‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 9 sur 84 · Dendermonde, au confluent de la Dendre et de l'Escaut · texte numérisé non relu

Dendermonde, au confluent de la Dendre et de l'Escaut

2. Jean d'Imbize , échevin de Gand , tour à tour hostile et dévoué à la cause du prince d'Orange, huguenot fanatique, aussi cruel dans son parti que le duc d'Alhe dans le sien. Convaincu de traliison, il fut dt-posé de ses charges municipales et décapité à Gand le 4 août 1584 (Motley, t. IV, p. 178, 349, 509; De ïhou, liv. 79, 1740, t. VI, p. 374).

3. Jean de KetuUe, seigneur de Rihove, gouverneur de Gand et plus tard de Dendermonde , avait été d'abord le complice

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ville, et parluy feist ung matin mectre la bourgeoisie en armes (qui ne se faict sans estonner tous ceux qui sont dedans, comme nous y estions lors, estant ce peuple dangereux en ses esmotions) ; et tendoit led. s"" de Rihove à prendre led. s' d'Embize prisonnier et l'envoyer aud. s' prince d'Orenge, auquel effect il le manda en son logis; où, estant arrivé et demeurant trop longuement, au gré des habitans qui l'aymoient conune ung gentilhomme cherchant le bien de leur ville, ilz se mutinèrent contre led. Rihove, amenèrent le canon devant son logis. Et la chance fut tellement tournée contre led. Rihove qu'il fut contrainct chercher son salut entre les bras dud. s' d'Embize, lequel, fort généreusement et sans se resentir du péril d'où il sortoit, le mist hors de lad. ville, d'où il s'en alla trouver led. s"^ prince d'Orenge ; lequel y vint depuis visiter led. s"^ duc Casimir, mays le plus foible. Et ne cessa, depuis le parlement dud. s' duc Casimir, de chercher tous moyems d'y brouiller tout pour y restablir son authorité, qui y estoit fort diminuée par la congnoissance de son ambition ; ce qui donna occasion à ceux de G and, assistez du reste du comté de Flandres, de rechercher led. s' prince de Condé, par nostremoyem, de prendre la charge des affaires dud. comté de Flandres, avec ung ordre admirable tiré du dénombrement des familles, tant des villes et bourgs privilégiés que des villages, pour l'entretenement de 21,000 hommes de

d'Imbize dans los soulèvemonts de Gand , mais il ne le suivit pas dans ses palinodies. Ce fut lui qui découvrit la trahison d'Imbize et qui le fit décapiter. Voyez la note précédente.

pied et 400 chevaux et artillerie convenable ; les dix familles riches fournissans à l'entretenement d'ung homme de cheval et les dix familles médiocres à l'entretenement d'un homme de pied, avec ung honorable traictement pour sa personne, maison et gardes, par moys, en espérance de passer plus oultre, sur le contentement de ses comportemens ; dont fut traicté avec nous et nous fut exhibé le rolle de chacun en tout dud. comté pour y rocongnoistre la vérité et fondement de leur offre, qui estoit si bien compassée qu'il y restoit encores des moyems pour employer aux affaires extraordinaires. Et ne fuz jamays plus cstonné (jue de congnoistre telle force dud. comté de Flandres, ne m'esbahissant pas si ledit comté paye, comme j'ay dict, le tiers des contributions desd. pais et si on dict qu'il n'est comte que de Flandres.

Commençant lors à supposer l'ambition dud. s^ prince d'Orenge sur ung si beau morceau, nous ne peusmes moings faire que donner espérance à lad. ville de leur ayder en cela. Et en advertismes led. s' prince de Condé, mays de telle sorte que parnoz discours il recongneut bien qu'en faisant mine de l'exhorter a embrasser cepaiiy, nous luy donnions subject déjuger qu'il n'estoit expédient à son service de se brouiller en telz affaires. Et prins moy-mesmes dès lors résolution de me retirer en Allemagne pour les advis que j'avois de mon maistre de quelque nouveau subject de remuement en France et pour ne voir les choses bien asseui^ées aud. pais de Flandres, dont je ne fus pas si tost party que le trouble y creust, en suite des menées dud. s' prince d'Orenge, KMjuel. retourné à

Gand, y cassa le magistrat et en establit ung à sa dévotion'.

Et touteffois, avant que partir de Gand, je fei tant par mes advis envers led. s' prince de Gondé, mon maistre, selon le désir dud. s' duc Gasimir, qu'il résolut de s'aprocher desd. Pais-Bas et de se loger en son gouvernement de Picardye, ce qu'il négotia au commencement de l'année 1 579 ; et tant y advança qu'il s'y asseura de la surprise de la ville de La Fère % de l'ancien patrimoine de sa maison, au comté de Marle^, en laquelle ville il s'achemina, luy troysiesme en poste, déguisé depuis St Jehan d'Angely, passant par le milieu de la ville de Paris et y prenant des chevaux de poste. Et entra en lad. ville de La Fère, accompaigné d'ung bon nombre de noblesse du pais de Picardie qui l'attendoit, pour estre près desd. Pais-Bas, aux occurrences des affaires qui changeroient tous les jours, de sorte qu'ilz pou voient donner nouveau subjectauxd. s" prince de Gondé et duc Gasimir d'y entreprendre.

Or estant led. s"^ duc Gasimir par nous adverty, à mon arrivée en Alemaigne, du dessein dud. s' prince, il résolut de me dépescheren Angleterre vers la royne, sur les propos qui s'eschauffoient du mariage d'elle et

1. En juillet et août 1579. La Huguerye falsifie ouvertement les faits; nous y revenons plus loin. Voyez Motley, t. IV, p. 351.

2. Le prince de Condé s'empara de La Fère le 29 novembre 1579. Le récit de La Huguerye est confirmé par d'Aubigné (Hist. Uîiiv., 1626, col. 1017) et par De Thou (liv. 72, 1740, t. V, p. 615). On conserve à la Bibliothèque nationale (V^ de Golbert, vol. 29, f. 433) un récit inédit de la prise et de la reprise de cette ville.

3. Le comté de Marie avait appartenu à Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, oncle de Gondé. Un fils d'Antoine, mort en bas âge, avait reçu le nom de comte de Marie.

dud. duc d'Alençon. Et m'y envoya avec lectres de créance doubU; vers la royne, tendant à tirer prouffit de telle alliance, faisant reprendre aud. s' duc d'Allençon le party (|u'il avoit laissé, et vers led. s' de Walsingand \ secrétaire d'Estat, et autres conseillers pour descouvrir la vérité de l'intention de la royne sur la proposition dud. mariage, si c'estoit afïîn de l'accomplir, et, en ce cas, employer toutes les raisons que j'avois promptes pour l'empescher, tant au bien et repos de la royne et de ses estatz que du party dont elle faisoit profession. Et de ceste seconde créance m'estoit commandé d'user secrètement, sobrement et accortement, et, pour la mieux dissimuler, visiter led. s' de Mauvissière ^, embassadeur du roy en Angleterre, et le s' deSimier % embassadeur dud. s'^ duc d'Alençon, lequel lor estoit en grand crédit près de la royne, et leur tenir propos agréables sur le faict de ceste alliance

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