I7O LETTRE DE LA VEUVE PIGALLE
réussirait beaucoup mieux que moi à l'y déterminer. Dans le cas où le jeudi 27 conviendrait à Monsieur le Controlleur général plutôt que le samedi 29 , nous ferons en sorte d'être prêts pour ce jour là.
Je vous remercie beaucoup , Messieurs , de l'argent que vous m'avez fait tenir. J'en avais un très-grand besoin pour avancer vos ouvrages. La satisfaction que vous paraissez avoir du choix que vous avez fait de moi pour l'exécution de votre monument, est pour moi la récompense la plus flatteuse et l'eguillon le plus fort pour m'engager à redoubler d'attention et de travail jusqu'à ce que je l'aie conduit à son entière perfection.
J'ai l'honneur d'être avec respect,
Messieurs ,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur ,
Pigalle.
Messieurs ,
Permettez-moi de vous importuner; je sais que votre temps est précieux , aussi je vous promets de n'en pas abuser. Je ne puis cependant m'empêcher de parler , les circonstances m'en font un devoir.
Je suis créancière de la ville de Reims d'une rente viagère de 3200 Tb. Cette rente n'est pas une grâce , une pension ; elle fait partie du prix des ouvrages que M. Pigalle, mon mari, a fait dans votre ville. Il lui restait dû 40000 %. ; j'en ai consenti l'aliénation moyennant ces 3200 &. de rente viagère sur ma tête. Voilà
INSCRIPTIONS. îyi
l'objet dont je veux vous parler et je vous avoue qu'il commence à devenir pressant. Depuis le premier janvier 1790 je n'ai rien touché ; je ne vous dirai pas combien j'ai fait de démarches chez M. Cambeau, correspondant de votre ville , qu'elles ont toutes été infructueuses , mais je vous avourai franchement que j'ay besoin de mes revenus. Les hommes à talens s'attachent plus à la gloire qu'à la fortune ; aussi la femme de Pigalle n'est-elle pas riche. Je vous prie donc de me faire payer les arrérages qui me sont dûs et j'attens avec confiance une réponse favorable à ma requête.
Ma reconnaissance pour vous , Messieurs , ne le cédera qu'à mon respect.
Veuve Pigalle.
Paris , le 22 novembre 1792.
Ma demeure est rue St-Lazarre, barrière Blanche, N° 73.
Sur le piédestal de la statue sont gravées les deux inscriptions suivantes :