‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 175 sur 178 · PAGE 265, LIGNES 4, 45 ET NOTE · texte numérisé non relu

PAGE 265, LIGNES 4, 45 ET NOTE

Le sieur L désigne peut-être le libraire Leers, tandis que le livre

indiqué plus loin parait être, comme le pensait le fils de Rou, l'ouvrage de Michel Le Vassor : Histoire générale de l'Europe sous le règne de Louis XllI (Amsterdam, 4700-4744, 10 vol. in-12). Il a été question de Le Vassor ci-dessus page 2^7. Voltaire a porté sur son Histoire de Louis XIII un jugement beaucoup trop rigoureux, il ne lui accorde que rexactitude dans les faits : ce qui est bien quelque chose. Elle a été depuis mieux appréciée, et malgré les histoires du père Griffet et de M. Bazin, on la lit et on la consulte toujours avec fruit. Le Vassor, ancien oratorien, avait mécontenté sa congrégation par la publication de son Traité de la véritable religion (1688). Ayant passé d'abord en Hollande, puis en Angleterre, il y devint protestant en 4697. En résumé, Le Vassor, aigri par les injustices dont il croyait avoir eu à se plaindre, n*eu était pas moins un très honnête homme et un auteur très estimable.

Pierre Vandcr Aa , géographe et libraire-éditeur établi à Lcyde , publia , au rommencemt nt du XVIIP siècle , un grand nombre de cartes géographiques et plusieurs recueils de voyages, entre autres, un recueil de figures connu sous le titre de Galerie agréable du monde ^ 66 vol. in-fol., reliés en 35. Il mourut vers 1730.

Sans doute Claude Chastelaiu, chanoine de Paris, célèbre par son érudi lion dans la liturgie, principal auteur du Bréviaire de PariSy que de Harlay,

Ils se plaignent donc du préjudice que leur cause une telle outrecuidance, et rappellent les l)ons et loyaux services qu'ils ont rendus à leurs dites seigneuries académiques :

Et si nous sommes moins utiles Aux LTstoilleSy aux Gomberville<:, Aux Serizays, aux Saint-Amans, Aux Conrarts^ Baros et Racans, Et ses autres savants critiques Des ouvrages académiques^ Ces grands et fameux palatins.

Etrangers aux pays latins ; 11 est pourtant très véritable Que re qu*il8 savent de la faM<\ Ils l'ont appris des versions Qu'à Taide de nos dictions Il fut autrefois nécessaire De leur faireVn langue vulgair.*...

Puis ils raillent les lenteurs et les embarras de la confection du grand Dictionnaire de r.-Zrae/emîe, et concluent leur supplique en ces termes :

N'innovez, ni ne faites rien En la l.ini^ue, et vous ferez bien.

Il est en même temps mis en prison,,, — Tous les détails dans lesquels Rou entre au sujet de Claude Le Petit, et les vers inédits qu*il ,cite de lui sont d'autant plus intéressants pour l'histoire littéraire, qu'il n'est presque rien resté sur cet auteur (4). On savait seulement que Boileau l'avait eu en vue dans ces vers du cbant II de VÂrt poétique :

Toutefois^ n'allez pas, goguenard dangereux. Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux. A la fin, tous ces jeux, que l'athéisme élève, Conduiwnt triH^ment le plaisant à la Grève.

La manière dont Rou raconte la fin de Le Pelit, contredit implicitement la note du commentateur Saint-Marc, que voici : « Ces deux vers ont trait à la triste fin de Le Petit, auteur du Paris ridicule, poème d'un burlesque très ingénieux, et fort supérieur à la Home ridicule de Saint- Amand, dont il est une imitation. Petit fut découvert assez singulièrement

(I) C'est par erreiu* que le bibliograph » Peiirnol et le ilernier é<liteur de Boileau. M. Ch. f.oupn<lre. rappellent Pien-e.

pour l'auteur île quelques chansons Impies et Ubeitinn qal couraleot dans Paris. Vu jour qu'il Était liors de cliec lui, le vent enleva de dessus une lablr, placée sous la fenflre de sa chamlirc, qui-'lqucs carrés de papier qui lomb^ reiil dans la rue. tJn prêtre, qui passait par lii, les ramasse, et voyant que c'éiaient des vers impies, il va sur-le-diamp les remettre enire les mains du procureur du roi. Au moyeu des mesures qui fiireol prises, Petit fui arr^lé dans le moment qu'il rentrait, cl l'on trouva dans ses papiers les brouiUoD» lies eliansons qui eouraleol alors. Malgré loul ce que purent faire des personnes du premier rang . que sa jeunesse intéressait pour lui, il fut condamna ■i être pendu et brûlé. Ce poêle, très bleu fait de sa personne, était lils d'un tailleur de Paris, et très en élat de se faire un grand tiom par un meilleur usage do ses talents. Je liens ce détail de quelqu'un qui l'avait cunuu, lui i-t sa famille. «

M. Cb. Nusse , chef i la prËfecture de police , a eu l'obllgeanco de nous fournir les renseignements suivants : « Claude Le Petit, originaire de Korinandie, fut condamné le 36 août I G61, par jugement ordinaire Ju Cliiteid de Paris , â l^re amende honorable et A Cire brûlé vif • pour avoir i«u> ■ posé des vers infâmes, exécrables et impiesconlre Dieu el le Roi, qu'il aval] " lionnes a imprimer. » Sur appel de celle senl«nce au Parlement, la Cour, par arrêt du 31 du même mois, dit qu'il avait élé bien jugé et ordonu l'exécution. Toutefois, par im relentum, mis au bas de l'urrÉI, elle tempén la rigueur du supplice, en ordonnant que Le PeUt serait auparavant étranglr secrëlemenl par l'exécuteur. • Ces mots : gt^U avait donné» a imprimer. conllrmeut le récit deRou. Dans sa notice sur Théopbilc (Paris. («."G, edlielzévir. de P. Jannet), M. Alleaume donne quelques détails nouveaui sur Le Petit, et nous apprend qu'on l'avait surnommé, et qu'il se sunomniait lui-même Théophile le Jeune, Dans ces sortes d'aflaires , le corps du délit et les pièces du procès étaient brûlés avec le condamné. Aussi ne resie-t-il aucune trace du dossier de Le Petit.

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