‹ MémoiresChapitre 9 sur 24 · PORTRAIT DU DUC DE BEAUFORT · texte numérisé non relu

PORTRAIT DU DUC DE BEAUFORT

M, de Beaufort n'en étoit pas jusqu'à l'idée des grandes affaires, il n'en avoit que l'intention. Il en avoit ouï parler aux Importants ; il en avoit un peu retenu du jargon. Celuilà, mêlé avec les expressions qu'il avoit tirées très-fidèlement de Madame de Vendôme, formoient une langue qui eût déparé le bon sens de Caton. Le sien étoit court et Jourd, et d'autant plus qu'il étoit obscurci par la présomption. Il se croyoit habile, et c'est ce qui le f aisoit paroitre artificieux, parce que l'on connoissoit d'abord qu'il n'avoit pas assez d'esprit pour être fin. Il étoit brave de sa personne, et plus qu'il n'appartenoit à un fanfaron. Il l'étoit en tout sans exception : en rien plus faussement qu'en galanterie : il parloit et il pensoit comme le peuple, dont il fut l'idole quelque temps. Vous en verrez les raisons.

PORTRAIT DU DUC d'eLBEUF,

M. d'Elbeuf n'avoit du cœur que parce qu'il est impossible qu'un prince de la maison de Lorraine n'en ait point. Il avoit tout l'esprit qu'un homme qui a beaucoup plus d'art que de bon sens peut avoir. C'étoit le galimatias du monde le plus îleuri. II a été le premier prince que la pauvreté ait avili ; et peut-être jamais homme n'a eu moins que lui l'art de se faire plaindre dans sa misère. La commodité ne le releva pas ; et s'il fût parvenu jusqu'à la richesse^ l'on l'eût envié comme un partisan, tant la gueuserie lui paroissoit prop:^'© et faite pour lui.

LE CAUDUStAL DE RÉTZ

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