‹ Mémoires;Chapitre 15 sur 77 · VII. DU COMTE DE BUSSY-RABUTIN A L'ABBÉ DE COLIGNY · texte numérisé non relu

VII. DU COMTE DE BUSSY-RABUTIN A L'ABBÉ DE COLIGNY

A Chaseu , ce 29 mai 1686 '.

Je vous suis extrêmement obligé, Monsieur mon cousin , du détail que vous me mandez de vos affaires, et du party que vous avez pris de rester dans l'église, où le ciel et Monsieur votre père vous ont destiné. Je trouve que c'est le meilleur party pour vous, non-seulement parce que le service de Dieu, auquel votre profession vous attache , est préférable à celui de tous les princes de la terre , mais encore parce que vous entreriez un peu trop tard dans le service.

Les considérations qui pouvoient traverser le dessein que vous avez pris, étoient de voir par là éteindre votre maison ; mais cette raison me semble si foible , que je ne pense pas qu'elle vous ait donné beaucoup de peine à vainpre ; car combien voit-on de gens mariez qui n'ont point d'enfants, ou qui n'ont que des filles? et d'ailleurs en quelque lieu que soient nos parents, il ne leur importe guère que leurs noms soient finis ou qu'ils continuent , et il vous importe fort de vous sauver. Vous êtes dans ce chemin-là, mon cher cousin , bien plus assurément que si vous étiez marié. Je vous y souhaite toutes sortes de douceurs, et que vous me croyiez, etc."

' Lettres de Bussy-Rabulin^ déjà citées, V, i5i. '' Il est difficile de croire que Bussy ait pensé un seul mot de ce qu'il écrit ici à l'abbé de Coligny.

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