les bruits que l'on avoit fait courir à son désavantage pendant sa prison, lui écrivit une lettre pour s'éclaircir de ses sentimens, dans laquelle, après avoir fait connoitre par bonnes raisons son innocence , il lui témoignoit, mais en termes trèscivils, que s'il ne lejustifioit envers tout le monde d'une inculpation dont il ne pouvoit douter qu'il ne dût être exempt, il seroit obligé de faire connoitre son ingratitude. Quoique la lettre fût fort bien , le Duc ne la trouva pas assez respectueuse, et après s'en être plaint hautement, n'y fit point de réponse, continuant toujours à accréditer les discours que l'on faisoit contre mon frère. Cela l'engagea à aller à Paris, où ayant assemblé les comtes de Fiesque ^, de Montresor et de Béthune 2, avec les sieurs de la Frette ^ et de Varicarville, tous gens dans la dernière estime de probité, et intimes amis de la maison

1 . Charles Léon , comte de Fiesque. C'est à sa femme qu'est dédié le Recueil de lettres qui peuvent servira l'histoire.

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