LETTRE XXIX
Je suis arrivé à Paris dans le carrosse de M. de Bautru '. J'ai appris à mon arrivée que le Roi étoit à Malzerbe 2. Comme le lieu est sur le chemin d'Orléans, ce voyage m'est suspect, et d'autant plus qu'il y a beaucoup de troupes qui suivent la Cour : cela me fait croire qu'on veut nécessiter Monsieur à traiter. Quant au voyage de M. de Bautru à Sedan, et à l'offre qu'il vous a faite de Mouzon pour place de sûreté, ce n'étoit, à mon avis , que pour gagner le temps, et vous persuader qu'on vouloit faire un traité avec vous-même , afm que vous ne vous missiez pas en peine d'avoir des commerces secrets avec Monsieur, qui leur pourroient nuire. Il vous laissa un passeport pour envoyer quelqu'un vers lui, afin que vous crussiez qu'on vouloit entendre à l'accommodement de vous deux ensemble : ce que M. le cardinal ne fera jamais à moins d'y être nécessité ; et ce qui me confirme davantage dans cette créance, c'est que M. de Bautru ne va point à la Cour porter votre réponse, et se