RKPRDIANDE A M. LE DCC DE CHARTRES
Je suis contente de vous tous. M. le duc: de Chartres est un peu plus à la société et moins occupé de me poursuivre et se mettre dans ma poche; il sait combien de prix j'attache à son amitié, mais il ne doit attribuer qu'à la mienne la manière fâcheuse dont je le reçois souvent lorsqu'il oublie tout ce qu'il doit aux autres pour me suivre , se mettre à côté de moi , et enfin ne s'occuper que de moi, ce qui lui donne l'air niais d'un petit garçon qui n'ose pas s'éloigner une minute de son mentor. D'ailleurs toutes ces préférences exclusives sont importunes et ne constituent pas la véritable amitié ; ce ne sont point ces petites démonstrations qui la fortifient : il faut laisser les caresses et ces manières aux femmelettes. La confiance, l'estime, les procédés soutenus, l'inviolable fidélité, voilà ce qui nourrit l'amitié. Enfin je ne trouve rien de plus puéril , de moins fait ])our un- homme, que cette manière d'aimer que vous avez continuellement avec moi , et qui fait que vous n'écoutez et ne regardez que
moi ; que vous avez une tristesse inviiicihlc quand vous ne pouvez vous placer en voiture .1 côté de moi, etc, etc. Vous n'imaginez pas à quel point ces manières vous rendent maussade pour les autres ; vous devez être certain que je vous aime dans tous les momens dii ma vie, mais si vous avez envie de me plaire, soyez aimable pour tout le monde.