LETTRE DE BOUCHARDON
et avec l'instance de quelqu'un qui est aussi véritablement jaloux de sa réputation , qu'il l'est de l'ouvrage même : et je compte assez sur l'amitié de mon cher et illustre confrère, pour oser me promettre qu'il fera pour moi ce qu'en pareil cas il ne doit pas douter que je n'eusse fait pour lui , s'il m'en avoit jugé digne, qu'il se chargera volontiers de terminer ce qui se trouvera manquer à mon ouvrage au jour de mon décès. Je lui en réitère ma prière, et je souhaite, s'il s'y rend ainsi que je l'espère, qu'il s'entende sur cela avec mes héritiers , et que les modèles et desseins que j'ai déjà préparés pour cette fin d'ouvrage, et qu'il estimera lui être nécessaires , lui soient remis , sous le bon plaisir de la Ville, afin qu'il puisse mieux juger de mes intentions , et en les remplissant autant qu'il le jugera à propos , qu'il travaille pour ma gloire et pour la sienne. Car quoique je sois très-convaincu qu'il ne seroit pas difficile de faire mieux , je crois devoir déclarer que dans l'état où j'ai amené l'ouvrage il seroit dangereux d'y rien changer tant par rapport à l'ordonnance générale , que pour la disposition de chaque figure. Aussi est-ce par cette considération et parce que je connois le goût et la façon d'opérer de M. Pigalle , que j'ai principalement jeté les yeux sur lui ; et que sans vouloir faire tort à aucun de mes confrères , dont je respecte les talens , j'ose assurer de la réussite de l'ouvrage de la Ville , du moment que la conduite lui en aura été confiée. Au Roule, le 24 juin 1762. Signé: BOUCHARDON.
TESTAMENT ET CODICILE du sieur SLODTZ.
25 SEPTEMBRE — 23 0CT03RE I764. (Archives Nationales. Y. 59, f° 26 verso)