S06 HOU EST CHARGÉ
senuUnes de Daniel (1 ), celle des Cotons (*2), et celle par laquelle je réponds à quelques difficultés à moi proposées par M. de La Placette, imprimées dans le Février 1 709 des Nouvelles de la république des lettres de M. Bernard , laquelle réponse se Toit dans le Mars suivant du même journaliste.
n n'y avoit pas tout à fait six mois que j'étois incorporé dans cette vénérable compagnie, qu'elle reçut une lettre de M. Jurieu au siqet de certains écrits d*un confrère, H. DaillQii (3)» accusé de quelque hétérodoxie. Mais, par un malentendu de la part de ceux qui Tentreprenoient , pourquoi aussi M. Jurieu le prétendoit innocent, et en représentoit vivement les raisons, les acocmpagnant, quant au reste, d'une très obligeante, mais surtout très excellente lettre , adressée à toute la compagnie pour la fendre juge de ses sentiments et de ses prétentions? La lettre fiit admirée par toute la compagnie, après que le secrétaire, à qui elle fbt remise entre les mains, lui en eût fait la lecture; et aussitôt il fut résolu qu*on y feroit une réponse dans la meil« leure forme qu'il seroit possible ; mais comme on alloit délibérer touchant celui qu'on chargeroit de cette réponse, M. Isaac Claude, dont les manières (comme tous ceux qui Tout connu en conviendront) étoient assez tranchantes, dit de son chef qu'il me falloit prier de vouloir bien accepter cette commission. M. de La Devèzc, M. du Vivier et M. Olivier donnèrent aussi- -
que ce soit Astyagc^ roi des Mèdcs^ d'autres que c'est Caïubyseï d'autres Daha<^iï=^-^^ Hystaspidc^ d'autres Xercès, d'autres Artaxerce, et d'autres enfui Darius Ochus. i^ — . »
Dans Vfhstoire des ouvrages des savcmts, par Basnafre de Beauval. Mars 1706.
(1) Dissertation ttw les septante semaines de Daniel. (Owraffes des smvinif -^fs*'. juillet 170G.)
(t) Dissertition de M. Rou sur les deux Gâtons, le Majetur ou le GcnseoryOt \^ M \e Mineur ou le FYOteur, autrement d'Utique. (Dans VlIUtoire des owKrmgesdes se vants, mars 1708.)
p) Benjamin de Daillon, ministre réfugié à Londr»*?, avait avancé quelques opî nions particuliùres touchant le diable, dans un sermon imprime en tète de son or -J*^ vrage, intitulé : Examen de V oppression des réformes en France, où tonjustif'^ "" Vinnùcence de leur religion. Amsterdam^ 1G91. Il s en suivit quelques disKut.. — ^' menu avec plusieurs de ses collègues, mais de nouvelles explications les sati^Ffireu ^* (VoiTj à ce si^el, la France protestante do MM. Uaag et la lettre de Baylc à Cor» " stant, du 18 février 1692.)
d'ëCRIHE UKR lettre a JURIEU. 307
tôt leur coDsentement : M. de La Devèze, parce qu'il évitoit toujours de contredire à M. Claude ; M. du Viyier, parce qu'il ëtoit bien aise que d'autres lui eussent fait une planche de déclaration en ma faveur, qu'il eût peut-être eu peine de se dresser lui-même, notre amitié réciproque lui paraissant le rendre trop suspect; et M. Olivier (1), parce que son esprit politique le faisoit ordinairement (en matières iiidilTércntes) ranger du côté des plus forts. Quoi qu'il en soit, la chose passa comme elle avoit été proposée ; et voici la lettre que je lis, et qui fut agréée et envoyée :
M M, JurieUf prqfesseur en théologie et F. M. D. S. E. en l'Eglise
françaiie de Rotterdam,
Monsieur,
J'ai été chargé par la compacte de vous remercier en son nom de Pobligeante part que vous lui avez faite des écrits de M. Dailion. Elle a cm, Monsieur, y trouver un sujet assez généra] de se tenir satisfaite; et son sentiment a été que le mérite, à plusieurs égards, de la personne en ellemême, se trouvant accompagné de beaucoup de docilité et de modestie, et même de soumission, si cela se peut dire, elle doit être ménagée, quoiqu'il eût été à souhaiter que la lettre qui vous regarde en particulier se trouvât resserrée dans des bornes aussi étroites que sont celles de la déclaration générale. On i*a pourtant excusée en quelque sorte, cette leUre, dans la pensée que l'auteur avoit moins eu en vue l'opiniâtreté de soutenir sa thèse que l'innocent désir d'en exténuer les conséquences. On a aussi. Monsieur, été communément de cet avis, et même dans la persuasion du vôtre, qu'il ae faut point pousser cette affaire au prochain synode, et que, s'il en prend coimaissaBce de lui-même, on doit lâcher de faire valoir auprès de lui les déonrcbes qu'on a obtenues, et de le porter à s'en tenir aussi content que l'a paru être ceue compagnie, bien entendu pour ce qui regarde la personne, sans pré}aëice de llntéirèt de la chose au fond. Toute l'assemblée, Monsieur, accompagne le remerctment qu'elle vous fait ici par ma plume, du témoignage particulier qu'elle continue de rendre à votre grand zèle, aussi bien qve des prières ardentes qu'elle fait â Dieu pour votre précieuse conserva- Hon. Je ne saurois me faire un plus grand honneur que d'y joindre mes vœux pifticttHers, comme étant, Monsieur, votre, etc. Rou.
« Ce 21 janvier 4692. »
U) Jourdain Olivier, pasleur de l'Eglise réfornuic de Pau en Bcarn, se réfugia, romme beaucoup d'autres dr ses coreligionnaires, en Hollande, lorsque; les perséculions les forcèrent à quitter leur patrie. Il devint successivement ministre à Brcda »t k U Ha\e.