SEPTIÈME MESURE
Les balayeurs des rues ayant déserté dans la crainte qu'on ne les fît servir de corbeaux ^ et Marseille se trouvant encombrée de fumier, d'ordures, de matelas, paillasses, couvertures, etc., jetés par les fenêtres, on fît publier, pour ces balayeurs , l'ordre de rentrer de suite , sous peine
\*) Le docleur Timoni, a vu des chevaux, des chats, des chiens, périr par suite de bubons pestilentiels. ( Voyage en Grèce et à Constaniinople. )
de la vie, et pour les habitans , celui de ne plus rien jeter, mais |de tout porter sur les places publiques, pour y être brûlé sur-le-champ (*). Il fallait éprouver un tel état de crise , pour se permettre d'imposer des peines aussi fortes contre une fuite si naturelle , et pour les appliquer également aux porte-faix et crocheteurs, qui ne quitteraient pas incontinent les maisons de campagne (où ils s'étaient réfugiés comme domestiques), à l'effet de rentrer en ville dans la journée. On n'attaqua point , on ne songea même pas à blâmer des arrêtés aussi sévères, parce que la nécessité excuse tous les actes arbitraires , qui n'ont d'autre objet que le salut public.